CERFEUIL
Cerfeuil cultivé (Famille des Ombellifères).
Lieu. Cette plante, que tout le monde connaît, est cultivée dans les jardins pour ses propriétés médicinales, économiques et culinaires.
Propriétés, usages. Peu de plantes, dit Mocquart, sont plus amies de l’estomac. Le cerfeuil semble convenir à tous les âges, à tous les tempéraments : son emploi n’est pas borné à l’économie domestique, les médecins s’en servent avec succès pour la guérison de diverses maladies. Doué d’une vertu stimulante modérée, il porte principalement son action sur les organes glanduleux, ce qui le rend fort utile dans les affections des viscères (entrailles), et dans les affections des voies urinaires. On prescrit le suc ou jus de ses feuilles à l’intérieur comme apéritif et désobstruant, contre la jaunisse et les engorgements du foie; son infusion convient dans l’hépatite chronique, les engorgements laiteux des mamelles. Le jus de cerfeuil pris à la dose de C4 grammes avec autant de bouillon de veau est un bon remède dans la jaunisse et les pâles couleurs. On pense que pour les chutes et les coups violents, la décoction de cerfeuil prise intérieurement, ou le marc de la plante appliqué sur la partie meurtrie, dissolvent le sang coagulé.
llivière assure avoir vu réussir, dans l’hydropisie, le jus de cerfeuil à la dose de 32 grammes avec autant de vin blanc, en prenant celte potion plusieurs matins de suite. Roques confirme cette opinion et est d’avis que ce jus délayé dans du petit-lait ou dans une décoction
de chiendent, peut contribuer à la guérison de cerlaincf? hydropisies, eu facilitant le cours des urines,
Pleuck conseille le jus de cerfeuil à grandes doses, dans du petit-lait contre les dartres.
Buchan a ordonné, dans les constipations opiniâtres, l’emploi du bouillon aux herbes fait avec le cerfeuil, l’oseille, la poirée, la laitue, à la dose d’une poignée chacune, auquel on ajoute un peu de beurre.
A l'extérieur cette plante est employée soit en lotions, soit en cataplasmes dans les hémorroïdes, les engorgements laiteux, les érysipèles, l’ophthalmie (inflammation du globe de l’œil). Le Journal de médecine et de chirurgie constate la guérison d’une ophthalmie intense avec sécrétion muqueuse, au moyen de cataplasmes faits avec cette plante cuite pendant dix minutes, placés à nu sur la partie affectée, en ayant soin de soumettre en même temps l’œil malade à de nombreuses lotions avec la décoction de cerfeuil.
Cazin dit avoir souvent employé le cerfeuil pilé, en cataplasmes, sur les mamelles engorgées.
Simon Pauli et Tournefort ont conseillé le cataplasme de cerfeuil passé par la poêle avec le beurre, appliqué sur le ventre, dans les tranchées et la rétention d’urine.
La décoction de cerfeuil dans du lait, versée dans un bassin sur lequel on s’assied, apaise les douleurs des hémorroïdes.
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion. 30 à 60 grammes par litre d’eau ou de petit-lait.
Décoction. Môme quantité pour lotions.
Yin de santé. Sur la fin d’avril et au commencement
de mai, prenez une bonne poignée de jeune cerfeuil avec un peu moins de petite centaurée que vous ferez infuser dans environ deux litres de vin blanc ; prenez aussi 60 grammes de miel que vous ferez bouillir dans un demi litre d’eau de rivière, ayant soin de le bien écumer: après quoi mêlez et laissez le tout ensemble pendant vingt-quatre heures au bout desquels vous passerez le vin par un linge.
Ce vin débarrasse les humeurs glaireuses de l’estomac, donne de l’appétit et tient le ventre libre.
Culture du cerfeuil. On le sème en été tous les quinze jours, si l’on veut jouir sans interruption doses feuilles. Les semences doivent être très-peu recouvertes: elles lèvent au bout de quelques jours.
CERISICR.
(Famille des Rosacées.)
Propriétés, usages. Les cerises sont rafraîchissantes, tempérantes et diurétiques: elles sont amies de l’estomac et excitent l'appétit.
Les cerises rouges, et notamment celles de Montmorency, sont plus salubres et plus agréables : on en exprime le jus qu’on délaie dans une suffisante quantité d’eau sucrée, pour former une boisson qu’on donne avec avantage dans les fièvres inflammatoires bilieuses, les embarras gastriques, les obstructions des viscères, les inflammations des intestins, la jaunisse, la constipation. Cette boisson, à la fois sucrée et acidulée, convient singulièrement aux malades. Elle tient le ventre libre et favorise l’évacuation de l’urine. Les cerises rouges crues, mangées en grande quantité, ont (ait disparaître
des constipations opiniâtres. On peut les permettre cuites ou crues aux malades qui éprouvent de la chaleur dans les entrailles.
Tissot recommande l’infusion des queues de cerises dans les catarrhes pulmonaires opiniâtres. La décoction a été employée dans la gravelle, les chaleurs de la vessie et de l’urine.
Fernel cite plusieurs exemples de mélancoliques guéris par la décoction de cerises desséchées.
PRÉPAHATIONS, DOSES.
Vm DE CERISES. On prend des cerises bien mûres: on les écrase après avoir ôté les queues et les noyaux, et on les fait fermenter dans un baril ou dans une cruche pendant quelques jours, après quoi on exprime le jus et on le verse dans un autre baril ou vase quelconque en ajoutant les noyaux qu’on aura cassés avec une demilivre de sucre par litre de jus: la fermentation recommence. Quand elle a cessé vous soutirez la liqueur ou bien vous la passez pour la conserver dans des bouteilles bien bouchées. Ce vin de cerises se conserve pendant plusieurs années : il est stomachique. On le prend par petits verres dans la gravelle, la rétention d’urine, etc.
Sirop de cerises rouges. On prendra des cerises avant leur parfaite maturité : on les écrasera, on en tirera le suc ou jus qu’on laissera dépurer au soleil pendant deux jours: on le filtrera: on y mêlera un égal poids de sucre blanc, et l’on fera cuire le mélange en sirop. Il rafraîchit, désaltère et tempère la bile. On le prend avec de l’eau.
Potion contre les convulsions des enfants. Prenez eau de cerises noires, fleurs de tilleul, de chacune une
once : poudre de valériane, 1 gramme : mêlez le tout, pour une potion à prendre par cuillerées de deux heures en deux heures.