‹ La salle des pas perdusChapitre 8 sur 18 · CHAUVIN · texte numérisé non relu

CHAUVIN

PIKRRE.

Quant j'te dis quHu voiras...

JACQUES

Et moi , quant j'te disqu'nous voirons... Qti'euquUa à répondre....

ROSVMBERT , à part se frottant les mains Ça va bien... ça va bien...

BONNEFOI , aux deiixfrères.

Comment I messieurs, vous refusez ma médiation?

PIERRE ET JACQUES , nvcc liiimeur.

Je n'dis ni oui , ni non...

JACQUES

Air : Je suis la petite Marie, (De Chnrles Plantade. )

C'est la coutum* de Mormandie, On ]ilaid' pour un oui , pour un non j Pour un' femme laide ou jolie, Pour un' poule , pour un ânon.

Dans not' pays , quand un jeun' drille Veut de trop près, r'garder un' fille, l^a p'til' lui dit : quoiqu' vous cherchais? Gare a vous , si vous approchais. . .

Marchais , [bis.) Ou j' vous fais un procès. . .

PIERRE

J' voulons plaider contre mou frère ;

Si ça m'anius' quoiqu' ca vous fait?

On plaid' cheux nous, contr' père elinère,

Quand ou y voit son intérêt;

Pour moi , je ruin'rais ma nourrice,

Par autorité de justice , Chacun pour soi , les autres après j Mous sommes Normands et Français , Marchais, {bis.) Mous voulons des procès.

BONNEFOI

Deux frères, plaider l'un contre l'autre... c'est un

scandale... Ja justice ne verra pas cela d'un bon œil

( avec attendrissement, )

Air ; Vaud. de VEcu de six francs.

Vite , Etëocle et Polynice , Allez plaider a vos dépens ; Oui, croyez-moi , de la justice Méfiez-vous , quoique Normands.

Si vous refusez par colère De partager la pomme en deux , Thémis pourra bien sous vos yeux, Manger la pomme tout entière. . .

( lise remet à son bureau, )

EOSAMBERT.

Allons donc , monsieur le doyen de la Bazoche ; pourquoi tourmenter ces braves gens. ( aux frères Chaupin») N'est-il pas vrai, mes amis...

PIERRE

Oui, monsieur Rosambert...

JA.CQUES.

Oui 5 mon doux monsieur Rosambert...

PIERRE , à part.

C'est ça un fier avoué, il fait semblant de prendre les intérêts d'mon frère et il m'avertit de tout. JACQUES , à pari.

Il est Tprocureux d'mon frère pour la frime , mais , c'est pour mé qu'il travaille.

PIERRE , à Jacques, Ah! tu veux du papier timbré... Eh ! ben t'en auras.

JACQUES

Marchais!... marchais î... je n's'rons pas en reste.

PIERRE

T'enmang'ras plus qu'il ne t'en r'viendra.

JACQUES

T'en mang'ras autant qu'mé , c'est ce qui me con-» sole....

PIERRE

Ça m'est égal.... j'en ai assez... '

JACQUES

J'en ai autant qu'té...

PIERRE

C'n'est point c'qne tu dis, pis (jirtu prétends que j't'aî trompé à la mort de défunl iiot' pauvre père...

JACQUES

Oui, j'iai dit, et je n'iirtii dédis point, lu m'as laissé le verser ousquc le vtnt i«l»al IouI\n Ios pomnjes , tandis qu'ça fait tourner l moulin qu'lVs gaidé pour lé.

PIERRE

Dis plutôt qu'la moitié 6u temps , jene pouvons moudre faute de ventet qu'ton verger iVapporte le double d'mon moulin.

ROSAMBERT, ha^ à Pierre.

Tenez ferme.... ( bas a Jacques. ) Ne cédez pas.

JACQUES

Abandonne-mé fa part dans 1 héritage d'nol* cousin Julien et j' le liens quitte...

PIERRE

Baille-mé la tienne , et je n'te d'mandons pus rien...

ROSAMBEIIT.

Eh ! mes enfans , à quoi bon vous agiter ainsi.... cela regarde vos avocats !

Air : Du courage. ( Du Maçon. J

A la justice laissez faire, Par élat, ell' s'y connaît mieux.

JACQUES ET riEERE.

Mais si y perdions. . .

ROSA^lBERT.

Dans cette affaire Vous ne perdrez pas tous les deux.

PIERRE

Mè , je n voulons point de partage.

JACQUES

Mè, j' comptons ben , que l'héritage A mè tout seul me reviendra.

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