NOUS DEVONS FAIRE DE NOTRE CŒUR
Considérations
Le cœur, voilà bien la plus Iselle en même temps que la plus redoutable partie de nous-mêmes. Par le cœur nous pouvons, hélas! descendre bien bas, comme aussi nous pouvons monter jusqu'au plus sublime degré de la perfection, jusqu'au parfait amour de Pieu, jusqu'au milieu des Anges, des Ar-
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changes, des Chérubins et des Séraphins.
Aussi, deux puissances ennemies se disputent continuellement notre cœur. C'est d'abord le démon. Oh!
quelles ruses il emploie, quels pièges il nous tend, quels charmes il nous propose pour s'en emparer!... C'est ensuite Notre-Seigneur.
Que n'a-t-il pas fait, que ne fait-il pas encore, tous les jours, pour ravoir? Rappelez-vous la grande distance qu'il a parcourue en venant des splendeurs du ciel jusqu'à nous... Rappelez-vous Bethléem, Nazareth, le Calvaire. De quels bienlaits ces noms n'évoquent-ils pas le souvenir? Voyez-le se dévouant pournous jusqu'à la mort ei à la mort de la croix... Entendez-le nous disant : Je ne vous appeUerai
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plus serviteur s parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître.
Mais je vous ai appelés mes amis, parce que tout ce que fai appris de mon Père je vous Vai fait connaître (i)r.- Demeure:^ donc dans mon amour [2).
G Jésus, je comprends que, daignant apparaître aune humble religieuse de Paray-ie-Monial, et lui montrant votre Cœur, vous lui ayez dit : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné pour leur témoigner son amour. »
Je comprends que saint Jean, votre disciple bien-aimé, ait résumé votre vie tout entière dans ces mots touchants : Comme il avait aimé les siens qui étaient dans le
(i^ S. Jean, xv, 15.
(2) Id,, XV, 9.
sitr la Sainte Vierge loi
monde^ il les aima jusqu'à la fin (i).
Eh bien ! à laquelle de. ces deux puissances voulez-vous consacrer votre cœur? La Sainte Vierge n'a pas hésité un seul instant. Depuis le premier instant de sa vie jusqu'au dernier, son cœur a toujours été tout à Dieu. « Marie et son Fils, dit saint François de Sales, ce n'était plus union, mais unité de cœur, d'âme et de vie... Elle avait reçu la charité avec une plénitude telle, qu'on pourrait dire en quelque façon qu'elle était la charité même (2). » Aussi tous les battements de son cœur étaient-ils comme autant d'actes d'amour de Dieu.
(i^ S. Jean, xiii, i.
(2) Voir Manrèse salésien, p, 476-477.
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Quel bel exemple! Imitez-le.
« Hélas! dit encore le saint Evêque de Genève en parlant de l'amour, nous n'en avons pas à beaucoup près suivant nos besoins, je veux dire il s'en faut infiniment que nous en ayons assez pour aimer Dieu, et cependant, misérables que nous sommes, nous le prodiguons et épanchons en choses sottes, vaines et frivoles, comme si nous en avions de reste. Ah! ce grand Dieu, qui s'était réservé le seul amour de nos âmes en reconnaissance de leur création, conservation, rédemption, exigera un compte bien .
rigoureux des folles déduites que nous en faisons (i). »
O mon Dieu, je veux désormais^
(i) Voir Saint Frauçois de Sales modèle et guide du Prêtre et du Pasteur^ p. 149.
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à l'exemple de Marie, vous aimer de tout mon cœur.
Examen
Mon cœur appartient-il entièremenfet uniquement à Dieu "î* — Ses aspirations, comme celles du Cœur de Marie, montent-elles vers le ciel, vers ce qui est pur et saintr* — N'y a-t-il aucune attache mauvaise, aucune liaison dangereuse qui l'incline vers la terre? — Ai-je soin de tenir ses portes bien fermées à l'ennemi de tout bien, et de l'entourer, comme le dit saint François de Sales, de la couronne d'épines de Notre-Seigneur? — S'il est vrai que j'aime véritablement Dieu, ai-je à cœur d'éviter tout ce qui pourrait l'offenser, et de me soumettre
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non seulement à ses commandements, mais encore à ses conseils et à ses inspirations?
Résolution
O Marie, je prends la résolution de renouveler aujourd'hui les promesses de mon baptême, par lesquelles je me suis engagée à renoncer à Satan, à ses pompes et à ses œuvres et à m'attacher à Jésus- Christ pourtoujours.
Bouquet spirituel
Si quelqti'un n'aime pas Jésus- Christ^ qu'il soit anathèmc (i)!
(i) I Corinthiens, xvi, 22.
