ABSINTHE
Absinthe comimine, grande absinthe (famille des Synanlhérées).
Description. Tige droite, velue, d’une couleur obscure ; feuilles au bas de la tige, d’un vert pâle et fortement découpées; fleurs petites, jaunâtres et placées au haut de la tige.
Lieux. Elle croît naturellement dans les terrains incultes et pierreux; on la cultive dans les jardins.
Récolte. On cueille l’absinthe au mois de juillet, à l’époque delà floraison; on dispose ses sommités fleuries en guirlandes, puis on les fait sécher.
Propriétés, usages. L’absinthe est une des plantes indigènes les plus précieuses ; elle est considérée comme tonique, fébrifuge, apéritive, vermifuge, vulnéraire et emménagogue. On peut l’employer pour exciter l’appétit, faciliter les digestions, combattre les dyspepsies nerveuses; elle convient aux enfants soupçonnés d’affections vermineuses (Bossu). On s’en sert contre les aigreurs, les obstructions, contre la jaunisse, les pâles couleurs; elle provoque le flux menstruel chez les femmes dont le système utérin languit ou qui sont pâles
et sans énergie vitale; elle convient contre les fièvres intermittentes et contre la plupart des maladies chroniques (Julia de Fontenelle). Elle est aussi en usage dans l’atonie générale, la leucorrhée (Cazin).
Achille Richard fait observer que l’absinthe est un médicament très-énergique qu’il ne faut donner que quand on est assuré que l’estomac n’est pas affecté d’une irritation chronique. Les auteurs anciens ont remarqué que l’usage très-fréquent de l’absinthe nuit à la tôte et aux yeux.
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion aqueuse (dans l’eau), 4 à 8 grammes par litre d’eau, comme tonique, fébrifuge et vermifuge.
Infusion vineuse (dans le vin) que l’on prend par cuillerée à bouche à la fois : cette préparation peut remplacer chez les pauvres, le vin de quinquina et de Seguin pour combattre les fièvres intermittentes.
Décoction. Ghesneau dit que, si l’on fait bouillir les feuillesd’absinthe avec la racine de concombre sauvage, le tout dans deux parties d’eau et trois parties d’huile, on en tire un excellent remède pour guérir la migraine, si l’on fomente la partie malade avec de l’huile, et que l’on y applique le marc par-dessus.
Cataplasmes. On prépare un cataplasme en faisant bouillir l’absinthe dans du lait, avec quelques gousses d’ail. On l’applique sur le ventre des enfans tourmentés par les vers. Ruland et Ilulse prétendent que, dans l’esquinancie, le cataplasme fait avec des feuilles d’absinthe vertes, pelées et mêlées avec suffisante quantité de saindoux, appliqué chaudement, est un excellent remède.
Lavement vermifuge. Faire bouillir pendant quel-
ques minutes, dans l’eau nécessaire pour un lavement, feuilles d’absinthe, de rue et de sabine, de chaque, deux grammes ; passer et y ajouter deux grammes d’huile de ricin, pour un lavement à prendre toutes les fois qu’il faut débarrasser le gros intestin de la présence des petits vers ascarides qui y causent des démangeaisons souvent insupportables.
Vin d’absinthe. Feuilles sèches d’absinthe, deux à trois onces; vin généreux, trois litres. Au bout de vingtquatre heures d’infusion à froid, passer avec expression et filtrer. Ce vin est stomachique, provoque l’appétit et est excellent, comme fébrifuge, contre les pâles couleurs et la suppression des règles.
Sirop d’absinthe. On prendra 192 grammes (6 onces) de sommités ou de feuilles d’absinthe, quand la plante est dans sa vigueur ; on les coupera menu ; on les fera infuser, pendant cinq à six heures, dans environ un litre d’eau bouillante; puis on fera bouillir l’infusion jusqu’à réduction d’un tiers ; on la passera avec expression, et on ajoutera une livre de bon miel : on fera cuire le mélange, en l’écumant, jusqu’à consistance de sirop. Il facilite la digestion, fortifie l’estomac et tue les vers.
Fomentation contre l’enflure des jambes. Prenez : sommités d’absinthe, de lavande, d’origan, de thym, de sauge, de romarin, d’hysope, de chacune une demipoignée; versez sur le tout deux litres d’eau bouillante, et laissez infuser pendant deux heures; ajoutez un litre devin rouge; bassinez chaudement.
Culture de l’absinthe. On multiplie cette plante en divisant les vieux pieds garnis d’un peu de chevelus ; on plante ces éclats en quinconce, dans une terre labourée, et en les espaçant à deux pieds en tous sens. Cette plan-
tatioD doit se faire en automne ou en hiver, et on profile d un temps humide pour en assurer la reprise. On peut la laisser ainsi quatre à cinq ans et plus, jusqu’à ce que les pieds deviennent trop touffus.
