RETOUR
— Il n'y a pas de mois^ major! Est-ce que vous croyez, dit le bonhomme exaspéré, est-ce que vous croyez que vous êtes ici pour souffrir comme des damnés, et moi pour me jjratler les oreilles et dormir comme un moine? Est-ce que vous croyez que des gens comme vous , animaux que vous êtes, ne méritent pas tous les soins possibles! Estce que ma vie ne vous est pas consacrée , misérables !...
— Si, major ! — si, major ! dirent les autres avec une peur effroyable, car le bon Garnier exhalait sa philanthropie avec une fureur inouïe; si, major! nous savons que vous êtes notre bon vieux major, et que vous nous soignez crânement .
— Belle malice ! je me soutfletlerais si je ne le faisais pas. Allons! mes enfants, c'est dit! courage, ce ne sera rien: tranquillisez-vous, et n'oubliez pas les fers si vous souffrez sans le dire !
— Oui, major.
Puis le bon Grirnier, tout grondant, rejoignit le lieutenant, qui tenait une lettre ouverte.
— Eh bien! lui dit Pierre, notre commandant, le marquis de Longetour arrive.
— Et quand ?
— Mais on m'annonce de Toulon son inspection pour demain.
— iVlonsieur Longetour...
— Oui, le marquis de Longetour, capitaine de frégate... Je n'ai pas idée de ce nom-là.
— Ni moi non plus ; et ça m'est égal. Je
tourne a mes blessés; j'ai oublié ilc leur dire quel-
(jue chose.
Et, pendant le jour qui suivit, l'arrivée du nouveau commandant fut le sujet de tous les entretiens à bord de la Salamandre.
FIN DU TROISlt.MF. LIVRF:.
IJVRE IV