‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 50 sur 96 · HOUBLON · texte numérisé non relu

HOUBLON

Houblon grimpant (famille des Urticées).

Description. Tige sarmenteuse et grimpante, rude au toucher; feuilles échancrôes en cœur à leur base; les fleurs mâles sont disposées en petites grappes et les

femelles sont ramassées et forment une espèce de cône écailleux.

Lieux. On rencontre le houblon dans les lieux incultes et ombragés, au bord des bois, dans les buissons. Récolte. Cette plante fleurit au mois de juillet, ses , fruits ou cônes se récoltent en août et septembre; on les fait sécher au four et ils se conservent aisément. Propriétés. Le houblon est tonique, fébrifuge, anti- I scrofuleux et vermifuge, on le donne ordinairement en infusion et en décoction. Les fruits ou cônes sont 1 employés contre la cachexie (c’est-à-dire le dépérisse-

ment qui survient après de longues maladies), contre le scorbut, les scrofules, la goutte, les faiblesses d’estomac, les Heurs blanches, le carreau, les alTeclions calculeuscs, l alTaiblissement des voies digestives, la gale et toutes les maladies de la peau. L’infusion de houblon est recommandée dans les maux de gorge avec enrouement, dans les toux convulsives, le crachement de sang; elle produit un bien manifeste lorsqu’on l’a fait prendre aux enfants qui sont pâles et boulFis, qui ont peu d’appétit, mais dont les organes digestifs ne sont pas irrités; on môle cette infusion avec un sixième de vin et on fait prendre cette boisson en mangeant. Le houblon, dit Cazin, est souvent employé dans les campagnes ; c’est un excellent fébrifuge contre les fièvres de l’automne, je l’administre en infusion ou en décoction dans l’eau à laquelle je mêle quelquefois une certaine quantité de vin.

Les lavements de décoction de cônes de houblon sont vermifuges.

Coste et Wilmet prétendent que la racine de houblon peut être substituée à la salsepareille comme ayant toutes les vertus de cette dernière.

Les anciens recommandaient de manger du houblon au printemps en forme d’asperges ou en salade pour purifier le sang; ils en faisaient usage en décoction dans les obstructions de la rate et du foie, dans la jaunisse et la rétention d’urine.

PHÉPAHATIONS, DOSES.

Infusion ou décoction, (cônes) 15 à 30 grammes par litre d’eau.

Boisson antisgrofuleuse. Prenez : sommités fleuries de hQublon une pincée, racine de garance 4 à 8 gram-

mes; faites bouillir avec deux ou trois feuilles de noyer dans un litre et demi d’eau réduit à un litre: ajoutez à la collaturc refroidie, teinture de mars tartariséc une cuillerée à café.

On prend cette boisson tous les jours en quatre verres, deux le matin, deux le soir.

msoPE.

Hysope officinale (famille des Labiées.)

Description. Tiges droites et rameuses; feuilles ( vales, pointues, d’un vert foncé; fleurs bleues formant épi.

Lieux. Elle vient naturellement dans le midi de l’Europe, où elle se trouve sur les murs des vieux châteaux, dans les montagnes et sur les collines.

PiÉcoLTE. La récolte peut se faire avant la floraison pour les f.milles, mais on préféré les sommités fleuries.

Propriétés, usages. On accorde cà cette plante des propiiétés toniques, stomachiques, diurétiques et sudorifiques. L’infusion est recommandée dans l’asthme humide des vieillards, dans les catarrhes pulmonaires chroniques, dans 1 asthme muqueux ou pituiteux. On 1 administre pour augmenter l’action de l’estomac et des intestins, contre 1 inappétence, les flatuosités des hypocondriaques. On s’en sert encore chez les sujets faibles lorsque l’éruption languit, dans les différentes malales de la peau et dans les rhumatismes d’ancienne üate. Dette infusion augmente encore la sécrétion de 1 urine. Elle est généralement recommandée dans les affections des bronches et des poumons. Dans ce cas et orsqu 1 0 a trop d irritation, on lui associe souvent des

fleurs de mauve, de guimauve, de bouillon blanc pour en modérer l’action. On la donne avec succès dans la débilité. des voies digestives, les coliques venteuses, la gastralgie, les pâles couleurs, la suppression des menstrues. On en fait usage, en gargarisme, dans l’angine muqueuse.

Le sirop [d’hysope, tant simple que composé, fait pmissamment expectorer (cracher). Ce sirop, auquel on ajoute quatre fois autant d’eau de pariétaire, est, dit-on, excellent pour les calculs et pour la gravelle.

• La tisane faite avec l’hysope, les figues, la rue et le miel, est bonne contre les vieilles toux.

 l’extérieur, cette plante est résolutive et vulnéraire, elle est excellente pour les écorchures, les meurtrissures et particulièrement celles des paupières. On pile les sommités d’hysope, on les renferme dans un sachet, et on les fait bouillir dans de l’eau que l’on applique sur les yeux. La décoction d’hysope est employée contre le tintement d’oreille; on reçoit dedans la fumée avec un entonnoir.

rnÉPARATIONS, DOSES.

Infusion, 8 à 16 grammes par litre d'eau.

