PREMIER MARCHAND
Non! Assez De cris!
PHOTINE
Je ne peux plus me taire, car je sais!... Je dois crier, — qu'on me repousse, qu'on me foule ! — Mon devoir est d'aller crier parmi la foule : Près du Puits de Jacob un jeune homme est assis!
Ses cheveux ont la couleur blonde; On croit voir l'arc-en-ciel qui rassure le monde
Dans chacun de ses beaux sourcils.
Grave, il reçoit, tenant une invisible palme,
L'ombre d'un invisible dais.
On le reconnaîtrait entre mille à son calme,
Et c'est Celui que j'attendais!
Un vent d'été, porteur d'un chant lointain, [qui passe
Dans un troène d'En-Gaddi, La flûte se mêlant aux fleurs dans l'air tiédi
C'est à quoi fait penser sa grâce!
Et quant à sa douceur, elle est divine, elle est...
Comme une plume de colombe.
Qui, blanche, quand l'oiseau se penche sur du lait.
D'une blancheur dans l'autre tombe!
UN MARCHAND
Elle ameute la foule !