RÉSULTATS CLINIQUES
Avant d’aborder ce chapitre si intéressant et si important, il nous faut donner un aperçu des réactions immédiates auxquelles donne lieu l’injection d’une dose de Salvarsan, intra-veineuse, nous avons observé d’abord un frisson, une élévation de température pouvant aller rarement jusqu’à 40° et 41°, et cela avant l’emploi de l’eau fraîchement distillée; en outre on pouvait voir une congestion intense de la face, un picotement et une sensation de brüûlure dans la gorge, un gonflement des lèvres et des paupières, un larmoiement assez abondant, sueurs profuses, des maux de tête avec un pouls frappant parfois à 120 par minute; par contre on a pu constater dans certains cas un pouls à 54, des vomissements, de la diarrhée, de la constipation, de la rétention d'urine et de vives douleurs dans la région abdominale.
A l’heure actuelle ces phénomènes semblent ne plus devoir se produire, puisque les malades injectés, d’après notre technique à 9 heures du matin s’en vont à midi, après un léger repos, tranquillement et sans accuser le moindre trouble.
Nous allons done maintenant étudier les résultats obte
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nus par le 606 contre Les accidents proprement dits de la syphilis (primaires, secondaires et tertiaires), et ensuite contre les manifestations para-syphilitiques. Nous nous attacherons d’autant mieux à chacun de ces stades, que les résultats thérapeutiques sont aussi différents que ces aecidents sont différents d’aspect, d’allure et de gravité.
CHANœRESs. — [L’injection intra-veineuse de 606, surprenant le chancre dans son évolution, le fait cicatriser dans un délai de cinq à dix jours. Et l’on conviendra que le chancre étant la première lésion est celle qui frappe le plus le malade. Sa partie sclérosée se couvre vite d’épithélium quoique une légère infiltration persiste pendant quelques jours.
Chancre induré, adénopathie inguinale double
Le malade entre le 4 juin, on lui fait une injection de 60 centigr. acide et le 6 juin, le chancre s’épithélialise; six jours après la cicatrisation est complète. Les ganglions sont encore durs et compacts; quinze jours après le malade sort ayant augmenté de 6 kilos, et sans autre accident.
Chancre induré, adénite et éruption papuleuse
Un autre malade arrive avec un chancre induré et un phimosis scléreux et dur, avec une pléiade de ganglions inguinaux selérosés et, de plus, une éruption de papules croûteuses sur tout le corps.
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L’injection est pratiquée le 1* juillet et le 3 juillet on peut noter que le chancre se ramollit et que l’éruption se sèche. Le 8 juillet, le chancre disparaît, laissant une petite cicatrice molle et une légère pigmentation. La palpation perçoit encore les ganglions, l’éruption a disparu et le sérum sanguin du malade donne une réaction de Wassermann négative.
Chancre induré, ganglions cervicaux, épitrochléens et inguinaux
Les râclages faits sur le chancre révèlent à l’examen des spirochètes. La réaction de Wassermann est positive. On injecte, et sans attendre, 60 centigr. acide de 606. Trois Jours après le chancre est moins dur, les ganglions sont moins volumineux. Sept jours après l’injection première, l’épithélium s’est complètement reformé sur le chancre, qui, cependant est encore, trois jours après l’injection de 606, assez dur ; au bout du dixième jour du traitement le chancre est complètement cicatrisé. Après un mois on n’a constaté aucune manifestation secondaire, quant à l’adénopathie cervicales, épitrochléennes et inguinales, elles ont disparu. Wassermann négatif.
Ces courtes observations sont l’image fidèle de bien d’autres que nous avons vu se dérouler sous nos yeux; mais pour ne pas répéter indéfiniment les mêmes tableaux nous préférons tirer les conclusions.
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Nous avons observé que, quelquefois au bout de 24 heures le chancre devenait plus mou après l'injection de 606, mais qu’il se produisait autour une zone d'infiltration; cette réaction locale était très marquée, mais bientôt suivie d’une cicatrisation complète, laissant une trace légère et molle et quelque peu pigmentée.
Nous avons également observé que l’ulcération se revêtait rapidement d’épithélium et parfois si l’on recherchait le spirochète au bout de trois jours environ, l’examen du râclage restait infructueux. Ceci montre la rapidité d’action du médicament sur l’accident primaire, très grave en ce sens, qu'il est un foyer très actif d’élaboration des poisons syphilitiques qui pourraient donner lieu ultérieurement à des manifestations autrement importantes.
