‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 45 sur 52 · STROPHES · texte numérisé non relu

STROPHES

J'ai tant reg'aidé ce visage Délicat et délicieux, Que je connais le paysag-e De votre bouche et de vos yeux ;

Je sais l'attitude diverse De votre corps couvert ou nu Quand il s'accoude ou se renverse Aux coussins qui l'ont soutenu j

Je sais ce que le rire ajoute Au charme de votre beauté, Et sa grâce lorsqu'elle goûte La tendresse ou la volupté ;

L'odeur de votre chevelure Et le parfum de votre peau Ont en mon souvenir qui dure Un arôme toujours nouveau.

Vous êtes les mots d'un poème Dont le sens caché transparaît; Mais de la strophe de vous-même Le rythme demeure secret.

Et, si je cherche votre nombre^ Il me semble, ô beauté, tout bas, Que j'entends s'eireuiller dans l'ombre Des roses que je ne vois pas.

LA SANDALE AILEE I ^Q

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