‹ La Sainte Vierge [microform]Chapitre 39 sur 52 · AUX BIENS DE CE MONDE · texte numérisé non relu

AUX BIENS DE CE MONDE

Considérations

Par biens de ce monde, nous entendons non seulement l'or et l'argent, mais tout ce qui e^t à notre usage et que nous disons nous appartenir.

Ici encore, ce n'est pas sans raison que ces biens sont comparés à la lune, car, quoi de plus fragile, de plus variable, déplus incertain?

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Combien d'hommes, par suite d'un de ces revers de fortune si fréquents de nos jours, ont été dépossédés subitement de tout ce qu'ils avaient!

Combien ont vu l'aisance dont ils jouissaient les abandonner peu à peu, pour ne leur laisser en partage que la pauvreté! Et alors même que^ pendant votre vie, vous ne seriez pas victime d'un tel malheur, ne viendra-t-il pas un moment où, coûte que coûte, il faudra tout quitter? Rappelez-vous l'exemple de ce conquérant fameux qui, le soir d'une grande' victoire, faisait porter, au bout d'une lance, un linceul par un soldat ayant ordre de crier : « Voilà tout ce qu'emportera dans là tombe le grand Saladin, vainqueur de rOrient. » — « Les biens de la terre, dit saint François

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de Sales, les maisons, For, l'argent, les richesses, même les dignités et honneurs que notre ambition nous fait rechercher et poursuivre si éperdument, ne sont-ce pas des trafics bien vains, puisque tout cela est périssable (i)? »

Si donc vous voulez que cet abandon complet qu'il vous faudra faire un jour de tous les biens d'ici-bas ne vous soit pas trop pénible^ à l'exemple de la Sainte Vierge détachez-vous-en dès maintenant par la pensée. Oii, est votre trésor, a dit Notre-Seigneur, îâ aussi est votre cœur (2). Le trésor de Marie, c'était Jésus à qui seul appartenait tout son cœiir. Peu lui importait que la barque dans la-

(i) Voir Manrése, p. 385.

(2) S. Matthieu, vi» 21.

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quelle elle devait faire la traversée de ce monde à l'autre fût plus ou moins belle, plus ou moins riche, plus ou moins ornée. Ohl avec quelle perfection elle mettait en pratique ce conseil de son divin Fils : Ne vojis amasse^ point de trésors sur la terre, où la rouille et les vers rongent, et où les voleurs fouillent et dérobent, mais amassezvous des trésors dans le ciel^ oh ni la rouille ni les vers ne rongent, et oii les voleurs ne fouillent ni ne dérobent (i).

Aussi, quand vint pour elle l'heure de la mort, pauvre des biens de la terre, elle quitta sans regret ce lieu d'exil, cette vallée de larmes, pour aller au ciel.

(i) S. Matthieu, VI, 19-20.

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O Marie, puissé-je vous imiter!

Puissé-je, comme vous, ne m'attacher qu'aux biens véritables, afin qu'au moment de sortir de ce monde, mon âme soit chargée de mérites comme la gerbe est chargée d'épis au jour de la moisson.

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Quelles sont les choses que je possède? — Y en a-t-il auxquelles je suis attachée d'une manière désordonnée? — N'ai-je pas un secret désir de devenir riche? — Est-ce que je me représente quelquefois le dépouillement absolu de toutes choses dans lequel me mettra la mort? — Aimé-je à m'inspirer de l'exemple de la Sainte Vierge pour

pratiquer dès maintenant, par la

\2b Méditations sur la Sainte Vierge

pensée, ce dépouillement? — Suisje heureuse de faire l'aumône? — Quels sont mes sentiments à l'égard des pauvres?

Résolution

O Marie, je prends la résolution de m'imposer aujourd'hui un sacrifice pour venir en aide aux pauvres.

Bouquet spirituel

« Qu'est-il besoin de tant d'affaires pour une vie si passagère?

Et à quoi bon faire des corniches dorées pour une image de papier (i)?»

(i) S. François de Sales. Voir Modèle et guide du prêtre, p. 317.

0ei^ième iHêbitation

NOUS APPREND COMMENT NOUS DEVONS

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