‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 14 sur 96 · DES SELLES · texte numérisé non relu

DES SELLES

Pour être en bonne santé, les excréments ne doivent être ni trop durs ni trop mous : ceux qui rendent des excréments trop durs et en petite quantité, sont échauftés et constipés. Pour rétablir l’ordre, il faut s’abstenir de liqueurs fermentées, éviter tout ce qui est échauffant et astringent et faire usage de pain de seigle, de légumes, de pruneaux, de laitage, de viandes blanches et de lavements faits avec une décoction de graine de

do lin à laquelle on ajoute de l’huile d’amandes douces ou d’olive.

Les personnes trop relâchées useront d’aliments qui fortifient et feront usage de lavements émollients, de tisane de riz, d’eau de gomme sucrée avec du sirop de coing.

Les selles régulières sont d'une grande importance pour la conservation de la santé. Une selle par jour suffit en général. Le moyen de se la procurer est de se lever de bonne heure, de se promener en plein air et d’avoir un régime régulier.

DES URIXES.

L’excrétion des urines est absolument nécessaire pour le maintien de la santé. L’urine retenue dans la vessie décide les affections les plus graves, les vomissements, les nausées, les frissons, la fièvre, le délire, l’assoupissement. 11 est donc essentiel de ne point retenir ses urines et d’obéir au besoin de les rendre dès qu’il se fait sentir. Tout ce qui peut en retarder l’excrétion ou la supprimer, est extrêmement dangereux. Il convient pour favoriser la sécrétion de l’urine d’avoir de l’exercice, de ne point rester trop longtemps au lit et surtout dans des lits mous et cbauds, l’excrétion excessive de l’urine, pour peu qu’elle dure, ne tarde pas à aflaiblir le corps et à faire tomber dans la consomption ; elle peut être le produit d’un usage immodéré de boissons aqueuses, de substances salines ou diurétiques.

DE LA TRAxXSriRATION.

La transpiration est d’une si grande importance pour la santé, que nous ne sommes exposés qu’à un petit nombre de maladies tant qu’elle a lieu ; sa suppression produit les rhumes, la grippe, la pleurésie, les fluxions de poitrine, la coqueluche, la phthisie, la goutte, les rhumatismes, les obstructions.

Aussitôt qu’on s’aperçoit qu’on est enrhumé, il faut rester dans une chambre dont la température soit douce et égale; prendre quelques bains de pieds dans lesquels on aura délayé 125 grammes de farine de moutarde et faire usage d’infusions bien chaudes faites soit avec la bourrache, soit avec des fleurs de violette.

Les causes de la suppression de la transpiration sont les variations de l’atmosphère et le froid humide, le passage subit du chaud au froid, les habits mouillés, les pieds humides, la vie sédentaire.

Les substances alimentaires font varier la quantité de cette excrétion i la chair de porc, les melons, les raisins, les figues fraîches, les concombres, les poissons et surtout 1 anguille, les substances grasses et huileuses retardent ou diminuent la transpiration. Au contraire, le pain bien fermenté et bien cuit, le mouton, le poulet, 1 augmentent d’une manière sensible.

Les moyens propres à rétablir la transpiration consiste dans 1 usage de frictions, de bains lièdes, de couvertures chaudes et sèches, de boissons sudorifiques, telles que : infusions soit de bourrache, soit de fleurs de violette ou de sureau ; mais on ne doit faire emploi de CCS infusions que lorsqu’il n’y a pas de fièvre, car elles

ne feraient que l’exaspérer et l’augmenter. L'exercice modéré est un des moyens les plus propres à favoriser la transpiration, surtout le malin, en, sortant du sommeil, ainsi que le pratiquaient les anciens.

On doit éviter d’habiter les maisons situées sur des terrains humides et marécageux et celles nouvellement bâties, soit à cause de l’humidité, soit à cause de l’odeur que fournissent le plâtre, la chaux, les peintures; on doit aussi éviter avec le plus grand soin, toute transition subite du chaud au froid.

Dü ÏABIC.

Le tabac est une herbe puante et sale qui épuise la bourse et la santé de tant d’individus en les rendant infects d’haleine et de vêtements.

L’usage du tabac affaiblit l’odorat et le goût, rend les digestions pénibles par la perte de la salive que les fumeurs rejettent continuellement et par l’excitation que produit sur l’estomac celle qu’ils avalent toujours imprégnée de fumée; il peut aussi provoquer une toux sèche, produire des douleurs et des crampes d’estomac, agacer les nerfs, échauffer et produire la maigreur chez les individus d’un tempérament sec et très-nerveux. Son usage excessif affaiblit le cerveau, l’épuise, trouble le sommeil, diminue la faculté de l’esprit, détruit la mémoire, cause des vapeurs, des vertiges, des éblouissements.

Les personnes auxquelles est funeste surtout l’aôî<sde la pipeet de la ch ique, son t celles qui on l la poi trine fa ible; qui sont sujettes à la toux, au rhume, à l'enrouement; celles dont l’estomac est délicat ou irriLé; celles qui,

quoique robustes, sont maigres et bilieuses, les jeunes gens et tous ceux qui ont les nerfs délicats et irritables.

L’usage modéré de la pipe peut être avantageux lorsqu’on a une tendance à trop engraisser; lorsqu’on habite une maison très-humide, dans les épidémies pour garantir de l’action des miasmes.

Le tabac à priser peut rendre quelques services dans les inflammations anciennes des yeux et des oreilles, dans les maux continuels de tête ainsi que dans les maladies du cerveau ; mais son abus irrite le cerveau, occasionne des étourdissements et peut disposer à plusieurs maladies.

En résumé l’usage du tabac, de quelque manière que ce soit, a beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages : c’est donc une mauvaise habitude qu’on ferait bien de ne pas contracter; car, en supposant même qu’il fût quelquefois utile et même nécessaire, pourquoi en faire un usage continuel ? ignore-t-on qu’un remède pris habituellement cesse d’en être un. N’estil pas prouvé que les poisons mêmes perdent leur effet à l’égard de ceux qui se sont familiarisés avec eux.

DES SAISOXS.

Il y a quatre saisons : le primtemps, l’été, l’automne et l’hiver.

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