‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 47 sur 96 · FOUGÈRE MALE · texte numérisé non relu

FOUGÈRE MALE

(Famille des Fougères.)

Description. Les feuilles partent de la racine et sont crénelées; sa racine est une espèce de souche qui se compose de plusieurs tubercules disposées autour du même axe.

Lieux. Cette plante croît dans toute l’Europe, dans les lieux ombragé et humides.

Récolte. On peut arracher la racine en tout temps, pour remployer fraîche, mais il vaut mieux la cueillir dans l’été.

PnopniiîTÉs, USAGES. La racine de fougère mâle passe, depuis les temps les plus reculés, comme un excellent remède contre le ver solitaire. On emploie la poudre de la racine en décoction, pour combattre les vers intestinaux, surtout tes gros lombrics.

PRÉPAKATIONS, DOSES.

Décoction (poudre de la racine), 30 grammes dans un demi-litre d’eau qu’on fait bouillir pendant vingt minutes.

Décoction contre les vers. Racine de fougère mâle, de valériane, de chaque 30 grammes ; racine de grenadier, 30 grammes; absinthe et taiiaisie, de chaque 15 grammes ; faites bouillir le tout pendant une demiheure dans environ deux litres d’eau, passez et ajoutez du sucre pour adoucir.

rXl.'llETERRE.

Fiel de terre, fumclerre officinal (famille des Fumariacées).

Description. Tige carrée, garnie de petites branches; feuilles fortement découpées ; fleurs d’un rouge vineux, formant de petites grappes.

Lieux. On rencontre fréquemment cette plante, en ôté, dans les lieux cultivés, dans les jardins, dans les vignes.

Récolte. C’est aux mois de mai et juin qu’on récolte la fumeterre, lorsqu’il a beaucoup de feuilles et peu de fleurs ouvertes. On le lait sécher promptement.

Propriétés, usages. La réputation delà fumeterie est très-ancienne. Galien avait déjà signalé ses vertus médicinales. C’est une des plantes indigènes les plus

recomoiandablcs; elle est tonique, fondante, dépuralive (qui purifie le sang), vermifuge (contre les vers), fébrifuge (qui chasse la lièvre) et anliscorbu tique.

On l’emploie, soit en infusion ou on décoction, dans la débilité des voies digestives, la •jaunisse, les pâles couleurs, les obstructions du foie et de la rate, la goutte, la gale, les dartres, les scrofules. Gilibert la recommande dans les maladies chroniques de la peau. ^

Pinel rapporte la guérison d’une dartre invétérée, par l’usage, pendant six mois, delà fuiùe terre infusé dans du lait, et de lotions sur la partie avec la même infusion.

Le suc ou jus delà fumeterre mêlé avec celui de pissenlit et délayé dans du petit lait, est un purgatif qui convient dans la constipation.

Roques dit avoir vu des enfants affectés de scrofules et dévorés par la fièvre, passer rapidement à un état plus calme, par l’usage du petit lait mêlé avec le jus de fumeterre, de chicorée et de cerfeuil.

PRÉPABATIONS, DOSES.

Infusion, 6 à lo grammes par litre d’eau.

Décoction, 8 à 15 grammes par litre d’eau ou de lait.

Suc EXPRIMÉ. Prenez une certaine quantité de la fumeterre frais, de cerfeuil, de chicorée ou de pissenlit, pour en exprimer 5 ou 6 onces de jus que vous mêlerez dans un litre de petit lait. C’est la meilleure préparation et la plus certaine dans scs elTcls.

Sirop de fumeterre. Prenez de la fumeterre dans sa vigueur ; pilez-la pour en exprimer le jus ; passez ensuite à travers un linge , mêlez parties égales de.ee jus et de sucre blanc ; faites bouillir ce mélange en consistance de sirop, ayant soin d’écumer de temps en temps.

Ce sirop, dit Lemery, est propre pour la gale, les dartres, pour exciter Turine et purifier le sang. Les enfants atteints de gourme ou croûtes de lait, de débilité des voies digestives, et d’affections vermineuses, se trouvent très-bien de 1 usage du siropdelafumeterre qu’on administre seul ou mêlé à la décoction de pensée sauvage (Cazin).

