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soient plus, au moins provisoirement, un danger pour les milieux sociaux où elles évoluent. Et peut-être c’est là qu'est l’avenir en matière de réglementation prostitutionnelle.
Mais sans s’attacher à cette classe de la société, qui est sûrement la plus à craindre en l’espèce, il nous faut envisager une catégorie d'hommes, qui sont l’avenir et la réserve des forces vitales du pays. La France appelle sous les drapeaux ia meilleure et la plus saine partie de ses enfants âgés de 21 ans. Beaucoup d’entre eux venant de la campagne ou de l’usine sont renseignés sur les ques. tions sexuelles, mais ils ont abordé ces nouvelles exigence: de leur complexion d’hommes avec la fougue et l’insouciance de leurs ärdeurs d’adolescents, qu’ils ont quelquefois pris pour des sentiments profonds, et les voilà lancés comme garnisaires dans de grandes villes pleines de tentations.
Chez les plus sages l’instinct se réveille; et un soir, au gré d’une rencontre équivoque ou poussés par quelque excitation alcoolique, le jeune soldat se laisse aller dans les bras d’une prostituée quelconque et au risque d’être contaminé. Qu’arrive-t-1l lorsque l’événement fatal s’est produit? Souvent ne sachant de quoi il s’agit, le soldat va à la visite, où jusqu’à présent on n’a pu que lui fournir un traitement quelquefois insuffisant; souvent aussi le militaire se doute de quelque chose de grave et pour éviter des ennuis, il cache son mal et cela est plus grave encore.
Retenons bien ceci, c'est que le militaire représente la moyenne de la population, au point de vue de l’éducation sexuelle, et que de plus, il est prisonnier d’une discipline et de réglements qui ne peuvent qu’entraver la libre application d’un traitement convenable.
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Mais heureusement les réglements militaires se sont faits plus humains et mieux appropriés à ce que doit-être la nation française armée et nous devons à l’obligeance de nos confrères militaires, la communication d’une circulaire ministérielle en date du 10 mai 1913:
Ce document indique que les hôpitaux militaires ont le droit de faire usage du néo-salvarsan, dérivé du salwarsan, dans les localités snivantes: Paris, Versailles, Camp de Châlons, Verdun, Nancy, Toul, Belfort, Bourges, Rennes, Lyon, Grenoble, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Alger, Oran, Constantine, et Tunis. É
D'autre part, d’après la même circulaire: les hospices mixtes d'Amiens, de Rouen, du Mans, d'Orléans, de Besançon, Tours, Nantes, Limoges, {‘Termont-Ferrand, Nice et Montpellier peuvent en faire usage; 1l faut ajouter à ces formations sanitaires les postes marocains désignés par le directeur du service de santé. Il convient de se féliciter de l’accès dans les hôpitaux militaires, d’une méthode thérapeutique efficace et rapide. La circulaire, que nous citons ci-dessus, comporte que les malades devront accepter, par écrit, le traitement; ce n’est là qu’une mesure de précaution dont il ne convient pas de s’alarmer.
Tout au plus pouvons-nous regretter que des formations sanitaires aussi importantes que l’hôpital de Béziers ne soient pas appelées à faire bénéficier le soldat de ce traitement de choix.
En résumé, en matière de thérapeutique militaire, le Salvarsan et son dérivé ne peuvent que donner de bons résultats. Le troupier sera vite blanchi, très peu de temps indisponible, grâce à l’injection intraveineuse non douloureuse, et après le traitement complet, une sur. veillance paternelle suffira, avec de bons conseils, à le
RITES protéger contre le retour d’accidents ennuyeux ou contagieux.
Mais il est de notre devoir d'étudier des questions plus graves. La syphilis est un fléau social, mais introduite dans la famille, qui est la cellule première dont l’ensemble compose la nation, elle constitue un danger permanent et d’autant plus sérieux qu'il reste très souvent ignoré.
Envisageons donc les divers cas qui peuvent se produire.
L’individu est-il contaminé antérieurement au mariage ? Dans ce cas, il contaminera probablement sa femme, surtout s’il la rend enceinte. Convient-il d’appliquer le salvarsan? Les auteurs discutent, et certains prétendent que le 606 tue l’embryon et provoquela fausse couche ; maïs malgré tout nous conseillons l’injection, car la fausse couche est quand même probable, en tout cas l’enfant à naître serait misérable et taré et le père et la mère ne peuvent que bénéficier d’un traitement héroïque et prompt.
Examinons maintenant un cas plus délicat. Voici un homme que ses affaires, ses voyages, les exigences diverses de sa profession ont appelé au dehors, loin de son domicile ; tout à coup, chez lui, se sont réveillés d’impérieux désirs qui l’ont poussé dans les bras d’une femme de rencontre; il se trouve contaminé. Que va-t-il faire? Avec les anciens traitements, il lui fallait des semaines pour faire disparaître les conséquences fâcheuses de son escapade, avee notre traitement une seule injection suffit parfois à le rendre net et non contagieux sinon guéri. Et que l’on ne voit pas là une invite à la débauche et à l’immoralité; nous connaissons tous médecins, les faiblesses humaines, et nous ne voyons en tout ceci que le
Le $4Wa moyen de remédier aux conséquences d’accidents fâcheux mais inévitables.
