‹ La SalvarsanothérapieChapitre 10 sur 33 · IT. — TECHNIQUE · texte numérisé non relu

IT. — TECHNIQUE

Passons maintenant à la technique du 606; elle a été présentée par quelques auteurs, ou du moins, par divers praticiens comme extrêmement difficile et très délicate.

Il n’en est rien, surtout qu’à l’heure actuelle les injec tions intra-musculaires sont reléguées au second plan.

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Nous voulons bien que la préparation d’une émulsion était plus délicate que la simple solution du produit; mais main. tenant ces questions de manipulations sont aplanies, de telle sorte que le médecin est à même de préparer sa solution extemporanément et dans les conditions les meilleures pour la sécurité du malade et sa commodité personnelle. Quant aux appareils, à quoi servent-ils? Ils sont d’abord très coûteux et très compliqués, ils ne simplfient rien et surtout ils font reculer le praticien qui demande une installation simple, rapide et peu dispendieuse. Nous avons vu tous ces appareils et nous prétendons qu'ils sont inu. tiles et encombrants ; nous nous réservons d’expliquer ceci quelques lignes plus loin.

Quant aux aiguilles destinées à la ponction, on en a pré conisé des variétés innombrables. Chaque auteur parlant de la technique se croit obligé d’indiquer la longueur, la grosseur de son aiguille, la forme de son biseau, long ou court, d’autres ont vanté l’emploi de petits trocarts ad hoc; on est allé jusqu’à inventer des bouts pour les aiguilles et vous verrez recommander des bouts carrés, des bouts ronds, des bouts aplatis d’une certaine manière, ete.

Ce qui est certain, et d’après notre pratique: il faut une aiguille courte présentant ainsi un bras de levier moîns long au cas où elle basculerait, diminuant de cette façon les chances de léser la paroi de la veine.

Mais ces points sont secondaires, ce qu’il faut savoir faire, c’est une injection intra-veineuse. La technique de l'injection intra-veineuse, se trouve dans le manuel le plus élémentaire de petite chirurgie et il ne convient pas de s'arrêter là-dessus.

Un point pourtant est à noter, c’est qu'il faut sentir une veine, sans qu’il soit nécessaire de la voir; car il arrive souvent qu’on ne voit pas le vaisseau, cela n’empêche pas

ie la pulpe des doigts de le repérer et le praticien expéri menté de ne pas le transfixer. C’est une petite habitude à prendre. Chaque médecin doit savoir faire une injection intra-veineuse, comme chaque médecin doit savoir faire une saignée ; et, pour notre part, nous avons vu des médecins reculer devant une injection de 606, uniquement parez qu’ils trouvaient l'intervention #rop difficile. L’instrumentation et la technique de l’injection se résu. ment done ainsi:

1 flacon de 250 gr. avec le sérum convenable ou une ampoule de même capacité ; |

1 tuyau de caoutchouc de 1 m. 50 de longueur (avec embout pour l’aiguille) ;

1 aiguille (en platine de préférence) ;

1 lien constricteur pour faire sailhr les veines;

1 appareil quelconque pour maintenir le flacon ou l’ampoule suspendus.

Et voilà tout le matériel nécessaire pour la pratique du 606 ; ce n’est pas aussi compliqué que l’on veut bien le dire.

À l'Hôpital de Béziers, nous nous servions d’un flacon à deux tubulures : une tubulure courte (permettant l’écoulement de la solution et à laquelle s’adaptait le tube de caoutchouc), et une tubulure longue permettant la rentrée de l’air nécessaire à l’évacuation du liquide; nous suspendions le tout à une cordelette au moyen d’un panier de fil de fer et à environ 1 mètre au-dessus du sujet.

Ce que nous venons d’exposer est donc simple et nous souhaitons que chaque fois que le praticien le jugera utile, ou qu'il sera sollicité (s’il n’y a pas de contre-indication), il soit à même de pratiquer l’injection. Le malade bénéficiera d’une thérapeutique qui enlèvera tout danger pour son entourage, et le médecin, lui-même, aura la satisfac-

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— 32 — é tion d’avoir guéri son malade et aussi d’avoir rendu ur grand service à la société.

Nous sommes ainsi conduit tout naturellement à indiquer les différentes manières de préparer une injection de 606. Le 606 peut s’employer en solutions neutres, acides ou alcalines.

La dilution peut se faire dans un sérum salé ou glycosé.

Plus loin nous discuterons les avantages et les inconvénients de tel ou tel mode d’injection, et nous déciderons du choix du sérum convenable; nous choisirons celle, qui tout en nous donnant des garanties au point de vue toxique, nous assurera cependant les meilleurs résultats thérapeutiques.

IT faut ajouter qu’au début de la salvarsanothérapie, les -injections intra-musculaires furent pratiquées. Mais les accidents consécutifs furent également nombreux; on observait des douleurs violentes au point même de l’injec. tion, des insomnies, des hyperthermies, des abcès et des accidents de nécrose à l’endroit injecté. Plusieurs méthodes sont en présence celle de Blaschko et celle de Lévy- Bing en émulsion huileuse, qui fut pratiquée en France. Nous devons dire que ces méthodes sont à l’heure actuelle abandonnées et que seules les injections intra-veineuses ont la faveur des syphiligraphes.

$ III. —— L'rnsecrIoN DE 606

Le dioxydiamidoarsénobenzol, préparé par Ehrlich et le docteur Bertheim fit, pendant de longues années, l’objet de leurs études les plus attentives et les mieux ordonnées; il fut expérimenté par Hata sur les animaux et les divers

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organismes vivants; au point de vue commercial il fut lancé par la maison Meister, Lucius et Brüning, sous le contrôle direct d’Ehrlich, et sous le nom de 606 ou

Salvarsan.

Au point de vue chimique on peut ainsi développer sa nature: le Salvarsan est un dichlorhydrate de paradioxymétadiaminoarsénobenzol répondant à la formule suivante:

FHGEAZH AzH°HCI à CMS NS = ASC me OI - SAR T

Quant à son aspect extérieur le 606 se présente sous la forme d’une poudre d’un jaune clair et qui, dissoute dans l’eau, donne une réaction franchement acide. Dans le commerce le 606 est livré dans des ampoules soigneusement purgées d’air et scellées à la lampe, car le corps s’oxyde très vite et présente au bout d’un certain temps une coloration brune.

Au début le 606 ne se dissolvait pas facilement (il s’agissait du 606 dit & Idéal »), il fallait auparavant le verser dans une petite quantité d’alcool méthylique ou de glycol et en faire une solution que l’on pouvait étendre convenablement. Maïs bientôt on put fournir dans le commerce ur produit dit «hyperidéal » et qu’un peu d’eau chaude suffisait à dissoudre convenablement. La dose injectable ainsi obtenue était très limpide; c’est à cette époque que l'injection de 606 était franchement acide.

- Mais Ehrlich prétendait qu'il était préférable d’ajouter de la soude pure au 15 0/0 et d’injecter une solution nettement alcaline. La solution ainsi obtenue était parfaitement claire et n’était autre chose que le dérivé disodique du

dioxydiaminoarsénobenzol, il répondait à la formule

suivante : J LT AzH° w Fe AzH°?

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