Décoction, 10 à 25 grammes par litre d’eau, pour lotions, fomentations, injections et gargarisme.

Sirop d’hysope. Sommités ■ sèches d’hysope, 180 grammes; eau distillée, deux litres; faites bouillir au bain-marie couvert pendant deux heures; laissez refroidir et filtrez; ajoutez à la liqueur du sucre blanc, dont le poids sera double de celui delà décoction ; faitesle dissoudre, à la chaleur du bain-marie, dans un vase fermé ; passez le sirop après qu’il sera refroidi.

Eau-de-vie aromatique. Prenez ; hysope, thym,

sauge, absinthe, romarin, origan, mélisse, de chacun une poignée; mettez ces plantes dans un vase de grès tenant environ six litres; remplissez-le d’eau-de-vic, et bouchez-le exactement. Cette eau est excellente pour toutes les blessures. On l’emploie intérieurement dans la colique et blessures internes, qui pourraient être occasionnées par des chutes. Elle fortifie aussi la vue et le cerveau, et réjouit le cœur. La dose est d’une ou de deux cuillerées, soit seule ou tempérée de quelque liqueur convenable. Le marc et les feuilles de cette infusion s’appliquent avec succès sur les contusions et les entorses. On se sert de cette eau dans les rhumatismes et les paralysies; on la fait chauffer et on bassine la partie malade.

Remède contre la toux. Hysope, raisins secs, figues grasses, de chacun une petite poignée ; réglisse, une once; faites bouillir le tout dans un litre d’eau jusqu’à réduction d’un tiers. Passez, pour prendre trois fois par jour un demi-verre, deux heures avant le repas.

Culture de l’hysope. Cette plante se multiplie de graines et de rejetons, mais plus particulièrement de cette dernière façon qui est plus sûre et plus facile. On la plante en bordure autour des carrés dans les mois de mars et de septembre de la même manière que la lavande.

JOUBAivBÉ (grande).

Joubarbe des toits (famille des Crassulacées),

Description. Tige simple, grosse et dressée; feuilles ovales, épaisses et charnues; fleurs roses, purpurines, disposées en épis.

Lieux. Celle planlc se renconlre sur les loils de chaume, les vieux murs, les ruines.

Récolte. Il laul choisir les feuilles les plus forles. On ne les fail jamais sôcher.

Propr-.étés, usaoes. Les feuilles de joubarbe, seule parlie employée, ont élé considérées comme propres à comballre les brûlures, les in flammalions superficielles, les coupures récentes, étant appliquées extérieurement. Le suc ou jus de celle plante mélangé avec de l’eau et du miel, constitue un bon gargarisme contreiesaphlhcs ou petits ulcères de la bouche, et le muguet (inflammation épidémique de la bouche et de la gorge). On a employé la même préparation en applications sur le front pour calmer le mal de tête et le délire. La feuille de joubarbe est employée pour la guérison des cors aux pieds. Celle opération consiste à amollir les cors par plusieurs bains de pied chauds, les couper sans attaquer les parties saines, et appliquer dessus une feuille de joubarbe, de lierre grimpant ou de pourpier, qu’on peut tremper dans du vinaigre.

PRÉPARATIONS, DOSES

Cataplasme (feuilles pelées). Quantité suflisante sur les brûlures, les hémorroïdes, les coupures.

Cataplasme contre la fièvre ardente. Feuilles de grande joubarbe, de plantain et de saule, de chacune une poignée. Après les avoir fait bouillir dans une suffisante quantité de bon vinaigre, pilez-les avec 32 grammes d huile rosat, pour un cataplasme qu’on appliquera sur la région du coeur.

JOUBAPiBE (petite).

Vci niii/Ulaire, orpin brûlant, pain d’oiseau, poivre des murailles tfainille des Crassulacées).

Description. Tiges nombreuses, rapprochées et toulTues; feuilles épaisses, appliquées contre la tige; fleurs jaunes.

Lieux. Cette plante croît partout, sur les vieilles murailles, et dans les lieux pierreux et sablonneux.

Propriétés, usages. La petite joubarbe s’emploie, à l’extérieur, pour guérir les alTections cancéreuses, les ulcères, les plaies gangréneuses, le charbon, et pour résoudre les engorgements scrofuleux (Bossu).

Gazin dit avoir employé fréquemment la petite joubarbe en décoction avec du miel, sous forme de gargarisme, dans les ulcérations cancéreuses ou scorbutiques de la bouche.

JELIENIVE.

Giroflée musquée (famille des Crucifères).

Lieu. Cette plante est cultivée dans les jardins à cause de la beauté de ses fleurs.

Propriétés, usages. Elle est propre pour le scorbut, 1 asthme, la toux invétérée, les convulsions, et pour exciter la sueur (Julia de Fontenelle). Gazin dit que Ja julienne mente le premier rang dans la matière médicale indigène, et l’avoir employée avec succès dans les alTections scorbutiques, les catarrhes pulmonaires

tion des feuilles fraîches ou macérées dans le vin, con-

— as —

vient dans la gravelle sans ii-rilation, les bydropisies. Les feuilles broyées sont bonnes pour les plaies et les ulcères.

PRÉPARA.TION, DOSE

LnfüSïon (feuilles), une pincée par litre d’eau.

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