‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 11 sur 52 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Avant que Tâpre vent exile les oiseaux, Disperse la feuillëe et sèche les roseaux 0 à j'ai coupé jadis mes flèches et mes flûtes, Je veux, assis au seuil qu'encadre la lambrusque, Revoir, avec mes yeux déjà demi fermés Sur ces jours, un à un, que nous avons aimés, La face que l'Année, en fuyant, mois à mois. Détourne, en souriant, de l'ombre qui fut moi.

Septembre, Septembre,

Cueilleur de fruits, tcilleiir de chanvre,

Aux clairs matins, aux soirs de sang",

Tu m'apparais,

Debout et beau,

Sur l'or des feuilles de la forêt,

Au bord de l'eau,

En ta robe de brume et de soie,

Avec ta chevelure qui roug-eoie

D'or, de cuivre, de sang et d'ambre,

Septembre,

Avec l'outre de peau obèse

Qui charge ton épaule et pèse

Et suinte à ses coutures vermeilles

Où viennent bourdonner les dernières abeilles!

Septembre !

Le vin nouveau fermente et mousse de la tonne

Aux cruches ;

La cave embaume, le grenier ploie ;

La gerbe de l'Eté cède au cep de l'Automne;

4G LA SANDALE AILÉI3

La meule luit des olives qu'elle broie.

Toi, Seig-neur des pressoirs, des meules et des ruches,

0 Septembre, chanté de toutes les fontaines.

Ecoute la voix du poème I

Le soir est froid ;

L'ombre s'allong-e de la forêt,

Et le soleil descend derrière les g-rands chênes.

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