SCENE V JÉSUS, PHOTINE
PHOTINE, descendant le senLicr.
Attrapei ces renards qui ravagent nos vignes...
L amour est bien fort sur les cœurs!
Donnei-moi du raisin à sucer, car je meurs.
Le bien-aimé me fait des signes...
Attrape^ ces renards qui ravagent nos vignes!
A travers le treillage, hier, il me parla :
(( Debout, ma fnie, et viens ^ ma belle! L'hiver a fui, la pluie est loin, les fleurs sont là :
C'est le temps de la ritournelle.
On prétend que quelqu'un dans le pays déjà
Entendit une tourterelle ; Que déjà, mûrissante, une figue coula!...
Debout, ma mie, et viens, ina belle :
L'hiver a fui, la pluie est loin, les fleurs sont là !
JÉSUS
C'est une âme légère autant qu'une corbeille.
PHOTINE (Elle est arrivée au puits, et, sans regarder Jésus, elle attache l'urne à la corde; elle la laisse lentementjdescendre dans le^ puits.)
Je dormais. Quelquefois je dors^
Mais tout de même mon cœur veille.
Quelqu'un m'a crié du dehors :
a Ouvrei, cœur^ fleur, astre ^ merveille! »
Tai répondu d'un ton 7nalin A la chère voix reconnue : « J'ai quitté ma robe de lin :
Puis-je vous ouvrir? Je suis nue.
Tai parfumé mes pieds lavés Préalablement dans la neige :
Mes pieds blancs, sur les noirs pavés.
Pour vous ouvrir., les salir ai-je ? »
Je dis... Mais je fus vite ouvrir :
Cofître lui je suis si peu forte!
Il avait fui : j'ai cru inourir.^ Et quand j'eus refermé la porte
(Mes doigts avaient sur les verrous Laissé de la myrrhe sauvagej, Tai pleure dans ?nes cheveux roux Et me suis griffé le visage.
JÉSUS
Pas un instant sur moi ne s'est fixé son œil.
PHOTINE
Fuira-t-il devant moi, toujours^ comme un chevreuil ?
JÉSUS
Voici qu'elle commence à remonter l'amphore.
PHOTINE, tournant la roue de bois qui tire la corde.
Mon bien-aimé — je t'ai cherché — depuis V aurore^ Sans te trouver^ — et je te trouve, — et c'est le soir; Mais quel bonheur! — il ne fait pas — tout à fait noir :
Mes yeux encore
Pourront te voir.
Ton nom répand — toutes les huiles — principales^
Ton souffle unit — tous les parfums — essentiels^
Tes moindres mots — sont composés — de tous les miels^
Et tes yeux pâles
De tous les ciels.
Mon cœur se fond — comme un fruit tendre — et sans écorce. Oh! sur ce cœur, — mon bien-aiméy — qui te cherchait! Viens te poser — avec douceur — comme un sachet.,
Puis avec force
Comme un cachet!
JÉSUS
Dans le rond de l'amphore pleine elle se mire...
PHOTINE
Comme un cachet d^airain^ comme un sachet de myrrhe /...
JÉSUS
... S'adresse en ce miroir des rires puérils,
Resarde si le fard tient bien au bout des cils,
Si ses doigts restent blancs malgré Teau qui les gèle,
— Et le Sauveur est assis, là, sur la margelle!
(Photine a remis sa cruche sur son épaule et s'éloigne.)
Elle s'en va. C'est bien la pauvre Humanité Qui frôle le bonheur et qui passe à côté!
(Photine remonte le sentier, murmurant encore sa chanson.)
Et si je ne faisais pas un signe à cette âme?... Elle passe... Si je la laissais passer?...
(Elle va disparaître.)
Femme!
(Elle se retourne, et le regarde d'un air insolent.)
J'ai soif: caries rayons du soleil sont très vifs. Fais-moi boire, veux-tu?
