‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 36 sur 52 · RETOUR · texte numérisé non relu

RETOUR

Nous revoici sur celte grève, Ma Vie, une seconde fois ; L'heure fuit, monotone et brève Comme le sable entre tes doigts ;

La mer se lamente à la dune Où poussent les chardons marins, Et je sais que, ce soir, la lune Sera ronde à travers les pins.

L'aurore sera le silence

Et midi sera le soleil

Et ce jour, au jour qu'il devance,

Aura sans doute été pareil .

Mais ce modeste paysag-e, Le même, suffît à mes vœux Si j'ai devant moi ton visage, Car je retrouve dans tes yeux

Les beaux pays dont la lumière Plut à ton reg"ard enchanté Oui rêve, se voile ou s'éclaire, Du souvenir de leur beauté.

Et, lorsque, assise sur le sable, Tu le filtres entre tes doigts, En tes yeux est reconnaissable Le song'e lointain que tu vois :

iSs LA SANDALE AILÉK

C'est le Bosphore ou la Lagune, Onde de pourpre ou flot d'argent, Constantinople sous la lune, Ou Venise au soleil couchant I

LA SANDALE AILÉS i33

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