‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 52 sur 96 · LAURIER · texte numérisé non relu

LAURIER

Laurier d Apollon, laurier ordinaire, laurier franc, laurier-sauce (famille des Laurinées.)

Description. Arbre toujours vert; tige dressée et rameuse, fleurs jaunes blanchâtres. Le laurier a été célèbre dans l’antiquité. Il était consacré à Apollon, dieu de la médecine et des beaux-arts.

Lieux. Cet arbre, originaire d’Afrique, est cultivé dans les jardins.

Propriétés. Les feuilles de laurier sont stomachiques, caiminatives (contre les vents) et antispasmodiques. Prises en infusion, elles servent à augmenter 1 appétit, activer la digestion, à faire cesser les flatuo-

sitôs ou vonts ; elles conviennent dans la débilité et les crampes d’estomac (gastralgie), quand toutes ces affections tiennent à l’atonie (faiblesse).

Les fruits ou baies qu’on emploie toujours à l’état sec, jouissent des mômes propriétés.

L’huile ou l’onguent de laurier sont employés à l’extérieur, comme calmants et résolutifs, dans les douleurs rhumatismales chroniques, la paralysie.

Infusion (feuilles), 10 à 20 grammes par litre d’eau.

Huile. EXPRIMÉE. On prend une certaine quantité de baies, on les pile, on les fait bouillir dans l’eau, et on les exprime à travers un linge. Il surnage une huile verdâtre, odorante, qui a presque la consistance du beurre. On la ramasse et on la conserve dans une petite cruche.

Pommade pour les rhu.matîsmes. Prenez toutes sortes de plantes aromatiques auxquelles vous ajoutez des feuilles de laurier et de petite marguerite, de chacune une poignée; graines de genièvre, 250 grammes; beurre frais, huile d’olive, moelle de bœuf, de chacun 500 grammes; vin blanc, un litre; pilez séparément toutes ces plantes jusqu’à ce qu’elles soient réduites en bouillie ; mêlez le tout, puis vous le mettrez dans une bassine, sur un feu médiocre, avec le beurre, la moëlle de bœuf, l’huile et le vin blanc, on remue souvent. Lorsque les herbes sont cuites, on les passe par un linge qu’on tord fortement ; on met dan« des pots neufs toul ce qui est passé, ce qui forme une pommade verdâtre et d’une odeur aromatique. Lorsqu’on se sert de cette pommade,' onila fait tiédir et on frotte soir et matin la partie malade devant le feu ; on

la couvTû do deux papiçrs brouillard et on âssujetlit le tout avec des bandages convenables.

LAVAXDE.

Lavande officinale, lavande des jardins (famille des Labides).

Description. Tiges rameuses, feuilles sans queue, Olroites, oblongues, fleurs bleues ou violettes, en épi.

Lieux. Cette plante croît naturellement dans les départements du midi de la France, où elle fleurit en juin et juillet; elle est cultivée dans les jardins.

Récolte. On doit la faire avant l’épanouissement des fleurs, si 1 on veut que cette plante jouisse de toutes SOS propriétés.

Propriétés, usages. La lavande, prise en infusion, convient dans les affections nerveuses, la débilité des organes digestifs, elle augmente l’appétit, excite l’action de 1 estomac et peut être employée avec avantage dans les indigestions; dans, certains cas, elle sollicUe 1 action de la peau et favorise la sueur. Mais on doit s’en abstenir dans tous les cas où il y a chaleur, sécheresse, fièvre, inflammation de l’estomac, irritation vive congestion vers la tête. Cette infusion expulse les vents, calme les nerfs irrités et réveille surtout les idées paresseuses.

On prétend que l’eau de lavande qui n’est autre chose que les fleurs, séparées de l’épi, infusées au soleil dans de 1 eau-de-vie, est souveraine dans ies blessures les foulures. On frotte à plusieurs reprises la partie malade et on y laisse ensuite un linge ou un papier brouillard qui en est imbibé.

On tire de la plante une huile fort estimée dans les maladies du cerveau : la dose est de 8 à 10 gouttes prises dans une liqueur convenable. Quatre ou cinq gouttes de la même huile prises à jeun, dissipent la migraine et fortifient l’estomac, mêlée avec celle de millepertuis et de camomille; on en fait un excellent liniment pour les rhumatismes, la paralysie, les mouvements convulsifs.

PUÉPATIATIONS, DOSES.

Infusion (sommités), 4 à 8 grammes par litre d’eau.

Baume aromatique. Feuilles et fleurs de lavande, deux poignées, romarin, origan, petite sauge, thym, mélisse, verveine, hysope, fenouil, absinthe, laurier, lierre-terrestre, de chacune une poignée; on mettra ces plantes dans cinq à six litres de bonne eau-de-vie, dans un bocal qu’on bouchera et qu’on exposera au soleil du mois de juillet au mois de septembre.

Cette liqueur, qui n’est qu’une eau vulnéraire, convient dans les indigestions et certains maux d’estomac à la dose d’une cuillerée à bouche ; pour les vapeurs et les rhumatismes, on Irotte d’abord la partie à sec devant le feu, puis on la frotte de nouveau avec l’eau désignée et cela matin et soir ; pour certaines céphalalgies (maux de tête), on en respirera fortement cinq à six gouttes; pour les inflammations chroniques des paupières, on les frotte deux fois par jour; elle convient parfaitement dans les contusions, les plaies récentes; pour les douleurs néphrétiques, deux cuillerées dans un verre d’eau fraîche; pour les vers, deux cuillerées à jeun pendant quelques jours dans un verre d eau chaude ; pour les brûlures et engelures, on en applique des compresses sur la nartiû avec beaucoup de succès-

Fumigation contre l’enflure. Mettez dans une bassinoire sur le feu, quelques pincées de lavande et de romarin, bassinez le lit d’un malade pendant que les plantes jettent beaucoup de fumée, faites-le coucher, il suera beaucoup. Il faut réitérer ce remède autant qu’il sera nécessaire, la guérison ne se fera pas attendre longtemps.

; Culture de la lavande. Elle se propage de graine, de boutures ou de pieds enracinés, elle reprend sans aucun soin particulier.

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