‹ La Salmonellose Chez Les ÉquidésChapitre 14 sur 18 · ADD · texte numérisé non relu

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est très élevée. L’examen bactériologique des muscles et des ganglions lymphatiques révèle, dans tous les cas, la présence de Salmonella typhimurium. L'examen bactériologique des excréments est généralement négatif, mais la séro-agglutination, par contre, est toujours positive.

Toujours en 1941, SriTrz et GROCKEL [18], à Berlin, recherchant par agglutination l’infection équine à S. abortus equi, notent 766 réactions positives chez des étalons, des chevaux hongres, des juments et des mulets. Par ailleurs, l’examen bactériologique de prélèvements d’organes et d’exsudats provenant de sujets malades (troubles généraux fébriles, amaigrissement, parésies et paralysies, parfois orchites et arthrites) aboutit à l’isolement du germe chez dix-neuf d’entre eux.

En Prusse Orientale, KRAGE et FRIEDRICH [19] étudient, en 1942, une enzootie au cours de laquelle sur 91 poulains de six à dix-huit mois, 82 ont péri après avoir présenté des manifestations générales fébriles, suivies par une diarrhée profuse et parfois accompagnée de troubles cardio-respiratoires et d’incoordination motrice. Salmonella abortus equi est isolée à partir de tous les prélèvements effectués.

WiLLeMs et STIERNET |20| relatent les très nombreuses observations faites en Belgique, de 1940 à 1945, portant sur une forme particulière de « paratyphus » due à S. abortus equi caractérisée par une infection générale sévère à allure fébrle et s’extériorisant souvent sous forme d’arthrites ou d’abcès à localisations variabales et multiples.

La maladie, presque toujours de longue durée, oscille entre plusieurs semaines et plusieurs mois et entraîne un

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amaigrissement marqué. Elle peut évoluer spontanément vers la guérison, mais on enregistre quelques cas mortels, surtout chez les adultes.

En 1945, BrANDHI [21] souligne l’existence de S. abortus equi à l’origine d’une septicémie; le bacille est isolé de différents organes et des ganglions Iymphatiques.

En 1946, BRUNER [22] découvre ce même germe dans la viande d’un cheval abattu d’urgence.

Corpy et Davis [23] rapportent à Salmonella morbificans quelques cas d'infection grave chez le cheval carac-, térisée par de la fièvre, de la faiblesse et de l’incoordination des mouvements du train postérieur.

En Hollande, JANSEN [24] et Beryers [25] décrivent chez l’étalon des orchites sous la dépendance de S. abortus equi. La séro-agglutination se révèle en certains cas positive à des taux extraordinaires de 1/8000 à 1/240000. La Salmonella a été trouvée dans le sperme.

En Afrique du Sud, HENNING et Mac Inrosx [26| signalent une épidémie de tendo-vaginites et de bursites chez les équidés d’un dépôt de remonte où, l’année précédente, avait éclaté une enzootie sévère d’avortements infectieux. S. abortus equi fut retrouvée à maintes reprises dans la synovie des séreuses lésées.

M. Rozce | 47] insiste sur la présence de S. abortus equi chez des juments non gravides, des étalons et des poulains. En Egypte, ce germe est retrouvé par ZAKI et ses collaborateurs [48] dans le pus d’un mulet atteint de mal de

garrot.

Le sérum de ce mulet agglutine la Salmonella spéceifique à 1/1280 et Brucella abortus à 1/20 seulement.

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En 1947, Borper [27] signale, en Indre-et-Loire, le cas d’un poulain de neuf mois atteint de bursite du garrot après avoir présenté des troubles généraux fébriles.

Les étalons sont souvent frappés dans les conditions naturelles et les méthodes sérologiques de l’agglutination témoignent de la fréquence de cette Salmonellose du mâle. C’est ainsi que de récentes statistiques dues à GassE [49] et réalisées en Bretagne, dans le département des Côtesdu-Nord, montrent que :

1° Sur 235 étalons appartenant au dépôt de l’Etat, 199, soit près de 85 %, représentent un taux d’agglutination qui oscille entre 1/330 et 1/1000 et qui semble bien le reflet d’une infection authentique;

2° Sur 147 étalons particuliers assurant la monte privée dans toute l’étendue du département, 109, soit près de 63 %, possèdent un taux d’agglutination qui varie également de 1/330 à 1/1000 et doit être interprété comme l’indice d’une atteinte spontanée de la maladie.

