‹ La SalvarsanothérapieChapitre 14 sur 33 · HUE · texte numérisé non relu

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que l’on ait pu mettre un frein à leur action néfaste. Dans ces cas même, qui désespéraient autrefois malades et médecins, le 606 agit promptement et toute la littérature du Salvarsan, qui actuellement est très vaste, nous en fournit de nombreux exemples.

Passons maintenant aux accidents du tertiarisme, de beaucoup les plus redoutables, et voyons de quelle façon agit le Salvarsan.

Nous ne pouvons mieux faire que de retracer les faits impressionnants dont nous avons été témoin dans les différents services où nos maîtres ont bien voulu nous accueillir.

Dans le service de notre maître, M. le professeur Vede!, nous avons pu voir un cas de perforation de la voûte palatine, ce malade fut envoyé chez le professeur Mouret, qui, dix jours après le début du traitement, put constater que la perforation était comblée et que tout avait disparu.

Dans le service du docteur Pascal nous avons observé un malade porteur d’une gomme du palais, perforante. Au bout de quinze jours le malade sort guéri, il ne subsiste aucune trace et il n’y a pas de perte de substance. Ce malade revient nous visiter de temps en temps et continue à se bien porter.

De même les gommes des testicules, du maxillaire et de l’aile du nez eèdent très vite au traitement et les malades sortent de l’hôpital au bout de dix à quinze jours environ.

Deux ou trois jours après la première injection, l’infil: tration diminue, le gonflement également, la zone de couleur sombre entourant la lésion s’éclaireit et, peu de temps après, la gomme elle-même disparaît. Plus résistantes cependant sont les syphilides tubéro-serpigineuses, mais on a noté pourtant une tendance à la cicatrisation; les croûtes tombaient et l’ulcère s’épithélialisait, après quel-

CT ques semaines on n’apercevait plus que quelques traces d'infiltration.

Nous nous souvenons d’un cas très intéressant. Tous ceux qui ont suivi la clinique de notre maître, le professeur Vedel, se souviennent de cette pauvre femme qui n’arrivait pas à se guérir des gommes que successivement elle présentait aux jambes, aux cuisses, au visage, et qui, malgré tout, nourrissait un enfant assez bien portant; tous les deux ou trois mois elle venait avec de nouvelles gommes. On avait épuisé sur elle toutes les ressources de l’arsenal thérapeutique en pareille matière et injecté de l’huiïle grise et du calomel, maïs sans succès. Voilà bientôt deux ans que cette femme a été soumise à l’action du Salvarsan et M. le professeur Vedel qui la suit nous affirmait que, depuis lors elle n’avait présenté aucune trace d’accident spécifique. Cependant, trois ans après, n’ayant eu aucun accident du côté de la peau, elle présente encore un Wassermann positif.

Une ostéo-périostite gommeuse a disparu huit jours après une injection de 0 gr. 60 de Salvarsan acide. Nous avons vu la croûte se détacher très vite, l’infiltration périostique disparaître et les ulcérations se sont comblées en peu de temps.

Une périostite de la clavicule disparaît au vingt-cinquième jour, après avoir évolué suivant un processus de guérison analogue à celui du cas précédent.

Nous ajoutons que l’état général s'améliore parallèle. ment à l’état local et l’on voit les malades recouvrer leur appétit et leur bonne humeur.

Nous pourrions citer un très grand nombre de cas, car nul n’ignore, que la ville de Béziers semble posséder ua regrettable privilège en ce qui concerne ce genre d’affections. Tous les cas, devons-nous dire, ont très bien guéri,

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