‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 55 sur 96 · L.\vEMENTCARMrNATiF(pour les vents). Faites bouii · texte numérisé non relu

L.\vEMENTCARMrNATiF(pour les vents). Faites bouii

lir les soramilôs de mélilol et celles de camomille dans dn bouillon de tripes, passez par un linge, et ajoutez à la décoction quelques gouttes d'huile d’anis.

Eau distillée. Employée po'ur collyres.

Remède pour fortifierles jambes et les pieds. Fleurs de mélilot, de camomille, de roses de Provins, de chacune deux pincées ; feuilles de sauge, de thym, de romarin, de lavande, de chacune deux pincées ; faites bouillir le tout dans un litre de vin blanc, et avec cette décoction, faites des fomentations sur les cuisses, les jambes et les pieds.

BIÉLISSE.

Citronnelle. Citronnade, herbe de citron (famille des Labiées )

Description. Tiges droites et rameuses ; feuilles ovai le.s, un peu écliancrées et dentelées d’un vert luisant, couvertes de poils courts ; fleurs blanches ou d’un routée ptde. °

Lieux. La mélisse croît abondamment dans les départements méridionaux de la France. On la rencontre dans les environs de Paris au bord des haies; ' elle est cultivée dans presque tous les jardins.

Récolte. Cette plante se cueille au mois de mai yti on la récolte 'plus tard, il faut avoir soin 4e la choisir encore en fleur.

Propriétés, usages. La mélisse exerce sur le système nerveux et sur les différents appareils de la vie organique, une excitation plus ou moins vive et qui est la source des propriétés toniques, cordiales, stomachiques, antispamodiques, omménagogues, carminatives et ver-

mifiiges, dont elle est revôtue. Les Arabes furent les premiers à lasignaler comme propre à forliüer les nerfs, à exciter la gaieté, à activer l’action cérébrale et à relever les forces abattues : de plus, elle exerce une impression tonique sur l'estomac, facilite la digestion. On l’emploie généralement dans les afTections nerveuses, telles que l’hystérie, les cardialgies (picotement do l’estomac), les spasmes, l’hypocondrie, la paralysie, les vertiges, la mélancolie, la syncope, les défaillances, la migraine, l’apoplexie commençante, les étourdissements pour cause nerveuse. On la conseille dans l’asthme humide, le catarrhe chronique chez les vieillards lymphatiques, dans la goutte, le rhumatisme ancien, et aux personnes dont les facultés intellectuelless’affaiblissent.

Forestus faisait usage deson infusion, contre les palpitations du cœur. Rivière l’administrait, en infusion vineuse, dans la manie; Simon Pauli pour la mélan' colie et favoriser la menstruation ; Roques conseille aux hommes studieux qui prolongent leurs veilles et qui souffrent des nerfs et de la tête, l’infusion de mélisse blanchie avec un peu de lait. Gazin fait remarquer que, comme toutes les plantes excitantes, la mélisse est nuisible quand il y a chaleur, soif et irritation.

L’eau de mélisse se donne pour l’apoplexie, la léthargie, l’épilepsie, les vapeurs, les coliques, l’évanouissement et la syncope. Son application extérieure est utile pour ramener l’action musculaire dans les membres aiïaiblies et comme paralysés (Roques). Cet auteur fait observer qu’on abuse souvent de ces eaux spiritueuses, et qu’il les faut donner avec grande réserve aux jeunes personnes d’un tempérament bilieux et sanguin. Les langueurs, les embarras, les faiblesses d’estomac, sont souvent l’effet d’une inflammation plus ou

moins apparente, qui s’exaspère par l’usage de l'eat* de mélisse des Carmes.

PREPARATIONS, DOSES.

Infusion, 4 à 12 grammes par litre d’eau.

Eau de mélisse. Prenez : six poignées de môlisse nouvellement cueillie que vous pilerez dans un mortier et que vous mêlerez avec écorce sèche de citron, noix de muscade, coriandre, de chaque 15 grammes; giroflée, cannelle et racine d’angélique, de chacune 10 grammes, bien concassés; mettez le tout dans un vase; versez dessus 375 grammes de vin blanc et 120 grammes d’eau-de-vie; bouchez hermétiquement et laissez digérer la matière pendant trois jours; faites distiller la liqueur au bain-marie sur un feu modéré. Cn gardera l'eau distillée pour le besoin. La dose estd’une cuillerée pure, ou mêlée dans un verre d’eau, suivant les dilTérentes maladies.