Pourtant il faut confesser que l’adénopathie ne disparait généralement qu’au bout de deux à trois semaines et par: fois plusieurs mois. Le professeur Walter Pick, de Vienne, a obtenu les mêmes résultats dans des cas analogues et l’o*i ne peut que s’incliner devant un pareil témoignage. Sur l’accident primaire, il est donc hors de doute que le 606 ait une action très active et véritablement efficace.
ACCIDENTS SECONDAIRES. — [ei, comme pour l’accident primaire, nous allons citer à titre d’exemple quelques observations, qui nous ont paru typiques, avant de tirer
des conclusions d’ordre général. En voici quelques-unes
Chancre de l’anus. Roséole. Adénopathie inguinale
On pratique l’injection acide de 60 eg. le 26 septembre, le lendemain on observe un é6xanthème très net au niveau des points marqués
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de roséole; trois jours après l’exanthème a disparu. En cinq jours le chancre a disparu.
Les ganglions restent encore durs et infiltrés, mais le Wassermann est négatif étant positif au commencement. Un mois après les symptômes ont disparu sans laisser de traces; on ne perçoit plus de ganglions durs au palper. Le Wassermann est négatif.
Papules. Six plaques énormes de rupia.
Cette malade, du service du docteur Pascal, de Béziers, avait été soignée sans résultat par le Hg et l’hectine. Quinze jours après le début du traitement, qui ne comportait encore à ce moment que deux injections de 606 à 30 eg, les eroûtes noirâtres se détachèrent laissant une peau rosée, qui, au vingtième jour, s’épidermisa normalement. Wassermann positif au début et négatif à la sortie.
Papules. Rupia.
Le malade, dont il s’agit, était porteur d’une plaque de rupia, au niveau de la malléole de la jambe gauche. Quatre jours après la première injection les papules commencent à disparaître laissant une légère pigmentation; la croûte de la plaque de rupia tombe et s’épidermise laissant, pour toute trace, une coloration bleuâtre.
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Nous avons également observé des syphilides palmaires qui peuvent persister malgré le traitement deux à trois semaines, car l’on sait que ce genre d'accident est parfois très tenace. Maïs chez d’autres malades le succès ne se fait pas attendre et l’on peut les voir disparaître au bout de la deuxième injection. Qu'il nous soit permis de citer le cas d’un employé de chemin de fer, dont les syphilides avaient disparu dès la première injection; il est vrai que la première injection avait été faite à la dose de 0 gr. 60 de Salvarsan et en solution acide.
Papules suintantes de la vulve. Plaques muqueuses
Six jours après l'injection, disparition complète de tous les accidents avec un Wassermann négatif.
Plaques, Syphilides papuleuses. Polyadénite scléreuse
Les plaques disparaissent 36 heures après J’injection; au bout de six jours les papules sont en voie de guérison. Les ganglions sont encore durs. Un mois après le traitement complet, nous revoyons la malade, les ganglions persistent, mais le Wassermann est négatif.
Chancre extragénital à la lèvre supérieure. Papules Adénopathie sous-maxillaire.
Au quatrième jour du traitement, disparition du chancre; au huitième jour les pa-
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pules disparaissent laissant quelques traces d’exanthème.
Syphilide ulcéreuse du voile du palais
Notons que le malade dont nous voulons parler est un fumeur enragé et qu’il fume, malgré nos avis, pendant le traitement. Au bout de huit jours l’ulcération s’était complètement épithélialisée sans traces apparentes. Wassermann négatif.
En général l’exanthème maculaire disparaît au bout de quatre ou einq jours; quant aux papules suintantes, elles se couvrent au bout de quelques jours d’un épithélium fin et puis finissent par s’épidermiser laissant parfois des traces très légères et presque nulles. Nous avons également observé que les ganglions, à la période secondaire, mettaient, plus de temps à disparaître qu’à la période primaire, et cela semble devoir être noté. Longtemps encore, après que la réaction de Wassermann positive avait disparu, nous pouvions palper et faire rouler sous nos doigts des ganglions indurés. Maïs ce qui frappe le médecin et, plus encore le malade, c’est la disparition des plaques muqueuses, souvent au bout de 24 heures, et même lorsque, malgré les avis, le malade fume. Nous avons aussi observé un malade chez lequel le mercure faisait disparattre les plaques muqueuses, mais pour les laisser réappa. raître sitôt le traitement fini; il y a déjà un an que ce malade s’est laissé appliquer le 606 et depuis un an il vit tranquille et sans voir revenir ces accidents qui le déso-
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laient ; du reste, son état général est excellent et son poids