PHOTINE
Je croyais que les Juifs
— Et cet homme en est un, cela se connaît vite — Ne pouvaient pas, avec quiconque est Sichémite, Avoir le plus léger, le plus lointain rapport ! Notre pain, c'est pour eux de la viande de porc; Un miel, dont à Sichem l'abeille aurait sa ruche, Serait du sang d'oiseau pour eux! Donc, cette cruche Qui, toute fraîche, sort d'un puits samaritain,
Et que sur son front vil une païenne tint. Tu devrais l'écarter d'un geste exécratoire,
Au lieu de demander...
JÉSUS
Je te demande à boire.
PHOTINE
Ton dégoût par la soif est donc diminué? Sache que tu serais beaucoup moins pollué En foulant un reptile, en touchant un insecte, Qu'en étant secouru par quelqu'un de ma secte !
(Avec une volubilité méchante.)
Non, quand tu m'en prîrais encor jusqu'à demain,
Je ne descendrai pas la cruche sur ma main :
Elle est sur mon épaule; elle est bien; je l'emporte.
Adieu, l'Eliézer sans cadeaux, sans escorte !
Si tu me pris pour Rebecca, tu te trompas!
Tu dois avoir bien soif! Mais tu ne boiras pas
(Redescendant un peu.)
Tu vois cette eau, cette eau limpide, si limpide
Que lorsqu'il en est plein le vase semble vide.
Si fraîche que l'on voit en larmes de lueur,
En perles de clarté ruisseler la sueur,
La sueur de fraîcheur que l'amphore pansue,
Par tous les pores fins de son argile, sue!...
Cette eau qui donne soif rien qu'avec son bruit clair.
Si légère qu'elle est comme une liqueur d'air,
Eh bien! pour toi, cette eau, c'est la loi, la loi dure,
Celte eau pure, cette eau si pure, elle est impure!...
JÉSUS
Femme!
PHOTINE
Non, tu n'auras pas une goutte d'eau ! Rien!
JÉSUS
Si tu connaissais quel sublime cadeau, Quel envoi de clarté Dieu fait à l'heure noire, Et quel est Celui-là qui te demande à boire, Tu te serais peut-être avisée aujourd'hui De le Lui demander, femme, toi-même, à Lui.
PHOTINE
Tu dis des mots obscurs pour me rendre attentive.
JÉSUS
Et l'eau qu'il t'eût donnée eût été de l'eau vive!...
PHOTINE
J e conviens, inconnu, que ta voix, que tes yeux Plaisent, et que tu sais, ô beau Juif captieux. Éveiller l'intérêt en parlant de cette onde... Tu n'as rien pour puiser. La citerne est profonde. De quelle eau parles-tu, d'un air noble et subtil? Où prendrais-tu cette eau? Mais d'ailleurs y a-t-il De l'eau semblable à celle-ci, de l'eau meilleure? On vient, pour en puiser ici, de plus d'une heure. Notre père Jacob creusa, pour sa tribu,
Ce puits profond. Lui-même et les siens en ont bu,
Eux tous, et leurs troupeaux, leurs chameaux et leurs zèbres;
Et c'est une eau célèbre entre les plus célèbres.
Tu ne vas pourtant pas dénigrer notre puits!
Serais-tu donc plus grand que Jacob?
Je le suis.
PHOTINE
Oh ! si je te versais, dans tes deux mains en conque, Un peu d'eau de ce puits, tu verrais bien...
JESUS
Boira Teau de ce puits aura soif de nouveau ; Mais il n'aura plus soif, celui qui boira l'eau Que je lui donnerai; car en lui naîtra d'elle Le bondissement frais d'une eaii perpétuelle. De sorte qu'il sera sans fin désaltéré Celui qui boira l'eau que je lui donnerai.
Quiconque
PHOTINE
Quoi! pour l'éternité?... Mais j'y songe, peut-être, C'est l'eau que le prophète Élie a dû connaître. Lorsque dans le désert, sans boire, il s'en alla Si longtemps. Tu souris? Mais oui, je sais cela. Tu vois, je ne suis pas tout à fait ignorante. Sans boire, il est resté quarante jours, quarante! Vraiment tu connaîtrais son merveilleux secret?