Remède contre les palpitations. Feuilles de mélisse, de menthe, de bourrache, de chacune une poignée; faites bouillir le tout dans un quart de litre d eau-de-rose et autant de vinaigre: appliquez le marc chaudement sur la région du cœur, et renouvelez deux fois par jour : on prendra du sirop de pointes d’asperges et en même temps des lavements avec la mauve, la guimauve, la pariétaire, le bouillon-blanc. On pourra faire usage de tisane faite avec des plantes rafraîchissantes, comme la bourrache, la pimprenelle, la buglosse.

Culture de la mélisse. Cette plante ne se multiplie communément que de plants enracinés, quoiqu’elle vienne également de graine. On sépare les rejetons des vieux pieds qui en poussent beaucoup, et on les plante

au mcis de mars en bonne terre qu’on fume avec soin et qu on choisit un peu ombragée: elle réussit parfaitement autour des arbres fruitiers. Elle est sujette à dégénérer, lorsqu on s’en aperçoit il faut la détruire et en remettre d autres plus fraîches qu’on peut élever do semence.

MENTDE POIVRÉE.

Menthe anglaise (famille des Labiées).

Description. Tige droite, rameuse et légèrement velue, feuilles aigues et dentées en scie, fleurs violacées et rougeâtres, disposées en épis à l’extrémité de la tige et des rameaux.

Lieux. Cette plante, originaire d’Angleterre, croît naturellement dans quelques parties des Pyrénées: elle est cultivée dans les jardins où elle se propage avec une uxtrême facilité.

Récolte. La récolte se fait en juillet, août et septembre. La menthe doit être séchée promptement et placée après la dessiccation dans un lieu sec.

Propriétés, usages. La menthe poivrée est tonique, stomachique, emménagogue, stimulante, antispasmodique, vermifuge, carminative et fébrifuge. Employée en infusion, elle détermine sur l’appareil digestif une excitation très-vive: son action sur le système nerveux est extrêmement énergique; on a signalé ses bons effets dans certaines fièvres nerveuses périodiques, les lièvres typhoïdes revêtant la forme morveuse ; elle est recommandée dans les syncopes, l’asphyxie; la paralysie, l’afethme, l’hystérie, les vomissements nerveux, l’hypo-

condrie, la gastralgie ou crampes a estomac, les palpitations, les tremblements nerveux, la migraine, les flatuosités ou vents, le hoquet. L’infusion de menthe est indiquée aux jeunes filles qui ont les pâles couleurs dans le cas de menstruation difficile avec coliques: dans la période froide des fièvres intermittentes, au début du choléra. Son usage procure l’expulsion des vers intestinaux, ramène la transpiration, et favorise le flux menstruel chez les femmes nerveuses douées d’une constitution faible et délicate. On prend alors, quelques jours avant l’époque périodique, une infusion légèrement sucrée: elle est le remède des enfants faibles et languissants tourmentés par les vers.

La menthe a étôsignalée comme diminuant la sécrétion laiteuse. Suivant Dubois de Rochefort, prise en infusion et appliquée en fomentation sur les seins, elle empêche une nouvellesécrétion de lait et s’oppose aux accidents des affections dites laiteuses. L’infusion de cette plante dans l’eau ou dans le vin convient dans les contusions, les ulcères. On s’en est servi pour guérir la gale.

La décoction de mousse de Corse dans laquelle on a fait infuser une pincée de feuilles de menthe, est un des meilleurs vermifuges pour les enfants. On peut remplacer les feuilles par une ou deux cuillerées d’eau distillée de menthe: la potion en devient plus agréable (Roques).

PRÉPARATIONS, DOSES

^ Infusion (sommités sèches) , une pincée par litre d’eau qu’on prend par petite tasse de temps en temps.

Décoction, quantité suffisante pour fomentations contre les sécrétions. laiteuses, la- gale et les contusions.

Sirop. 30 à GO grammes qu’on prend par petites cuillerées ou étendu dans une potion ou une tisane. Lemery l’estime propre pour fortifier l’estomac, pour arrêter le vomissement et chasser les vents.

Pastilles. Les pastilles de menthe favorisent la digestion, rafraîchissent la bouche et calment la soif en se fondant.

Culture de la menthe. La menthe se plaît dans les terrains frais, où quelques boutures plantées ont bientôt garni tout l’espace qu’on veut lui donner.

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