LIERRE GRIMPANT
(Famille des Héjdracées.)
Lieux. Cet arbuste connu de tout le monde, se plaît dans les lieux sauvages, dans les bois, dans les haies ; il couvre d’une verdure perpétuelle, les masures, les rochers, les vieux murs.
Récolte. Les feuilles se cueillent en toute saison.
Propriétés, usages. Les feuilles de lierre sont employées pour le pansement des cautères, il y a même des personnes qui, au lieu de pois, font avec le bois, des petites boules dont elles se servent pour mettre dans le cautère et entretenir la suppuration. On attribue aux feuilles de lierre boullies dans le vin, beaucoup d’efficacité contre la teigne, contre la gale. Cette décoction s’applique avec succès sur les ulcères et sur les plaies pour les nettoyer.
Cazin dit avoir vu employer avec avantage sur les brûlures du premier et du second degré, les feuilles do lierre bouillies dans l’eau, appliquées sur la partie malade et recouvertes de compresses trempées dans la dé-
coction li6de et souvent renouvelées. Quelques auteurs modernes recommandent pour les douleurs de dents, la décoction de baies de lierre écrasées et bouillies dans du vin ou du vinaigre. Il faut garder celte décoction dans la bouche quelques moments et la rejeter ensuite.
On a pensé que le meilleur de tous les remèdes contre le rhumatisme sciatique était tout simplement l’a|H plication de feuilles de lierre réitérée jusqu’à ^guérison. On les coupe en grande quantité sur un morceau d'étoffe proportionné à l’étendue du mal qu’il faut couvrir. On les renouvelle quand elles commencent à sécher.
Pour la guérison des cors aux pieds, on prend des leuilles de lierre qu’on fait tremper, pendant quarantehuit heures, dans le plus fort vinaigre, on applique tous les soirs sur le doigt du pied où sont les cors, une ou plusieurs feuilles. Le matin, après avoir retiré les feuilles de lierre, on recouvre les mêmes parties avec des fleurs de souci. On continue se remède pendant quelques jours.
LIERRE TERRESrUE.
Lierret, herbe de Saint-Jean, couronne de terre, rondelle (famille
des Labides).
Description. Tiges velues, basses, rampant à terre; feuilles arrondies, crénelées, fleurs blanches ou roses.
Lieux. Cette plante se trouve dans les fossés humides; elle se plaît dans les lieux ombragés, le long des haies.
Récolte. Le lierre terrestre se récolte avant le mois do juin et lorsqu’il est à peine en fleur.
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Phopriétés, usages. Le lierre terrestre est béchique, tonique et vulnéraire. Les ouvrages de matière médicale ne tarissent pas en éloges les plus pompeux sur ses merveilleuses vertus. Des auteurs recommandables l’ont signalé comme un remède souverain contre la toux, l’asthme, la phthisie, les coliques et les affections calculeuses. C’est un tonique stimulant qui porte principalement son action sur les organes respiratoires et qu’on emploie généralement dans les maladies de poitrine (Bossu). Le suc aspiré par le nez est employé dans la migraine (Hœffer). Jean Bauhin assure que cette plante, appliquée en cataplasme, apaise les tranchées des femmes en couches. Ettraiiler la recommande, et intérieurement, en décoction pour les chutes et les coups lorsque le sang empêche de respirer et qu’on suppose qu’il est extravasé.
préparations, doses.
Infusion ou décoction, 10 à 25 grammes par litre d’eau bouillante. Cette infusion est employée soit seule, soit avec du lait, du sucre ou du miel.
Suc, 20 à 60 grammes.
Sirop de lierre terrestre. On prendra, au mois d’avril ou de juin, neuf ou dix poignées de lierre terrestre qu’on pilera en les humectant avec dix onces d’eau distillée ou avec une forte décoction de la même plante. On laissera la matière infuser à froid pendant douze heures, puis on l’exprimera. On fera bouillir un bouillon le suc exprimé et on le passera par un linge. On pèsera lo suc exprimé et on le mêlera, avec un poids égal de sucre blanc et par un petit feu on fera cuire ce mélange en sirop.
Recette contre la vieille toux et le catarrhe.
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Lierre terrestre, hysope, de chaque une poignée; fleurs'de coquelicot, une pincée; réglisse, 1 once, le tout infusé dans une pinte d’eau chaude : on y ajoute une demi livre de sucre et l’on prend cette infusion soir et malin.
Lin cultivé (famille des Linacées).
