‹ La SalvarsanothérapieChapitre 7 sur 33 · AZ HEC NS · texte numérisé non relu

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Salmon, en 1906, conseilla d’injecter dans la fesse 5 ce. d’une solution à 10 p. 0/0 de ce corps et cela pendant deux semaines. Les résultats furent diversement appréciés ; mais, en France, Hallopeau, et Lassar, en Allemagne, se montrèrent enthousiastes.

Hallopeau et les Allemands l’injectèrent; Balzer préféra l’ingestion et à dose beaucoup plus forte que les préconisants de l’injection.

Mais, après les enthousiasmes des premiers jours, survinrent les déceptions. On s’aperçut que l’action était lente et que, même dans les cas favorables, les résultats n’étaient pas supérieurs à ceux obtenus par les composés minéraux de l’arsenie convenablement administrés. Certains cas étaient rebelles et, ce qui sembla plus grave, l’atoxyl donna lieu à des accidents divers généraux et locaux.

Les accidents généraux sont de gravité variable; ils vont depuis les simples troubles passagers jusqu’à l’intoxica

tion inquiétante. On peut noter: la fatigue, l’affaiblissement psychique, céphalée, bourdonnement d’oreilles, sur: dité passagère; mais aussi: vomissements, douleurs d’entrailles, diarrhées avec hypothermie, dyspnée, dysurie avec symptômes de cystite, tendances syncopales. Ces troubles cessent, en général, dès que cesse l’administration du médicament et nous ne connaissons aucun cas de mort par l’atoxyl.

Mais il n’en est pas de même des troubles oculaires qui, parmi les accidents locaux, sont les plus graves ; Steimdorff en réunit naguère 95 cas.

Que les symptômes généraux de l’intoxication arsenicale fassent ou non défaut, les troubles oculaires se manifestent par une sensation de brouillard ou de fumée. Ob-: jectivement il y a diminution de l’acuité visuelle, plus marquée du côté nasal que du côté temporal, ce qui semble marquer une lésion prédominante au niveau du faisceau maculo-papillaire.

L’ophtalmoscope permet d’observer au début un rétrécissement marqué des artères rétiniennes, tandis qu’au contraire les veines sont dilatées. Plus tard la papille devient pâle, mais ses bords restent nets, les pupilles se dilatent et ne réagissent plus, l’acuité visuelle va en diminuant et les malades deviennent pour ainsi dire aveugles. Et, malheureusement dans ces cas, on peut cesser l’administration de l’atoxyl sans empêcher les accidents d’évoluer, car il n’est pas de remède connu.

Qu'ils soient dus à l’atoxyl ou à l’aniline, ces accidents n’en restent pas moins graves, la discussion importe peu: ce qu'il faut savoir, c’est que l’atoxyl aux doses convena. bles pour être actif, est un médicament dangereux, puisqu'il peut déterminer une amaurose complète. Il n’est

eo donc pas injuste de le voir écarter des autres agents de J’arsénothérapie dans la syphilis.

2° L’arsacétine. — Ce corps est assez voisin de l’atoxyl, c’est le sel sodique de l’acide acétyl para-amino-phénylarsinique et sa formule est:

CH° — CoAzH CH£ O0

I] se présente sous la forme d’une poudre blanche résistant fort bien à une température de 120° et même au-delà de 130°.

Ce corps n’a pas eu la vogue du précédent ni surtout celle des suivants. Néanmoins, en 1908, Neïsser, en Allemagne, et Milian, en France (1909), prétendent, en diver. ses communications, l’avoir employé avec succès.

L'un et l’autre disent que son activité égale celle de l’atoxyl et que sa toxicité est cependant moins grande. La

- pratique a montré depuis que ce corps n’était pas aussi -inoffensif qu’on avait bien voulu le dire, et le 16 avril 1910,

Balzer, dans la Presse Médicale, signale des accidents de

névrite optique; il y a eu même des cas de mort.

3° Hectine. — C’est sous ce nom que Monneyrat a fait connaître le sel mono-sodique de l’acide benzo-sulfonepara-amino-phénylarsinique et qui s’écrit ainsi en formule :

ET CA LE CHE AReS OH DO Na

Ce produit résiste bien à la stérilisation et fut employé dès le début par Balzer dans son service de l'Hôpital

EEE St-Louis ; du reste cet auteur a défini les doses qu’il eonvenait d'employer.

Sans nous étendre sur cette question de dosage et d’emploi, nous pouvons dire que l’hectine ne fut l’occasion d'aucun accident appréciable. Balzer signale des troubles oculaires légers (brouillards), et encore chez un sujet qui, dès l’enfance, présentait de la chorio-rétinite. Milian signale aussi des phénomènes congestifs à la face et dans la région péri-orbitaire. Il est donc évident que son emploi doit être réservé aux sujets ne présentant aucune tare oculaire.

Notamment quand le mercure se montre insuffisant ou mal toléré il importe seulement quand on emploie l’hectine de surveiller la fonction visuelle et auditive et l’interrompre quand les troubles se produisent. (Vedel).

De l’hectine on a fait dériver l’emploi d’une substance à la fois mercurielle et arsenicale : l’hectargyre, dont l’usage comporte les mêmes indications et les mêmes contreindications que l’hectine.

Avant d'abandonner ce paragraphe consacré à l’hectine nous devons parler de la méthode abortive de Hallopeau.

Cet auteur employa d’abord l’atoxyl et l’arsacétine, mais il dut s’arrêter en raison de la toxicité et des dangers graves qui en résultaient; il s’est mis donc à employer l’hectine. Il est inutile, croyons-nous, à l’heure actuelle, de rappeler la technique des injections de Hallopeau au voisinage de chancres et des injections mercurielles intramusculaires adjuvatrices du traitement local. Qu'il nous soit permis cependant de nous demander la part, dans les guérisons, qui revient à l’hectine (arsenical) et au mercure. L’hectine ne reste pas moins, soit pur, soit associé au mercure, une préparation arsenicale de haute valeur dans le traitement de la syphilis,

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C’est ainsi que nous arrivons peu à peu au 606, qui, à L'heure actuelle, semble être l’instrument le plus parfait de notre action contre la syphilis.

Nous ne ferons pas l’historique de l’introduction du 606 dans la thérapeutique, car notre travail tout entier ne sera qu’une étude de son action et des quelques modifications que la technique de son application a pu subir; il est donc inutile de s'étendre ici sur ce sujet.

EMPLOI DU SALVARSAN

$ L — Doses

En ce qui concerne les doses, les premiers expérimentateurs se montrèrent timides ; les doses employées ne dépas. saient pas 30 ou 35 centigr. et, qui plus est, en injections intra-musculaires. Mais après cette période de timidité et d’extrême prudence, un fort courant d’opinion se dessine pour l’augmentation des doses de Salvarsan. Nous voyons alors successivement et progressivement appliquer le remède à des doses de 50 centigr., 60 centigr.et 75 centigr. ; on cite même un syphihgraphe belge, très connu, qui employa le 606 à la dose de 1 gr. 20 (1!) et cela avec une très petite quantité d’eau; ajoutons qu'il n’y revint pas; le tableau des événements qui suivirent fut trop impressionnant. C’était une course à qui ferait le plus et le mieux.

Mais, dès cette époque, tout le monde se mit d’accord sur ce point que 60 centigr. de Salvarsan dans 200 ce. de sérum, étaient la quantité raisonnable à injecter en une seule fois à un homme du poids de 65 kilogrammes. Dès lors, à tout adulte qui se présenta, on injecta 60 centigr. de 606; les accidents se multiplièrent et l’on ne manqua pas d’en

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