ACÜE.
Céleri des marais (famille des Ombellifères).
Description. Tige grosse, ronde, creuse à l’intérieur; feuilles d'un beau vert, lisses, luisantes, semblables à celles du persil, mais beaucoup plus grandes; fleurs jaunâtres en ombelles.
Lieux. Cette planté croît dans les terrains humides et marécageux, aux bords des ruisseaux. On la cultive dans les jardins.
Propriétés, usages. L’ache est diurétique, résolutive et expectorante. La décoction de la racine dans du lait a été recommandée aux individus atteints de catarrhes pulmonaires, d’asthmes humides. Le suc ou jus des racines ou des feuilles a été conseillé par Tournefort, à la dose de six onces, au début du frisson des fièvres intermittentes, qui souvent, à l’aide de ce remède simple, ont disparu sans retour. On en fait usage dans les maladies de poitrine : il est bon en gargarisme, dans le scorbut, pour nettoyer les ulcères de la bouche. On en bassine aussi les cancers et les ulcères.
Les feuilles, pilées et appliquées sur les contusions, sont résolutives : aussi les emploie-t-on avec succès pour diminuer ou dissiper le lait qui gonfle ou engorge les mamelles des femmes, qui ne peuvent pas nourrir leurs enfants. On prend, dans ce cas, parties égales des feuilles de cette plante, de celles de menthe ou baume
qu’on fait bouillir dans da saindoux; on passe et on saupoudre ce qui est passé avec la poudre des semences d’ache. On applique ce remède chaud sur les mamelles.
PnÉPARATIONS, DOSES.
Décoction (racine), 30 à 50 grammes par litre d’eau, comme diurétique, bien usité.
Tisane contre l’asthme. Racine d’ache, de bardane, de chiendent et d’aunée, de chacune 30 grammes ; î feuilles de capillaire, une poignée; marrube et hysope, de chacun une pincée ; semences de fenouil, 16 grammes ; faites bouillir le tout dans trois pintes d’eau, pour boisson ordinaire.
AIGRÉMOINE.
Aigrimorne, ingrémoine, eupatoire des Grecs (famille des Rosacées).
Description. Tige dressée et poilue ; feuilles lancéolées, dentelées, blanchâtres en dessous; petites fleurs Jaunes disposées en grappes.
Lieux. Cette plante croît abondamment le long des chemins, sur la lisière des bois, dans les champs et les prairies.
Récolte. On la cueille pendant tout l’été ; elle perd son odeur et une partie de sa saveur par la dessiccation.
Propriétés, usages. L’infusion d’aigrémoine a été préconisée dans les flueurs blanches, les écoulements involontaires et trop abondants de l’urine, la dyssenterie, les coliques néphrétiques causées par des graviers (Julia de Fontenelle).
Chomel dit que l’aigrémoine a étô employée en décoction pour combattre les maladies du foie, les crachements et vomissements de sang et, à l’extérieur, pour résoudre les engorgements, guérir les luxations et les loulures. La décoction d’aigrémoine avec l’onm à laquelle on ajoute du sirop de mûres, est le gargarisme le plus ordinaire pour les maux de gorge et les ulcères de la bouche.
irépahations, doses.
Infusion (feuilles), 2 à 3 pincées par litre d’eau pour tisane.
Décoction (feuilles), 30 à 40 gr. par litre d’eau pour gargarisme, à laquelle on ajoute du miel ou du vinaigre, si 1 on veut rendre le gargarisme plus astringent.
Cataplasme. On fait bouillir la plante avec du son de froment dans de la lie de vin, on applique sur les tumeurs à résoudre, les foulures (tragus).
Gargarisme CONTRE le scorbut. Feuilles d’aigrémoine une poignée, feuilles de souci une poignée; faites bouillir le tout dans une pinte d’eau commune ; ajoutez, un moment avant de retirer du feu, une poignée de feuilles de cochléaria ; passez avec expression et ajoutez une once de miel rosat.
Gargarisme pour nettoyer les ulcères de la gorge. Feuilles daigrémoine, de véronique, de sauge, de chacune une poignée ; fleurs de millepertuis et de coquelicot, de chacune une demi-pincée; faites infuser le tout dans un litre d’eau bouillapte pendant une heure; ajoutez à la décoction 64 gr. de miel rosat pour s’en gargariser.
Kecette contre l’ozène (ou nez punais). Prenez
feuilles d’aigrémoine, de plantain, de chaque une poignée; petite centaurée une demi-poignée; orge, une poignée ; roses rouges, une pincée ; faites bouillir le tout dans trois chopines d’eau ferrée pour réduire à une pinte ; ajoutez ensuite deux onces de miel rosat ; passez le tout et servez-vous-en pour en renifler souvent dans la journée.