SCÈNE ONZIÈME
rai la vérité. (n sa lève et va à Mathilde.) Il est une chose que Lucie connaissait Lieu et que vous ne connaîtrez pas, vous, si vousn’êtes pas Lucie, (a sa femme et * Maurice.) Éloignez-vous : je ne veux pas être trompé, (a Mathilde qui se voit avec inquiétude séparée de madame Spickaert et de Maurice.) Ma fille avait une devise, trois mots italiens, doux et tendres, qu’elle avait lus dans le Tasse, et qu’elle prenait pour règle de sa vie affectueuse. Ces trois mois, les savez-vous? (Mathilde resta interdite.) VOUS VOyCZ bienl Lucie n’eût pas hésité.
MATHILDE
Mais je n’hésite pas, mon père. Seulement tu me regardes d’un air qui me trouble, (a part.) Où donc ai-je vu de l’italien '?... Ah ! cette bague !...
SPICKAERT.
Eli bien?... %
MATHILDE, d'une voix émue.
Eh bien, père, cette devise sera toujours la nôtre, n’cst-ce pas ? Esser riamato amando : Aimer et être aimé.
SPICKAERT, la prenant dane iei brae et l’embraaaant fiévroueement sur le
front.
Lucie ! Mon enfant ! Ah ! que je suis heureux 1 Ce n’était qu’uu moment de délire ; mais que j’ai eu peur ! (a madame spickaert et à Maurice.) Je vous jure que j’ai cru un instant que ma fille était morte. — Laissons cela, (a Mathilde.) Vois-tu, petite, il ne faut plus nous quitter. Ton absence m’a fait trop de mal... Ma pauvre vieille tête en était tout affaiblie... Tu ne t’en iras plus,
n’est-ce pas?
MATHILDE
Non, père.
SPICKAERT
Jamais?
MATHILDE
Jamais.
SPICKAERT
Tu nous aimes bien ?
MATHILDE
Vous êtes si bons !
LA SAINTE-LUCIE
SPICKAERT.
El lu seras heureuse, bien heureuse avec Maurice?
MATHILDE
Oui, père, je serai heureuse, bien heureuse.
SPICKAERT.
Pourquoi ne dis-tu pas : avec Maurice? S’il y a entre vous, comme je le crains, une pelile brouille d'amoureux, j’enlenris qu’on fasse la paix loul de suite. (Musique jusqu’à in lin ) Mets ta main dans la sienne, (il s’assied sur le fauteuil à gauche, heureux et contemplant les deux jeunes gens ’.) O jeunesse ! élcmelte jeunesse !
quand nous ne. te goûtons plus par nous-mêmes, nous te retrouvons encore dans nos enfants.
MADAME SPICKAERT, bas à Maurice.
Mon ami, si Dieu le veut, et si la fiction doit devenir une réalité, souvenez-vous qu’elle aursi l’a voulu. .
* Spickacrt, Mathilde, Maurice, madame Spickacrt.
N.i d r invent: - - Q o
l licl.y, unp. l’xit Dcpum et C ic rue du Buc-d’ Asnières, ii. CIO. 10 t.