CHAUVIN
PIKRRE.
Quant j'te dis quHu voiras...
JACQUES
Et moi , quant j'te disqu'nous voirons... Qti'euquUa à répondre....
ROSVMBERT , à part se frottant les mains Ça va bien... ça va bien...
BONNEFOI , aux deiixfrères.
Comment I messieurs, vous refusez ma médiation?
PIERRE ET JACQUES , nvcc liiimeur.
Je n'dis ni oui , ni non...
JACQUES
Air : Je suis la petite Marie, (De Chnrles Plantade. )
C'est la coutum* de Mormandie, On ]ilaid' pour un oui , pour un non j Pour un' femme laide ou jolie, Pour un' poule , pour un ânon.
Dans not' pays , quand un jeun' drille Veut de trop près, r'garder un' fille, l^a p'til' lui dit : quoiqu' vous cherchais? Gare a vous , si vous approchais. . .
Marchais , [bis.) Ou j' vous fais un procès. . .
PIERRE
J' voulons plaider contre mou frère ;
Si ça m'anius' quoiqu' ca vous fait?
On plaid' cheux nous, contr' père elinère,
Quand ou y voit son intérêt;
Pour moi , je ruin'rais ma nourrice,
Par autorité de justice , Chacun pour soi , les autres après j Mous sommes Normands et Français , Marchais, {bis.) Mous voulons des procès.
BONNEFOI
Deux frères, plaider l'un contre l'autre... c'est un
scandale... Ja justice ne verra pas cela d'un bon œil
( avec attendrissement, )
Air ; Vaud. de VEcu de six francs.
Vite , Etëocle et Polynice , Allez plaider a vos dépens ; Oui, croyez-moi , de la justice Méfiez-vous , quoique Normands.
Si vous refusez par colère De partager la pomme en deux , Thémis pourra bien sous vos yeux, Manger la pomme tout entière. . .
( lise remet à son bureau, )
EOSAMBERT.
Allons donc , monsieur le doyen de la Bazoche ; pourquoi tourmenter ces braves gens. ( aux frères Chaupin») N'est-il pas vrai, mes amis...
PIERRE
Oui, monsieur Rosambert...
JA.CQUES.
Oui 5 mon doux monsieur Rosambert...
PIERRE , à part.
C'est ça un fier avoué, il fait semblant de prendre les intérêts d'mon frère et il m'avertit de tout. JACQUES , à pari.
Il est Tprocureux d'mon frère pour la frime , mais , c'est pour mé qu'il travaille.
PIERRE , à Jacques, Ah! tu veux du papier timbré... Eh ! ben t'en auras.
JACQUES
Marchais!... marchais î... je n's'rons pas en reste.
PIERRE
T'enmang'ras plus qu'il ne t'en r'viendra.
JACQUES
T'en mang'ras autant qu'mé , c'est ce qui me con-» sole....
PIERRE
Ça m'est égal.... j'en ai assez... '
JACQUES
J'en ai autant qu'té...
PIERRE
C'n'est point c'qne tu dis, pis (jirtu prétends que j't'aî trompé à la mort de défunl iiot' pauvre père...
JACQUES
Oui, j'iai dit, et je n'iirtii dédis point, lu m'as laissé le verser ousquc le vtnt i«l»al IouI\n Ios pomnjes , tandis qu'ça fait tourner l moulin qu'lVs gaidé pour lé.
PIERRE
Dis plutôt qu'la moitié 6u temps , jene pouvons moudre faute de ventet qu'ton verger iVapporte le double d'mon moulin.
ROSAMBERT, ha^ à Pierre.
Tenez ferme.... ( bas a Jacques. ) Ne cédez pas.
JACQUES
Abandonne-mé fa part dans 1 héritage d'nol* cousin Julien et j' le liens quitte...
PIERRE
Baille-mé la tienne , et je n'te d'mandons pus rien...
ROSAMBEIIT.
Eh ! mes enfans , à quoi bon vous agiter ainsi.... cela regarde vos avocats !
Air : Du courage. ( Du Maçon. J
A la justice laissez faire, Par élat, ell' s'y connaît mieux.
JACQUES ET riEERE.
Mais si y perdions. . .
ROSA^lBERT.
Dans cette affaire Vous ne perdrez pas tous les deux.
PIERRE
Mè , je n voulons point de partage.
JACQUES
Mè, j' comptons ben , que l'héritage A mè tout seul me reviendra.