LA SAL\MA.M)UK
Il fallait voir ces bonnes figures brunies, tannées, cicatrisées, basanées , des tètes de fer, des épaules d'Hercule et des cœurs d'enfants, intrépides et insouciants, téméraires et bons.
Mais ces diables de marins , quoiqu'ils sussent que Bonaparte n'aimait pas la marine, ils l'avaient vu dans cette désastreuse campagne de Russie , qu'ils avaient aussi faite! Ils l'avaient vu partajjer son pain, ses vêtements avec ses soldats, et ils l'avaient aimé ; parce qu'ils trouvaient en lui ce qui était en eux, courage et bonté.
Or, en 1816, dès qu'ils surent et les affaires de Ilochefort et la noble et belle proposition du brave commandant Collet, et le passage de l'empereur à bord du Bellérophon , ils pleurèrent de rage et devinrent sombres et farouches.
Puis, apprenant les sanglantes réactions du Midi, ils murmurèrent. Quelques rixes eurent lieu avec les habitants de Toulon; enfin, pour éviter de nouvelles querelles , on envoya la corvette attendre le moment du départ dans le port de Saint- Tropez.
I^auvre chère corvette, elle quitta la rade non plus comme autrefois, ses canons sortis, ses manœuvres tendues, fougueuse, impatiente, dressant au plus haut màt son glorieux pavillon, comme un gage de délî.
JN'on , mordieu! elle sortit triste et comme honteuse, presque sans artillerie, année en flùto.
Ils me l'avaient châtrée, les misérables î II ne lui