‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 33 sur 96 · CAROTTE · texte numérisé non relu

CAROTTE

(Famille des Ombellifères.)

Lieux. La carotte sauvage croît dans les champs, sur le bord des chemins, dans les prés. Elle est cultivée dans les jardins.

Propriétés, usages. La racine de carotte, en décoction, a été conseillée comme apéritive dans la jaunisse. Suivant Deshois de Rochefort, la carotte prise comme seule nourriture, guérit le carreau des enfants. On a

vanté sa pulpe fraîche et râpée, appliquée en . cataplasme sur les tumeurs ouvertes, les gerçures du sein, les brûlures, les affections dartreuses et scroluleuses, et sur les engorgements des mamelles. Quelques auteurs considèrent la carotte crue comme vermifuge.

Les feuilles sont vulnéraires, et les semences passent pour carminatives.

PRÉPARATIONS, ROSES

Décoction (racine), 30 à 50 grammes par litre d’eau.

Infusion (graine), 1 à 4 grammes par litre d’eau bouillante, comme carminatif.

Suc DE CAROTTE. On choisit des carottes très-fraîches, on les râpe et on les soumet à la presse, on laisse- déposer le jus pendant quelques heures, puis on filtre. Le jus de carotte est très-sucré, il est employé contre la jaunisse et pour faire disparaître le lait des nourrices et des accouchées. La dose est d’un verre le matin à jeun.

Remède contre l’extinction de voix, la toux opiniâtre ET l’asthme. On fait cuire deux ou trois carottes rouges dans l’eau pendant un quart d’heure, on passe à travers un linge, on ajoute par verre de jus de carotte deux verres d’eau. Celte dose se prend dans la journée en trois ou quatre fois.

CARVI.

Cumin des prés (famille des Ombellifères.)

Description. Tige droite et rameuse; fleurs blanches disposées en ombelle au sommet des rameaux ; ra-

cme charnue d’une odeur analogue à celle de la carotte.

Lieux. Cette plante est très-commune dans les prairies, on la cultive dans les jardins.

Récolte. Elle se fait comme pour l’anis.

PnopRiÉTÉs, USAGES. Los semencos de carvi sont douées d’une odeur aromatique analogue à celle du fénouil, elles sont stimulantes et carminatives; on les emploie en infusion dans la faiblesse des voies digestives, la cardialgie (picotement dans l’estomac), les coliques venteuses, pourvu que les affections ne soient pas l’effet d’une inflammation, mais d’une véritable atonie (faiblesse). La racine est regardée comme stomachique et diurétique; elle se rapproche de celle du panais, et sert d’aliment aux habitants du nord de l’Europe. Sa décoction est souvent employée dans les tisanes et dans les lavements carminatifs (contre les vents).

PRÉPARATIONS, DOSES

ÏNEUSÎON (graine), 5 grammes par litre d’eau.

Culture du carvi. La culture de cette plante est peu répandue; on la sème en automne ou à la fin de l’hiver dans une terre fraîche et bien labourée, on la cultive particulièrement pour sa graine. Le planta besoin d’être sarclé deux ou trois fois dans le courant de l’année suivante.

CASSI8.

(Famille des Ribésiées.)

Description. Tiges rameuses; feuilles ressemblant beaucoup à celles de la vigne ; fleurs formant des grappes simples.

Lieu. Cet arbrisseau est cultivé dans les jardins.

Propriétés, usages. Le cassis est doué de nombreuses propriétés médicinales. La décoction de ses feuilles fortifie l’estomac, en fait cesser la douleur et excite l’appétit; elle est spécifique pour guérir la jaunisse, les pâles couleurs et les incommodités qu’elles causent: elle est utile dans les obstructions de la rate et du foie, l’endure du visage et l’hydropisie.