GEÎXÉVRIER.

Geuièvre-pétrot (famille des Conifères).

Cet arbrisseau toujours vert, rameux et difforme, d'un aspect sauvage, croît sur les collines incultes et pierreuses, dans les terrains montueux, stériles, incultes. Il fleurit aux mois de mars et avril.

Récolte. Les fruits, qu’on appelle ordinairement baie de genièvre, restent verts pendant deux ans. Ce n’est qu’à la troisième année qu’ils mûrissent et deviennent d’un brun noirâtre. La récolte de ces fruits se fait dans les mois d’octobre et de novembre. On les sèche facilement en les étendant dans un grenier et les remuant souvent.

Propriétés, usages. Le genévrier occupe un rang fort distingué dans les matières médicales indigènes ; on utilise scs fruits, ses sommités et son bois. Les baies de genièvre sont employées en infusion : 1“ comme stimulantes, toniques, stomachiques, dans le scorbut, les cachexies, les débilités de l’estomac, les engorgements des viscères abdominaux ; 2° comme modifiant les sécrétions muqueuses, dans les catarrhes, la leuchorrée (ou fleurs blanches), la blennorrhagie (ou inflammation du canal urinaire), le catarrhe de la vessie; 3“ comme

diurétique dans les hydropisies, les calculs, la gravelle.

M. Cazin associe aux baies de genévrier la racine d’aunée et celle d’angélique, dans le traitement des fleurs blanches.

Lange rapporte que l’infusion des baies de genévrier concassées dans du lait de chèvre bouillant, et administrée, pendant plusieurs jours, aux malades atteiat^ de la gravelle, débarrasse les reins sans aucune espèce d’irritation, et que l’urine charrie de petits calculs mêlés à une grande quantité de sable fin.

Le bois de genévrier est sudorifique ; on a préconisé sa décoction contre le rhumatisme, la goutte, les maladies de la peau.

Quelques auteurs ont vanté son efficacité dans la syphilis.

A 1 extérieur, on emploie la décoction de genévrier en lotion sur les ulcères atoniques et scorbutiques.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (baies), IS à 30 grammes par litre d’eau. Cette boisson communique à l’urine une odeur de violette, preuve de son action sur les reins.

Décoction (bois ou copeau), '60 grammes par litre d’eau, comme sudorifique et pour lotion à l’extérieur, sur les ulcères, etc. ’

Fumigations. On met des baies entières ou réduites en poudre sur des charbons ardents, on imprègne de la vapeur soit des flanelles avec lesquelles on fait des frictions stimulantes et toniques, soit les draps du lit avec la bassinoire.

Vin DE GENIÈVRE. Prenez : baies concassées, 32 gr.; rameaux de l’arbuste coupés menus, 16 grammes • vin blanc, un litre; laissez infuser pendant trois jours;

passez et ajoutez 32 grammes de sucre. On prend, de temps en temps, deux ou trois cuillerées de ce vin, pour ranimer les tissus organiques et pour provoquer le cours des urines. On augmente son action tonique en y ajoutant une pincée de petite absinthe et 16 grammes de racine de raifort sauvage. Ce vin stimulant a quelquefois guéri des hydropisies rebelles, des fièvres intermittentes de l’automne, que le quinquina rendait encore plus opiniâtres. Il excite l’appétit et réveille les fonctions digestives (Roques).

Limment contre la teigne. Prenez des baies de genèvrn'r bien menues ; pilez-les et faites bouillir avec du saindoux ; passez ensuite par un linge. On commencera par laver la tète avec une forte décoction de feuilles et de racine de mauve ou de guimauve faite dans l’urine d’une personne saine. On fera ensuite l’onction avec le liniment, et on couvrira la tète d’un papier brouillard. On continuera, pendant quelque temps, tous les jours. Durant le traitement, on prendra la tisane de racine de patience, trois verres par jour.

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