Seigneur, apprends-le moi. Cela m'éviterait
De venir chaque jour porter ici l'amphore.
Une eau dont on boirait sans avoir soif encore !
Tout le monde en voudrait. On la vendrait très cher.
Tu ne m'entends qu'avec des oreilles de chair. Quand je veux l'élever, ton âme reste à terre.
PHOTINE
Explique-moi quelle est cette eau qui désaltère Pour toujours, cette source au flot jamais tari?
JÉSUS
Soit! Mais va tout d'abord me chercher ton mari.
PHOTINE
Mon mari?
JÉSUS
Va.
PHOTINE
Mais je...
JÉSUS
Ceci te déconcerte?
Va chercher ton mari !
PHOTINE
Je n'en ai pas.
JÉSUS
Non certe.
Tu n'en as pas. Disant cela, tu dis fort bien : Car l'homme avec lequel tu vis n'est pas le tien.
PHOTINE, reculant.
Seigneur!...
JÉSUS
Tu dis fort bien. Car celui qui partage Ta couche, tu n'es pas sa femme davantage Que tu ne l'as été des cinq autres...
PHOTINE
Seigneur!...
JÉSUS
Car tu changeas cinq fois, ô femme sans pudeur, Et six fois tu connus les noces, — mais pas une, La foule des amis doucement importune, Ni les flambeaux...
PHOTINE
Seigneur!
JÉSUS
Ni le bruit jovial Du banquet, ni l'effroi sur le seuil nuptial. Ni les rameaux de myrte agités sur ta tête!
PHOTINE
Seigneur, Seigneur, tu ne peux être qu'un prophète!
JESUS
Parce que j'ai vu clair dans ton indignité, Voilà que tu me crois prophète. En vérité, Femme, je te dirai des vérités plus grandes.
PHOTINE
O Maître, alors, dis-moi?...
JÉSUS
Qu'est-ce que tu demandes?
PHOTINE
Voici. Vous autres Juifs nous tenez en mépris
Parce que nous prions sur ce mont. Or j'appris
Que vos ancêtres — qui sont aussi nos ancêtres —
N'adoraient que sur lui! Que croirai-je? Les Prêtres,
Les Docteurs y voient clair. Mais nous, les simples, nous
Qui demandons la cime où l'on tombe à genoux,
Nous restons étonnés que la cime soit double;
Si l'on nous met entre deux monts, cela nous trouble;
Chaque prêtre nous crie en nous vantant le sien :
« Priez sur'notre mont, il est le plus ancien! »
— « Non ! on ne peut vraiment prier que sur le nôtre ! »
Alors, nous ne montons ni sur l'un, ni sur l'autre.
Et nous restons en bas, dans le val, au milieu...
Et le val a des fleurs qui font oublier Dieu.
JÉSUS
Rassure-toi : car l'heure vient, elle est venue Où l'on ne prîra plus le Père, âme ingénue,
Ni sur le Garizim, ni dans Jérusalem.
Apprends que désormais, ô femme de Sichem,
Les vrais adorateurs n'adoreront le Père
Qu'en esprit et qu'en vérité ; car la prière
Ne peut pas à l'Esprit plaire selon le lieu.
Car le Père est Esprit, car il n'est qu'Esprit, Dieu !
Et c'est donc dans l'Esprit, et dans l'Esprit encore
Et dans l'Esprit toujours, qu'il faudra qu'on l'adore.
PHOTINE
J'ai vécu loin du Dieu que fait aimer la voix.
Pourtant j'ai toujours eu trois croyances : je crois
Que d'entre les tombeaux, un jour, on ressuscite;
Que d'un Ange, parfois, on reçoit la visite.
Et surtout, — oh! surtout, — je crois obstinément
Qu'il viendra, le Promis, et j'attends en l'aimant
L'Ha-Schaab, ou le Christ, qu'on nomme encor Messie!
