‹ La Samaritaine, évangile en trois tableaux en vers. Représenté pour la premiere fois a Paris, sur le Théâtre de la Renaissance, le mercredi saintChapitre 35 sur 36 · UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FILLE

Ton grand manteau blanc glissera; Mais, comme les brises sont fraîches, Une de nous le retiendra...

Sans t'interrompre, si tu prêches!

PHOTINE

Et tu sentiras, tout le temps

Que tu parleras à nos âmes,

Sous tes mains des cheveux d'enfants,

Sur tes pieds des cheveux de femmes.

(Chacune, en parlant, est venue s'agenouiller devant Jésus, et a laissé tomber sa branche d'olivier ou son thyrse de fleurs. Sur les derniers mots de Pholine, elles s'inclinent toutes, et répandent leurs chevelures.)

IIG LA SAMARITAINE

JÉSUS

Je resterai deux jours, c'est tout ce que je puis. Deux jours je veux chez vous me reposer.

UNE FEMME

Et puis Tu reprendras ta route aux fatigues sublimes!

Et lorsqu'en t'éloignant tu fouleras les cimes De ces Monts d'Ephraïm qui mordent notre ciel, Tout au bout du manteau fleuri de Jizréel, Tes yeux distingueront sur la montagne, en face,

— Comme un petit troupeau qui, par moments, s'efface Et dont la synagogue est le berger peu net, —

Quelque chose de clair qui sera Nazareth!

JÉSUS

Ville dont mon enfance a couru les ruelles.

Tu me seras cruelle entre les plus cruelles.

Tu n'écouteras pas mon discours tout entier.

Et tu diras : « Mais c'est le fils du charpentier!... »

Ainsi ce sont les miens qui me seront contraires,

Et je trouve en pleurant, quand je cherche des frères,

— Symbole attendrissant de mes futurs destins, — Mes frères les meilleurs chez les Samaritains!... Mais il est dit qu'en son pays nul n'est prophète!

— Et que la volonté de mon Père soit faite!

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