DE NOTRE IMAGINATION
Il est au-dedans de nous une troisième faculté, fragile, inconstante, capricieuse, dont nous devons nous défier, qu'il est nécessaire de dominer, comme la femme dont parle saint Jean dominait l'astre de la nuit : c'est l'imagination.
L'imagination, qui peut nous rendre de si grands services pour la
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pratique de la vertu, est capable aussi de nous exposer aux plus redoutables dangers. On l'a appelée, non sans raison, la « folle du logis»; et, à cause de cela, qui que nous soyons, et quel que soit notre âge, il faut que nous nous tenions en garde contre ses égarements.
Chose étrange, en effet, notre esprit, naturellement léger, notre mémoire, qui garde tant de souvenirs, notre cœur surtout, si porté au mal, nos sens extérieurs, si facilement séduits par tout ce qui les frappe, se mettent au service de l'imagination avec une complaisance extraordinaire. A l'aide de tous les éléments qu'ils lui préparent, elle fait des tableaux avec plus de facilité que le peintre le plus habile. Et de même que, dans
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les ateliers et musées de peinture, il y a souvent des tories inconvenantes, de même, dans notre imagination, il peut y avoir des représentations sur lesquelles nous ne voudrions pas voir tomber . les regards de notre père, de notre mère, de notre Ange Gardien.
Oh! plaise à Dieu que notre imagination ne ressemble pas à cet esprit immonde dont parle Notre- Seigneur dans le saint Evangile, qui, chassé d'une âme, s'en va errer dans des régions arides, ni à ces oiseaux de proie qui se plaisent au milieu des cadavres en putréfaction.
Qu'elle soit plutôt comme la blanche colombe qui se détourne d'un volrapide des lieux infects etne s'arrête que là où il lui est impossible
de contracter la moindre souillure.
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Telle devait être l'imagination de Marie. Jamais l'ombre du mal n'en ternit la pureté. Qu'elles étaient belles les images qui se présentaient à elle ! C'était l'image du Temple où elle avait passé son enfance et sa jeunesse; c'était l'image de Bethléem, de Nazareth, du Calvaire; c'était l'image du ciel, de ce ciel qu'elle aimait, qu'elle désirait, après lequel elle soupirait. Oh! comme les anges devaient se réjouir à la vue de si ravissants tableaux!
Imitons Marie. Et si, à cause de notre naturelle propension au mal, nous ne pouvons pas toujours empêcher notre imagination de s'égarer et de nous représenter des choses dangereuses, du moins sachons opposera ses écarts et à ses tentations, avec la prière, une
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diversion prompte, humble et paisible. Dans ces conditions, l'âme restera pure; et si, après ces épreuves, ces tentations, ces soufflets deSatan^ nous disions à Notre- Seigneur, avec sainte Catherine de Sienne : « O mon Dieu, où étiezvous donc? 2> il nous répondrait comme à elle : « Mon enfant, j'étais dans ton cœur. »
Examen
Comment me suis-je comportée jusqu'à ce jour par rapport à mon imagination? — Ne lui ai-je pas permis trop souvent de s'égarer dans des régions dangereuses? — Ne m'est-il jamais arrivé de contrister mon bon Ange et d'offenser Dieu?
— Ai-je la volonté de porter sou-
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vent mes regards sur Marie afin de Timiter? — Suis-je bien résolue à exercer sur mes facultés et mes sens une vigilance sévère, afin qu'aucune représentation mauvaise ne vienne souiller mon imagination?
— Opposé-je à la tentation une prière humble et fervente, le recours filial à la Sainte Vierge, une diversion prompte et généreuse?
— Suis-je bien sincère en confes-
sion?
Résolution
O Marie, je prends la résolution de vous adresser une prière fervente chaque fois que le démon viendra me tenter.
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Bouquet spirituel
« Tenez-vous toujours proche de Jésus-Christ crucifié (i). »
(i) s. François de Sales. Voir Etudiant chrétien^ p. 234.
5) onzième illéMtation