Quant aux innocents, aux enfants qui portent le poids des tares paternelles, c’est à eux que va toute notre pitié. Dans un chapitre de notre travail, nous avons étudié l’action bienfaisante du Salvarsan en matière d’herédo-syphilis; on a pu voir que ce remède, sans agir avec une extrême rapidité, était, quand même, plus prompt et plus sûr lorsqu'il s’agissait d’assainir ces organismes profondément atteints et intoxiqués par les poisons syphilitiques.
En résumé, et pour terminer cette étude, forcément succincte des effets salutaires du salvarsan au point de vue social, il nous faut dire que:
1° Le Salvarsan est un remède prompt, qu’il blanchit très vite et par conséquent diminue d’autant les occasions de contage entre individus.
2° Il est discret, sa technique est simple, et le malade peut se faire soigner sans que son entourage puisse faire des remarques ( ce qui n’est pas le cas des injections mercurielles qui nécessitent au moins des pertes importantes de temps qui peuvent être, suivant les sujets, douloureuses, donnant lieu à des nodosités, des indurations, et de toutes façons être très gênantes pour un ouvrier qui a besoin de travailler).
3° In matière d’hérédosyphilis, il est le plus prompt et le meilleur, les autres ayant donné des résultats lents et très incertains. |
4° Dans les cas rebelles ou le mercure et les autres agents thérapeutiques avaient échoué ou mal toléré; ül a donné parfois la guérison et presque toujours procuré une amélioration.
Nous le voyons, la découverteetl’application rationnelle
Ne du Salvarsan, constituent un progrès immense au point de vue social. Nous avons envisagé la question en médecin et non en moraliste, nous savons la part qu’il faut faire, en cette matière, aux usages et même aux vices du temps; ce qu’il nous faut réaliser, c’est un mode de traitement permettant de parer le mieux et avec le plus de sécurité aux accidents d’une affection, qui constitue, encere à l'heure actuelle, la plus grande cause de déchéance sociale
au point de vue de la natalité et de la conservation de la race.
LE NEOSALVARSAN
Il y a quelques mois on a lancé dans le commerce un dérivé du Salvarsan. On l’obtient en faisant agir sur le dioxydiamidoarsénobenzol du formaldéhyde de sulfoxylate de soude. C’est le Néosalvarsan. C’est une poudre jaune qui se dissout très facilement dans l’eau en donnant une solution neutre. C’est un dioxydiamidoarsénobenzol monométhylène sulfoxylate de soude.
Les doses habituellement employées sont:
0 gr. 60 à 0 gr. 75 pour les hommes, ce qui correspond à 0 gr. 40 et 0 gr. 50 de salvarsan; |
Le:
0 gr. 45 à O0 gr. 60 pour les femmes, correspondent à 0 gr. 30 et 0 gr. 50 de salvarsan.
es doses doivent varier, comme pour le Salvarsan, suivant le degré de l’infection et l’état du malade. Ici comme pour le Salvarsan le malade doit être examiné à fond. On analysera toujours les urines avant et après l'emploi Notre maitre, Monsieur le professeur Vedel, préconise la. recherche chez ces malades, le rapport azoturique, ce qui n’est sûrement pas superflu. | La dose de 0 gr. 90 de Néosalvarsan ne doit pas être dépassée, Comme pour le Salvarsan les individus affaiblis
RENE Rs sont justiciables des injections à doses faibles; par contre, pour les gens bien portants, nous préconisons les doses forte d’emblée, surtout à la stade initiale du chancre.
Les contre-indications à l’emploi du Néosalvarsan sont les mêmes que pour le Salvarsan.
L'injection du Néosalvarsan se fait également dans une veine; les injections intra-musculaires sont rarement employées. +
La solution se fait de la même facon avec cette diffé. rence qu’on n’ajoute pas de soude.
Comme pour le Salvarsan la solution doit être préparée extemporanément et employée immédiatement à canse de son instabilité.
. La solution de Néosalvarsan doit être portée à 22° C. On ne doit jamais la chauffer.
A l'Hôpital de Béziers où nous n’avons presque jamais eu d’ennuis, nous sommes resté fidèle au Salvarsan. Pour notre part, malgré la grande simplicité de sa préparation, le Néosalvarsan ne se montra pas dans notre clientèle hospitalière aussi efficace qu’une dose correspondante du Salvarsan. Et jusqu’à nouvel ordre nous restons fermement attaché à l’injection du Salvarsan raisonnablement appliquée.