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toi^ième JHébitation
LA SAINTE VIERGE NOUS APPREND QUEL USAGE NOUS DEVONS FAIRE DE NOTRE CORPS
Considérations
Le corps humain, oh! quel prodige de faiblesse et de misère ! Mais aussi quelle merveille ! quel chefd'œuvre ! Il est droit et regarde le ciel, comme pour indiquer que tous ses mouvements, tous ses actes, toutes ses aspirations doivent avoir pour but, non la terre, mais le ciel, et que, s'il est fidèle à sa
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mission, comme il fait partie essentielle de hous-même, il aura part un jour, aussi bien que l'âme, à la belle récompense qui nous attend par delà le tombeau.
Par rapport à notre corps, nous avons plusieurs devoirs à remplir.
Nous devons, tout d'abord, nous garder de le faire servir d'instrument au péché. Ce serait comme une profanation, un sacrilège. Par le baptême, parla confirmation, par l'eucharistie, il a été sanctifié, consacré plus parfaitement que les vases d'or et d'argent destinés à renfermer les saintes Espèces et auxquels des mains profanes n'ont pas le droit de toucher. Ne save^^-vous pas, dit l'apôtre saint Paul, que vos membres sont le temple de l' Esprit- Saint qui est en vous, que vous ave:^
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reçu de Dieu, et qu'ainsi vous n'êtes plus à vous-mêmes? Car vous ave^ été achetés à un haut prix. Qlorifîe^ et port e^ Dieu dans votre corps (1).
Nous devons ensuite éviter de le parer comme une idole. Oh! si vous pouviez apercevoir ce que sera votre corps quelques jours seulement après que vous aurez rendu le dernier, soupir I C'est la vue des ravages produits par la mort sur une royale beauté, qui donna à FEglise saint François de Borgia. « Représentez-vous, dit saint François de Sales, l'empressement que l'on aura à enlever ce misérable corps pour le jeter dans la terre, et considérez qu'après cette lugubre cérémonie, on ne pensera plus guère à
i) I Corinth., xv, 20.
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vous (i). » Pourquoi donc tant flatter ce qui ne sera bientôt qu' « un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue (2) :&? Pourquoi entourer le corps de tant d'ornements, de tant de vanités, de tant de bagatelles? Pourquoi lui sacrifier notre âme, notre éternité?
Nous devons le mortifier. Blessé par la faute originelle, sans cesse il tend à se révolter contre Dieu. Si nous ne savons rien lui refuser, si si nous le traitons trop délicatement, il deviendra notre maître, notre tyran, et il nous fera tomber dans le mal. Je châtie mon corps^ disait l'apôtre saint Paul, et je le réduis en servitude^ de peur qiC après
(i) Vie dévote, V'^ partie, chap. xiii.
(2) Bossuet.
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avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé (1).
Enfin, nous devons en faire l'instrument de la vertu. N'est-ce pas pour contribuer, à sa manière, à la gloire de Dieu et à la sanctification de notre âme qu'il nous a été donné?
Ces devoirs, la Sainte Vierge les a admirablement compris et pratiqués. Quel respect elle avait pour son corps, pour ce corps dont la voix mélodieuse, les pieux mouvements, les saints tressaillements chantèrent les louanges du Seigneur mieux que la harpe des séraphins.' Quel zèle pour le mortifier! Quel empressement à l'orner de modestie et de simplicité et à le faire
(i) I Corinth., ix, 27.
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servir toujours d'instrument à la vertu!
O Marie, puissé-je vous imiter.
Je vous en supplie, faites que mon corps soit comme un merveilleux clavecin dont chaque note chante la gloire de Dieu.
Examen
Aimé-je à considérer la Sainte Vierge comme mon modèle dans l'usage que je dois faire de mes sens? — Ne m'est-il jamais arrivé de les consacrer à offenser Dieu au lieu de le glorifier? — A l'exemple de Marie, aimé-je la simplicité? — Suis-je persuadée qu'elle est et sera toujours la plus belle parure de l'âme et du corps? — Ai-je le courage de m'imposer quelques morti-
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fications? — Pensé-je quelquefois à la résurrection? — Mon corps est-il comme un ciboire vivant, sanctifié par la présence du Saint-Esprit et destiné à recevoir souvent la sainte Eucharistie^ — Est-ce que j'en fais toujours un instrument de vertu?
Résolution
O Marie, je prends la résolution de me rappeler plusieurs fois pendant cette journée que je suis le temple du Saint-Esprit, et d'adorer cet Hôte divin de mon âme et de mon corps.
Bouquet spirituel «Or, en tout et partout, il ne faut
112 Méditations sur la Sainte Vierge
nullement entreprendre des austérités corporelles qu'avec l'avis de notre guide (i). »
(i) Vie dévote^ III« partie, chap. xxiv.
(itimtor^ièmc iHelrttation
NOUS APPREND COMMENT NOUS DEVONS