‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 29 sur 52 · LE REFUS · texte numérisé non relu

LE REFUS

Merci d'avoir franchi le seuil de ma maison

Et de m'être venu rappeler la saison

Que j'oubliais au coin de mon foyer en cendre.

C'est vrai I La sève vive enfle l'écorce tendre

Et l'éternel printemps, une nouvelle fois,

Réveille le jardin et reverdit le bois!

Voici rire la source et chanter la fontaine

Et c'est vers la clarté que ton geste m'entraîne.. <

Mais, non ! reprends ta route et ne t'arrête pas

Ici. Mon pas pesant serait trop vite las

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Et mon talon trop lourd laisserait en arrière

Mon effort de s'unir à ta marche légère,

Et je ferais du bruit en buttant aux cailloux,

Et la Nymphe en riant s'enfuirait devant nous

Et de sa course, hélas ! par Técho prévenue,

Nous ne verrions tous deux que son épaule nue

Tandis que toi, tu peux la surprendre et, d'un bond,

La saisir, frissonnante et fraîche. Ainsi va donc

Seul dans le clair printemps qui t'appelle, et me laisse

Suivre d'un long regard attendri ma jeunesse

Qui ressemblait jadis à la tienne et va-t-en,

Loin du seuil où tu vins saluer en passant,

Par ce matin d'avril, celui qui fut toi-même

Autrefois, et qui te remercie et qui t'aime

Et souhaite à ta lèvre habile aux chants nouveaux

Une flûte coupée au plus vert des roseaux,

LA SANDALE AILES tOf)

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