‹ La SalvarsanothérapieChapitre 8 sur 33 · ET · texte numérisé non relu

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accuser la toxicité du médicament nouveau. En dehors de la question de toxicité du produit, on invoquait son instabilité au point de vue chimique ; mais, parfois, on est parvenu à découvrir les véritables causes des accidents. Ces causes étaient les tares des malades que l’on avait mal ou pas du tout examinés. Combien de fois n’avons-nous pas vu faire des injections sans examen préalable du malade; il est vrai que quand un jeune homme se présente à nous avec toutes les apparences de la bonne santé, il ne vient souvent pas à l’esprit qu’il puisse être sujet à des troubles fonctionnels graves et qui vont nous mettre en face des accidents les plus regrettables. C’est maintenant seulement, et sans doute après avoir reconnu le bien-fondé de toutes ces précautions, que nous voyons les spécialistes examiner à fond leurs malades avant l’injection, prenant organe après organe, analysant l’urine, parfois le sang et s’appliquant à dépister le moindre symptôme de lésions des organes essentiels. Il est hors de doute que l’examen minutieux du malade donnera de bonnes indications pour les doses à employer.

On a démontré naguère que l’injection de petites doses de 606 crée chez le parasite une force de résistance contre les arsenicaux, il y aurait pour lui une sorte de mithridatisation, et il devient ce que l’on appelle arséno-résistant ; les doses suivantes de 606 n’auraient, par là même, qu’une action moins vive.

À forte dose, d’emblée, le Salvarsan agiramieuxettuera plus sûrement un grand nombre de parasites qu’une dose moins forte. Mais, nous l’avons fait remarquer, il faut pour cela que le médecin sache discerner ses cas, il fant qu’il puisse se tracer une ligne de conduite d’après l’état général et les conditions particulières de chaque malade. Ainsi un malade affaibli, plus ou moins, se présente chez

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vous, il faudra s’enquérir au point de vue des idiosynerasies, tâter le terrain avec des arsenicaux comme le cacodylate de soude, la liqueur de Fowler ou hectine et seulement après on débutera, et avec prudence, par 30 centigr. de Salvarsan. Si un autre homme, au contraire, vient à vous, celui-là robuste, en bonne santé, avec des reins, un foie et un cœur en bon état, si ses antécédents sont bons, dans ce cas n’hésitons pas un instant et injectons lui d’em. blée la dose de 60 centigr. de Salvarsan. Mais ne nous croyons pas à l’abri, même si nous appliquons (après l’avoir répété), le principe suivant: &« À tous nos malades nous injectons 30 centigr., une semaine après 40 centigr., deux semaines après la seconde injection 50 centigr., et un mois après celle-ci 60 centigr. ». Malgré ces réserves et ces apparences prudentes, il faut se méfier des idiosynerasies et avoir toujours à la mémoire l’histoire de ce malheureux étudiant qui succomba après avoir absorbé quelques gouttes de liqueur de Fowler. ;

Nous répétons et nous nous faisons un devoir d’insister sur ce point que, seul le médecin traitant est juge des doses qu’il doit employer et seul l’état du malade doit guider le médecin sur le mode d’emploi et les quantités du remède.

I est vrai qu’il est plus simple et plus expéditif d’uniformiser un traitement, surtout dans un établissement hospitalier où le mouvement de malades est considérable. Mais, dans un cabinet médical, où le malade n’est pas un passager, mais un sujet que l’on suit à des intervalles réguliers et dont la maladie évolue, pour ainsi dire, sous vos yeux, le traitement ne doit pas être aveuglément uniforme, il doit se modifier suivant les circonstances dans ses applications sur le même individu et surtout il doit répondre à l’état de chaque malade en particulier.

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