Description. Tige simple, légère et élégante; feuilles très-étroites, aiguës, d’un vert tendre; fleurs d’un bleu céleste ou rougeâtre.
Lieux. Cette plante est cultivée en grand dans plusieurs provinces de France et particulièrement dans le Nord.
Propriétés, usages. La graine de lin est émolliente et adoucissante; aussi est-elle employée avec un grand succès, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans toutes les maladies inflammatoires, telles que les inflammations des intestins, celles des reins et de la vessie, la sirangurie, la blennorrhagie, la fluxion de poitrine, la gastrite, la dyssenterie, les hémorrhagies actives. La décoction de lin est administrée en lotions sur les phlegmons et les plaies douloureuses; en collyre contre les inflammations des yeux; en gargarisme contre l’esquinancie, les aphthes ou petits ulcères blanchâtres à l’intérieur de la bouche ; en cataplasmes émollients qu’on applique burles tumeurs et engorgements inflammatoires; en lavements dans les coliques et les inflammations des intestins et de la vessie.
L’huile de lin est très-relâchante; prise par cuillerée à bouche à neu de distance les unes des autres, elle agit
comme laxative (léger purgatif); à des distances assez éloignées et mêlée avec un sirop, elle est seulement adoucissante : ce dernier mode d’administration convient particulièrement dans les inflammations des organes de la respiration (Cazin). Cette huile, pour être prise intérieurement, doit être fraîche; elle est un excellent remède contre la toux, la phthisie et autres affections de poitrine; elle est salutaire dans le resserrement opiniâtre du ventre. Le lavement composé de quatre onces d’huile de lin avec autant d’huile de navette, était le secret du docteur Michaël.
Cazin dit que le mélange d’une cuillerée d’huile de hn et de pareille quantité de suc de cilron ou de vinaigre sucré, lui a réussi comme vermifuge chez les enfants.
Selon Boyle, on fait un remède excellent pour la brûlure avec de l’eau de chaux battue avec partie égale d huile de ho, c’est un moyen populaire qui, comme ^nt d autres, a été adopté par la science.
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion (graines), 15 à 30 grammes par deux litres d eau On prépare la tisane de graine de lin par décoclon ; dans ce cas, on renferme la graine dans un nouet
de Imge que 1 on soumet à l’ébullition pendant auelqnes minutes. ^
Décoction (graine), 30 à 60 grammes par litre fomentations, injections et lavements ômol-
Cataplasme. 15 à 2o grammes de farine délayée dans 500 grammes d’eau ou de lait. On fait bouillir ce mt ange qui épaissit beaucoup. Ou bien, pour plus de cé^
lôrilô, on verse de l’eau bouillante dans un vase contenant de la farine de lin, on délaye jusqu’à consistance de catap'asme. Au lieu d’eau simple, on s’est servi avec avantage d’une décoction de racine de guimauve (Bossu).
Fomentation calmante. Dans deux litres d’eau, faites bouillir pendant une demi heure deux pincées de graine de lin, autant de fleurs de mauve et deux têtes de pavot blanc cassées grossièrement. Cette fomentation est extrêmement utile dans les inflammations du bas-ventre et dans les enflures des jambes si fréquentes vers la fin de la grossesse et après l’accouchement.
Lavement adoucissant contre les coliques douloureuses DU BAS-VENTRE DANS l’iNFLAMMATION DES INTES- ■tiNS. Prenez : graines de lin, deux pincées; feuilles do bouillon blanc, une poignée; versez dessus une chopine d’eau bouillante et laissez reposer le tout jusqu’à ce que l’infusion soit tiède; passez ensuite et ajoutez un jaune d’œuf bien délayé dans un peu d’eau chaudo pour un lavement à donner en deux fois.
LiNIMENT pour les ENTORSES ET LES FOULURES. Iluilo de lin, 3 onces; patience rouge ou sang-de-dragon, 2 gros; camphre, alun, de chacun 2 gros; laudanum solide, 30 grains ; faites fondre la cire dans l’huile de lin sur un petit feu et faites une poudre du sang-de-dragon et de l’alun qu’on incorpore dans la cire et l’huile à demi refroidies. Ajoutez ensuite le laudanum et le camphre dissous auparavant dans un peu d’esprit-devin.
Culture du lin. Cette plante délicate est cultivée avantageusement dans les terres très-fertiles. Toutes les terres franches richeme:.t fumées, sont propres à -la culture du lin. 11 ne doit pas. être enterré trop profondé-
ment : une exposition trop sèche, trop humide ou trop froide ne lui convient pas.