AVANT-PROPOS
Au mois d'avril 1869, sous les auspices de la Société archéologique de l'Orléanais y j'eus l'honneur de lire à la Sorbonne, en Tune des séances du Comité des travaux historiques et des Sociétés savantes, le travail ci-aprés, relatif à la salle des Thèses de notre ancienne Université.
Je n'avais alors, pour appuyer mes appréciations sur l'origine, la destination et la date d'érection de ce monument, d'autre titre authentique qu'un acte du .20 avril 1411 , par devant Alain Du Bey, garde de la prévôté d'Orléans, entre Jean de Bacons, bourgeois, et l'Université, représentée par Jean Thomas, son procureur général.
Ce document, que mon savant collègue et ami, M. Maupré, avait récemment retrouvé dans le dépôt de nos archives départementales, et qu'avec son désintéressement habituel, il avait bien voulu mettre à ma disposition, suffisait, tout unique qu'il fût, pour dissiper certaines obscurités, rectifier diverses inexactitudes, indiquer ce qui me semblait être la voie de la vérité. En un tel état de la question, je ne pouvais toutefois exprimer qu'avec réserve des opinions basées
sur de simples inductions, quelque vraisemblables qu'elles me parussent.
La question a marché depuis lors. La destruction dont était menacé notre précieux monument universitaire, les patriotiques et persistants efforts de la Société archéologique pour en obtenir la conservation, les recherches de plusieurs de mes honorables collègues ont appelé l'attention et fait jaillir la lumière sur des faits historiques depuis longtemps délaissés. De nouveaux documents se sont produits : plusieurs, et des plus précieux, sont dus encore aux intelligentes investigations de notre bienveillant et infatigable archiviste, auquel appartient une part considérable dans la mise en lumière des souvenirs de notre Université.
Ces titres nouvellement recueillis me permettent aujourd'hui d'affirmer, d'une manière plus précise, ce qu'en 1869 j'avais dû seulement indiquer.
La Société archéologique ayant bien voulu donner place à mon travail dans le Xll® volume de ses Mémoires, j'ai demandé qu'il me fût permis d'accomplir envers notre illustre Université un devoir de reconnaissance et de justice, en essayant de lui restituer, mieux que je ne l'avais pu faire d'abord, l'honneur d'avoir fondé, par ses soins et ses sacrifices, l'élégant monument qui personnifie parmi nous son souvenir.
Cette autorisation m'a été accordée avec une grande bienveillance. J'ai pu, en conséquence, joindre à mon premier travail plusieurs documents nouvellement découverts, modifier, d'après les inductions qui en découlent, quelquesunes de mes premières appréciations et remanier particulièrement les chapitres relatifs à la fondation, à la destination originaire et à la date approximative du monument.
Je suis heureux d'exprimer ici à la Société archéologique ma profonde et sincère gratitude.