JÉSUS, levant les yeux au ciel.
Les plus humbles, toujours! Oh! je te remercie. Mon Père !
(A Photine.)
Et de ce Christ, dis-moi, que penses-tu?
Qu'il viendra.
JÉSUS
Bien. Et puis, quand il sera venu?
PHOTINE
Quand il sera venu...
JÉSUS
Qu'est-ce que tu supposes?
PHOTINE
Je suppose qu'il nous apprendra toutes choses.
JÉSUS
O mon Père, ces mots si simples, entends-les!... Femme, tu les as dits, les mots que je voulais. Lève le front. Regarde-moi. Sois éclaircie. Je suis Cela, moi qui te parle, — le Messie !
PHOTINE, reculant, balbutiant et glissant à genoux.
Toi! Je... Christ!... Ha-Schaab!... Emmanuel!...
JÉSUS
Jésus.
PHOTINE, tombant à genoux .
Mon Bien-Aimé...
Voilà que tu ne parles plus.
PHOTINE
Mon Bien- Aimé... je fai cherché — depuis l'aurore., Sans te trouver^ — et je te trouve., — et c'est le soir; Mais quel bonheur ! — il ne fait pas — tout à fait noir
Mes yeux encore
Pourront te voir.
Ton nom répand — toutes les kuiles — principales^
Ton souffle unit — tous les parfums — essentiels^
Tes moindres mots — sont composés — de tous les miels^
Et tes yeux pâles
De tous les ciels.
Mon cœur se fond,..
Grand Dieu ! qu'ai-je fait? Que disais-je? Pour lui! le même chant! le même, ô sacrilège!... Pour lui, les mêmes mots, qui me servirent pour...
JÉSUS
Je suis toujours un peu dans tous les mots d'amour. Mais, tant que ce n'est pas à moi qu'on les adresse. On ne fait qu'essayer les termes de tendresse.
PHOTINE
Maître, pour t'adorer, j'ai dit ce que j'ai su!
JÉSUS
Et ton hommage me fut doux. Je l'ai reçu.
Devant toi, que ce chant aux lèvres me remonte... Quelle honte!
JÉSUS
Non, tu ne dois pas avoir honte.
Comme Famour de moi vient habiter toujours
Les cœurs qu'ont préparés de terrestres amours,
Il prend ce qu'il y trouve, il se ressert des choses.
Il fait d'autres bouquets avec les mêmes roses :
Car c'est à moi que tout revient. Et tôt ou tard,
Le parfum acheté, d'aloès ou de nard.
Que pour flatter les sens le marchand a cru vendre,
Sur mes pieds douloureux finira par s'épandre,
Et c'est par des cheveux défaits pour le péché
Que ce parfum, sur mes pieds nus, sera séché.
Ne crois donc pas que ta chanson me scandalise;
Un cœur que je surprends ne peut, dans sa surprise.
Se reconnaître assez pour inventer un chant.
Mais il se trouble; il dit, dans son trouble touchant,
N'importe quel fragment de chanson coutumiére...
Et la chanson d'amour devient une prière!
« Celui qui boira l'eau que je lui donnerai
N'aura plus soif!... » Seigneur, je n'ai plus soif, c'est vrai.
Pour la première fois j'ai bu, pour la première !
Oh! je voudrais pleurer sur tes mains de lumière...
Comme il est bon! Il me les tend. Tu me les tends!...
J'avais si soif, si soif, et depuis si longtemps!
C'est ce vers quoi, sans fin, je reprenais mes courses.
L'eau vive, — et j'en connais toutes les fausses sources!
Quelquefois je croyais aimer, et qu'en aimant
Tout irait mieux, et puis je n'aimais pas vraiment.
Et je restais avec une âme encor plus sèche!...
Mais, dès qu'on me parlait d'une autre source fraîche,
L'espoir d'une eau nouvelle et de nouveaux chemins
Me faisait repartir, mon urne dans les mains!