En 1948, PERRIN, VERGE et SAURAT [28] relatent plusieurs cas de septicémies dues à $S. abortus equi rencontrées dans la Nièvre, sur des poulains de six à dix-huit mois et sur des chevaux adultes, avec fièvre oscillante, amaigrissement et parfois des localisations intestinales et articulaires. Les séro-agglutinations sont parfois très marquées, 1/5000. Le germe microbien a pu être isolé deux fois par hémoculture.

Signalons que dans cette région de la Nièvre, on avait enregistré, quelques temps auparavant, une enzootie d’avortements à S. abortus equi intéressant de nombreux élevages,

B. Essar D'ÉTUDE CLINIQUE.

Définition

Maladie contagieuse virulente et inoculable due à diverses espèces de Salmonella et caractérisée cliniquement par des troubles de l’état général marqués et durables, avec localisations variables à prédominance gastrointestinale.

Epidémiologie

Cette affection, enzootique le plus souvent, peut se

révéler épizootique en certaines circonstances. Elle ne semble pas subir l’influence des saisons.

Bactériologie

Jusqu'ici, les diverses Salmonella isolées au cours de cette affection ont été :

— Salmonellatyphimurium (ARNBERGER, 1931 [29]), (BAUMANN et GRATZL, 1931 |[30]), (Enwarps, 1934

[31]), (Scamipr et MEyN, 1940 [32]), (Srewarr, 1940 [54]).

— Salmonella abortus equi (Srrrz et GrockEL, 1941 [18]), (KRAGE et FrienricH, 1942 [19]), (SCHURTZLER, BArTEL et Maruras, 1943 [33]),(WiLLEMs et STEERNET,

1945, [20]), (BruNER [22]), (JANSEN [24]), (HEn- Nic et Mac Inrosu, 1946 [26]), (Grarzr, 1947 [34]). (Bergers [251), (VERGE, PERRIN, SAURAT, 1948 [28]).

— Salmonella newport (SCHURTZLER, BARTEL, MarHrAs, 1943 [33]).

—— Salmonella morbificans (Corpy et Davis, 1934 [231).

— Salmonella enteriditis (Murray, 1934

[3 — Salmonella anatum (STEWART, 1940 [54]

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Symptomes

L’incubltion est, en moyenne, de huit à trente jours. On peut distinguer trois formes évolutives :

1° Une forme suraiguè ou septicémique. — Elle est caractérisée par des troubles généraux intenses et fébriles. Les chevaux meurent en deux ou trois jours sans présenter de localisation.

2° Une forme aiguë. — A la phase d’invasion, on note des prodromes assez vagues, plus ou moins intenses, avec inquiétude, abattement, inappétence, une température allant de 39°5 à 41°5, une accélération des grandes fonctions cardiaque et respiratoire. Les muqueuses sont congestionnées. On ne note pas de modifications oculaires ou à peine une légère conjonctivite. Quelquefois, à la phase d’état, on peut observer des localisations, notamment une forme gastro-intestinnale : la bouche est chaude et sèche, elle dégage une odeur fade, l’abdomen est sensible. À a constipation du début fait suite une diarrhée avec tenesme, épreintes et rejet de fausses membranes.

On peut encore observer :

Des troubles nerveux : de la parésie, des paraplégies, de l’incoordination motrice, des polynévrites.

Des troubles pulmonaires variés : angine, bronchite, pneumonie, broncho-pneumonie.

Des troubles articulaires : arthrites et synovites.

Des troubles oculaires : kératite, iritis.

Pasteur

. On observe une aggravation progressive en six à douze jours. Les sujets maigrissent, s’affaiblissent, restent en décubitus et sombrent dans le coma.