Le cassis est antivenimeux : si l’on est piqué de quelque bête venimeuse, il faut aussitôt piler deux bonnes poignées des feuilles, en exprimer le suc dans du vin blanc, et on fait prendre au malade cette préparation. Pour les blessures et piqûres venimeuses des moucherons, frôlons, guêpes ou abeilles, il faut faire infuser quelques feuilles sèches dans du vin hlanc, et après avoir fait saigner la plaie, appliquer ces feuilles de^us. Pour les panaris ou les tumeurs qui viennent à 1 extrémité des doigts, on exprime les feuilles dessus avec le marc, et on enveloppe bien le bout des doigts couverts de ces feuilles.

Il a été constaté que l’usage d’infusions de feuilles de cassis, en guise de thé, a fait disparaître des fièvres tierces et des fièvres quartes.

Infusion ou décoction (feuilles et sommités), 30 à 60 gr. par litre d’eau.

Yin de cassis. Mettez dans un bocal deux litres de vm blanc ou rouge : jetez-y deux poignées de feuilles de cassis; laissez infuser à froid, pendant vingt-quatre heures ; passez. ^

Sirop de cassis. Il faut avoir un grand coquemar, le remplir de feuilles de cassis; mettre sur ces feuilles le

meilleur vin blanc que vous pourrez trouver ; laisser infuser à froid pendant 8 ou 10 jours et ajouter du vin chaque jour, afin que les feuilles ne restent jamais découvertes, et tenir le vase bien bouché ; faire bouillir ensuite et passer la liqueur. Sur une livre de cette liqueur, mettre une livre et demi de sucre et faire bien cuire ; laisser refroidir et mettre en bouteille.

Remède très-puissant contre les nœuds de la GOUTTE. Feuilles de cassis, laurier commun, sauge, romarin, de chacun une poignée; mettez le tout dans un pot de terre bien vernissé, que vous remplirez de vin blanc; mettez-le ensuite sur des cendres chaudes, pour faire infuser sans bouillir. Après vingt-quatre heures d’infusion, servez-vous de cette liqueur en frot tant bien les mains l’une contre l’autre, surtout aux endroits où sont les nœuds, et réitérez d’heure en heure. Il faut que cette préparation soit chaude quand vous vous en servez et continuer ce remède pendant quelque temps.

CENTAURÉE (petite).

Herbe à Chiron, herbe à la fièvre, fiel de terre (famille des Genlia-

nées) .

Description. Tige élevée; feuilles ovales et aiguës; fleurs roses et petites, formant une espèce de bouquet à la partie supérieure des tiges.

Lieux. Les bois, les prairies, les terres sablonneuses produisent abondamment cette jolie petite plante, où elle épanouit ses fleurs aux mois de juillet et d’août.

Récolte. Elle se fait au moment de la floraison.

Propriétés, usages. La petite centaurée est tonique.

stomachique, fébrifuge et vermifuge. On emploie ordinairement les sommités fleuries. L’infusion de cette plante ranime l’acHon affaiblie de l’appareil digestif ; elle a ôté employée dans la dyspepsie, les fièvres intermittentes, les pâles couleurs, les affections scrofuleuses. Bnchan en a fait usage contre le scorbut. La décoction est propre aux obstructions du foie et de la rate et à faire mourir les vers.

Cette plante, dit Cliomel, est fébrifuge par excellence; on en môle souvent une poignée dans 16 grammes de quinquina qu’on fait infuser pendant 24 heures dans un litre de vin blanc.

Ce remède empertc les fièvres que le quinquina seul n’aurait pu déraciner.

phépauations, doses.

Infusion (sommités), 10 à 30 grammes par litre d’eau.

Vin de centaurée. 60 grammes par litre de vin. Contre les affections atoniques de l’estomac (Hoeffer.)

Eau de santé. Prenez : petite centaurée, romarin, chicorée, mélisse, du tout une demi-poignée; faites infuser pendant 24 heures dans un litre d’eau ; passez cette infusion par un linge, puis ajoutez : eau de romarin, de mélisse, suc de roses, suc de chicorée, du tout 64 grammes, 16 grammes de rhubarbe, faites infuser le tout pendant 48 heures, après quoi vous passez l’infusion. Cette eau est bonne dans la pituite pour fortifier l’estomac et purger doucement.

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