‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 34 sur 52 · SOUVENIR · texte numérisé non relu

SOUVENIR

C'est un lieu dont on se souvient, Gomme d'un visag-c ,

La pensée errante y revient, Quand l'esprit voyage...

Voici la ville et la villa Et ses salles peintes;

Nous nous sommes promènes là, Écoutant les plaintes

Des jets d'eau vaporeux et frais Et des cent fontaines

Et du vent dans les noirs cyprès Et des vasques pleines.

Nous avons respiré l'odeur

Du jardin en pente Qui sent l'eau, la feuille et la fleur

Et la mort vivante.

Les pas s'en vont ; l'ombre les suit,

Mais l'âme, ici, reste De ceux que l'amour a conduits

A la Villa d'Esté.

Elle est un lieu magicien Sur l'autre rivage ;

On en parle et l'on s'en souvient Gomme d'un visage.

LA SANDALE AILEE I s5

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