VAUDEVILLE
BONNEFOr.
Air nouveau de Biuiicourtf ou vaudeville de partie et revanche.
Sitôt qu'une place est vacante ,
On s'aj^itc pour l'obtenir.
A qui jnieux mieux , on se supplante ;
On no fait qu'aller et venir.
•l'en vois , de janvier en décembre ,
Solliciter pour être ciiis.
Mais , de plus d'un grand l'anti-chambre
Est la salle des Pas-Perdus.
MAD. BONMARD.
Je soutiens , sans être bégueule , Qu'une jeune femme à présent, A Paris , ne peut sortir seule ; Moi, l'on me suit a chaque instant...
M. BONNARD
Mais , ta sagesse me rassure , Dans tes yeux brillent tes \ertus ; Chacun , en voyant ta figure , Se dit : encor des pas perdus.
JULIEN
Près de Thémis , sa protectrice , Le malheur qui cherche un recours S'égare au Palais Justice , S'il n'en connaît tous les détours.
Mais au Louvre, sans plaidoieries , Tous ses vœux seront entendus ; Dans le Palais des Tuileries, Point de salle des Pas-Perdus.
JACQUES
L' jeu des effets publics me tente , Je voudrais m'y fair' tant seul'ment ; Dix ou dûuz' mille francs de rente , En cinq , ou même en trois pour cent.
PIERRE
Vers ce tripot, va, prends ta course, Mè, j' n'y port'rons point mes écus ; Car, pour bien des joueurs, la bourse Est la salle des Pas-Perdus.
ROSAMBERT.
De l'Opéra nymphe légère ,
Zoé , nous montre un pied vainqueur.
Elle n'est que surnuméraire ,
Mais ses jambes vont droit au cœur.
Enfin , ses poses gracieuses
Du balcon charment les crésus ;
A l'Opéra , pour nos danseuses ,
Il n'est jamais de Pas-Perdus.
HENRIETTE , «W PubUc.
Vous av«z fait bien des absences , Et la gaîté , fuyant nos jeux , A pris de trop longues vacances , Mais elle est rentrée en ces lieux.
Ah ! suivez-la , dans cet asyle, Tous nos procès sont résolus; Et la salle du Vaudeville N'est plus celle des Pas-Perdus.