‹ La Sainteté de PascalChapitre 1 sur 56 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

El ces trois qualités, il ne les posséda pas séparément, il les unit entre elles ; et il s'appliqua à comprendre la légitimité, la nécessité logique de leur union. Pascal est un penseur français du XVIIe siècle : pour courber sa raison il lui faut des raisons.

La vie réelle, la religion, la science nous apparaissent comme régies par des principes étrangers entre eux, ou même incompatibles : c'est que notre nature répugne à admettre la hiérarchie qui doit exister entre elles. Des trois puissances qui se manifestent dans ce monde : la force, ou puissance des corps ; la pensée, ou puissance des esprits ; la charité, ou puissance du cœur, nous sommes portés par notre nature à donner V empire à la première, et à la troisième le dernier rang. Et il arrive qu'ainsi hiérarchisées, ces trois puissances ne réussissent, ni à s'accorder, ni à se développer chacune selon sa fin propre. Supposez, au contraire, que par une conversion profonde de l'âme, l'ordre de la charité soit posé comme supérieur, celui des esprits comme venant ensuite, et celui des sens comme soumis aux deux autres: dans ces conditions

Page 1