La mort est la terminaison la plus fréquente; on l’observe dans environ 80 % des cas.

3° Une forme chronique. — La température est élevée, elle oscille autour de 39°-40°. Les malades sont nonchalants, ils ont peu d’appétit, ils maigrissent. Ils ont un aspect souffreteux : leur poil est piqué, les muqueuses sont pâles ou saumonées, la démarche est mal aisée, le dos est voussé, le train postérieur est souvent faible.

Sur ces animaux, on peut constater des signes de diarrhée, de congestion pulmonaire.

Des localisations variables peuvent être observées, notamment des hydrartroses localisées le plus souvent au jarrét, des arthrites, des périarthrites, des abcès superficiels ou profonds, des tendo-vaginites, des bursites.

Plus rarement, on observe des orchites, des périostites suppurées.

L'évolution est lente. Les malades s’acheminent, soit vers la guérison spontanée avec des alternations de rémission et d’aggravation, soit vers la cachexie et la mort.

Lésions Elles ne sont pas spécifiques.

Dans la forme aiguë, on trouve :

— Des lésions de septicémie avec dégénérescence parenchymateuse du foie, du cœur, des muscles;

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— Des lésions du tube digestif. On note parfois de la gastrite hémorragique ou encore une nécrose superficielle de la muqueuse.

On peut voir une entérite pseudo-membraneuse sur la portion terminale de l’intestin grêle et sur le cœcum;

— Des lésions diverses comme des petits foyers inflammatoires à contenu caseux et jaunâtre, notamment dans les reins. La moelle osseuse est parfois rouge lie-de-vin. .

Dans la forme chronique l'appareil digestif est indemne ou seulement congestionné.

On peut rencontrer des abcès plus ou moins nombreux avec un pus liquide ressemblant parfois à de la synovie mêlée d’un peu de sang. Dans les bourses synoviales, on voit souvent un exsudat purulent, fibrino-purulent ou trouble et teinté de sang.

Diagnostic

Le diagnostic clinique est très difficile sinon HPIEECIEe à poser du fait que l’affection est rare et qu il n’y a pas de manifestations bien caractéristiques.

On devra le soupçonner lors de gastro-entérite avec troubles généraux marqués prenant un caractère enzootique. On y pensera encore lorsque des juments auront avorté dans l’exploitation.

Le diagnostic nécropsique, en l’absence de toute lésion pathognomonique, ne peut pas être posé.

Le diagnostic expérimental est ici d’un grand secours : pe 5

1° La bactériologie, par les examens directs effectués

Le per

par les divers prélèvements, par les cultures, par les inoculations au cobaye, permet très souvent de révéler la

présence des Salmonella.

Signalons que les hémocultures réalisées avec Le sang des malades donnent des résultats inconstants.

2° La sérologie met en œuvre deux moyens pour porter un diagnostic. Tout d’abord, la déviation du complément jusqu'ici encore très peu utilisée et la séro-agglutination lente considérée comme positive, à partir de 1/160, par VERGE, et à partir seulement de 1/300 par BERTHELON. Cette deuxième méthode est très utile. Le taux des agglutinines spécifiques, lorsque le début de l'affection remonte à une quinzaine de jours au moins, est généralement fort élevé. Il n’est pas rare de voir un agglutination floconneuse nette à 1/300 et bien au delà. Cette propriété du sérum se maintient fort longtemps. Le diagnostic différentiel devra être fait d’avec les autres affections typhoïdes du cheval.

— Dans la fièvre typhoïde, les troubles oculaires sont beaucoup plus accusés : la conjonctivite est beaucoup plus marquée et surtout la muqueuse prend la teinte capucine caractéristique. La contagion dans la typhose est plus régulière et plus rapide, elle suit le rang dans une écurie. L'évolution est plus constante, plus rapide, plus bénigne.

— La pneumonie contagieuse s’observe surtout en hiver. Ici, la muqueuse oculaire à plutôt une teinte terre de Sienne. Les signes respiratoires sont prédominants et précoces. De même que dans la typhose les complications sont ici nombreuses et variées, alors que dans la Salmonelose, elles sont rares,

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