MIROIR PERSAN
L'étroit miroir qui dort en sa boîte persane, Toute peinte de fleurs que traça le pinceau, Imite, sans que rien le tarisse ou le fane, La forme d'une feuille et la couleur de l'eau.
L'artisan de jadis a taillé dans le jade Son contour, qui remplit la paume de la main, Pour ce g-este qui fut le tien, Schéhérazade, Revoyant ton visage au soleil du matin 1
Il8 LA SANDALE AILEE
Car, chaque nuit, ta long-ue et merveilleuse histoire Suspend sur ton col nu le sabre redouté. Et ta lang'ue te vaut l'incertaine victoire De sourire, une fois encore, à ta beauté ;
Mais le temps implacable et qui n'a pas d'oreilles, Plus sourd que le Khalife ingrat et curieux. N'épargne pas la joue et la bouche vermeilles, Et la cruelle mort ferme les plus beaux yeux ;
Le miroir qui, peut-être, a miré la Sultane Reflète maintenant un visage nouveau, Et conserve toujours en sa boîte persane La forme de la feuille et la couleur de l'eau.
LA. SANDALE AILÉE J i Ç)