Et je reconnaissais toujours la même roule,
Et le même bétail, au même endroit, qui broute,
Les mêmes oliviers tordus et rabougris,
Le même ciel d'azur ou le même ciel gris,
Et d'un geste pareil, mais d'une âme plus vieille.
Toujours, dans la citerne, hélas! toujours pareille
De volupté saumâtre et de trouble plaisir.
Je descendais toujours l'urne de mon désir...
Mais à peine à cette eau ma lèvre touchait-elle
Que déjà je brisais l'urne sur la margelle!
JÉSUS
Oh! Photine, mais tout cela, je le savais!
PHOTINE
Et maintenant, c'est dans la fraîcheur que je vais! Car mon âme a senti, de son ombre surprise. Sourdre, à flots de clarté, la fontaine promise! Jaillis, source d'amour, et monte en jet de foi, Et puis retombe en gouttes d'espoir, chante en moi. Chante! et suspends, au lieu d'une poussière infâme, Une poudre d'eau vive aux parois de mon âme!...
JÉSUS
Tu trouves maintenant des mots ingénieux,
Mais qui me touchent moins que les pleurs de tes yeux.
PHOTINE
Mes mots sont sans valeur, et mes yeux sont sans charmes!
JESUS
Les plus beaux yeux pour moi sont les yeux pleins de larmes. Et ne t'occupe pas des mots ; je les entends.
Instruis-moi.
JÉSUS
Je veux bien, là, pendant que j'attends. Mais tu me quitteras quand tu verras paraître Mes disciples.
PHOTINE, avec un geste vers sa cruche.
Avant de me parler, le Maître Ne goûtera-t-il pas à l'eau dont il voulut?
JÉSUS
Je n'ai jamais eu soif, sinon de ton salut.
PHOTINE
C'est vrai, naïvement j'offrais à boire au Fleuve!
JÉSUS
Chaque fois que je bois une âme, je m'abreuve.
PHOTINE
Je me couche à tes pieds. J'écoute.
JÉSUS
L'air est bleu.
Tout se tait... Je dirai le royaume de Dieu,
Et comment on le perd, comment on s'en rend digne. L'ivraie et le froment, le sarment et la vigne...
PHOTINE
J'écoute...
Je dirai le grain de sénevé, Le trésor enfoui, le diamant trouvé...
PHOTINE
J'écoute!
JÉSUS
... le danger des regards en arriére, Les mots qu'il faut choisir pour former la prière. Tout le troupeau quitté pour un agneau pjrdu...
PHOTINE
J'écoute!
JÉSUS
... le retour du Maître inattendu, Le grand chemin moins bon que la petite route. Et jeté parlerai de mon Père.
PHOTINE
J'écoute!...
Rideau,
La Porte de Sichem
Derrière le rideau, avant qu'il s'écarte, tumulte de voix joyeuses, cris bizarres, chants, éclats de rire.
Puis on découvre le marché qui se tient à la porte de Sichem. Grande place, sur laquelle débouchent d'étroites ruelles en pente. Maisons à toits plats. Minces petits
escaliers aux murs. A droite, la maison de Photine. Au fond, la porte de la ville, sorte d'allée voûtée, obscure et profonde, au bout de laquelle luit une
échappée sur la campagne et que surmonte la maison du Schoër, gardien de la porte ; tourelle d'où
ce gardien peut regarder au loin.
Grouillement d'un caravansérail. Haillons éclatants. Innombrables marchands. Étalages. Boutiques.
Encombrement de sacs, de couffins et de jarres. Vers le fond, les Anciens sont gravement réunis:
c'est à la porte de la ville que se traitent les affaires. Des enfants joue i Des jeunes gens
rient, s'amusent à soulever des pierres lourdes. Des femmes et des jeunes filles regardent les objets
à vendre, jacassent.
Pierre et les Disciples sont là pour acheter des vivres, repoussés et raillés par les marchands. — Le
Prèlre au fond, mêlé aux Anciens.