‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 54 sur 96 · LIS BLANC · texte numérisé non relu

LIS BLANC

(Famille des Liliacées.)

Lieux. Le Iis est originaire d’Orient; on le cultive dans les jai’dins pour la beauté de ses fleurs.

Récolte. L’oignon de lis peut se récolter en tous temps pour s’en servir à l’état frais.

Propriétés, usages. On emploie ordinairement l’oignon de lis comme émollient maturatif, après l’avoir fait cuire sous la ceadr-e, dans l’eau ou dans le lait. On en forme des cataplasmes vulgairement employés dans les tumeurs inflammatoires pour diminuer la tension et la douleur, ou hâter la maturation ; il rend aussi quelques services dans le phlegmon, le furoncle, le panaris,

1 abcès, le charbon, les plaies inflammatoires, les engelures; contre ces dernières, on a recommandé plus particulièrement l’oignon cuit sous la cendre et broyé ensuite avec de 1 huile de noix (Santé universelle) .

Les fleurs de Iis peuvent être emplo3^ées, comme les oignons, en cataplasme et en lavement adoucissant.

Les feuilles trempées dans l’eau-de-vie,^sont un excellent remède contre les coupures.

L’huile de lis est employée en linimentcontre les brûlures, les gerçures du mamelon. On la fait entrer dans les cataplasmes et dans les lavements adoucissants.

PRÉPAUATIONS, DOSES.

Cataplasme maturatif. On fait cuire des oignons de lis sous la cendre chaude entourés d’un papier mouillé,

et l’on fait des cataplasmes que l’on emploie seuls ou môlôs à ceux de farine de lin.

Cataplasme pour faire suppurer les tumeurs dures ET ENFLAMMÉES. OigiioRs de lis, racine de guimauve, de chaque grammes ; feuilles de mauve, de pariétaire et de violette, de chacune une poignée; semence de lin, 15 grammes; faites bouillir dans une suffisante quantité d’eau de lis, pour un cataplasme.

Huile de lis. On fait macérer des fleurs dans l’huile douce.

Remède pour le mal d’oreille. Prenez ; fleurs de lis blanc et de camomille, de chacun une poignée ; feuilles de guimauve et de pariétaire une poignée ; orge, une bonne pincée ; faites bouillir le tout dans suffisante quantité d’eau et remplissez de cette eau, une bouteille dont le goulot soit étroit; appliquez le goulot à l’oreille malade de sorte qu’elle reçoive toute la vapeur qui en sortira. Cette vapeur apaise la douleur et mûrit l’abcès, s’il y en a.

MARROXMËR D’INDË.

(Famille des Hippocàslanées.)

Lieux. Cet arbre est répandu dans presque toute la France, il orne nos promenades et nos jardins.

Récolte. Le marronnier fleurit en mai; ses fruits sont en maturité à rautomne. On récolte son écorce au printemps sur les jeunes branches qu on dépouille de l’épiderme extérieur.

Propriétés, usages. L’écorce du marronnier d’Inde réduite en poudre est administrée, comme fébrifuge. Coste, Duprat et Richard affirment s’être convaincus des vertus fébrifuges de celte écorce. Cusson assure qu à

double dose et en substance elle possède les vertus fébrifuges du quinquina. L’écorce de marronnier, dit le docteur Bossu, possède des propriétés astringentes, toniques et amères, on peut donc l’appliquer dans le ■ cas où les astringents sont indiqués et aussi dans 1 atonie des organes digestifs, les névroses de 1 estomac.

Décoction (écorce), 15 à 50 grammes par litre d’eau comme astringent et tonique.

Poudre. 1 à 4 grammes comme tonique.

Vin. 30 à 60 grammes d'écorce par litre de vin blanc, comme fébrifuge.

5ï.\i\RUBE.

Marriibe blanc, marrube commun (famille des Labiées).

Description. Tige droite, dure, rameuse et cotonneuse au sommet, feuilles arrondies, ridées, inégalement dentelées, d’un vert blanchâtre, fleurs blanches, petites et ramassées en groupes à l’aisselle des feuilles.

Lieux. Le marrube croît abondamment toute l’année, dans les lieux incultes, sur le bord des routes, des fossés, au milieu des décombres; il frappe l’odorat par ses émanations vives, pénétrantes, mais pointdésagréables.

Récolte. Elle peut se faire avant et pendant la floraison.

Propriétés, usages. Cette plante a des propriétés toniques, stomachiques et emménagogues; elle augmente l’action de l’estomac, active la transpiration, facilite l’expectoration, provoque l’écoulement menstruel. On en fait usage pour rétablir les forces digestives affaiblies; dans le catarrhe chronique, l’asthme

humide, les toux rebelles qui suivent la coqueluche et la rougeole des enfants; contre les dyssenteries chroniques, les lièvres intermittentes, la jaunisse, le scorbut, les scrofules, les pâles couleurs, les fleurs blanches. Plusieurs auteurs l’ont employée dans l’hystérie, I hypocondrie et autres affections nerveuses accomnaanées de débilité. ^

Gilibert a dit que le marrube est une des meilleures plantes de l’Europe, il en a conseillé l’usage dans les engorgements du foie, dans la suppression des règles avec atonie, et dans toutes les circonstances où les médications toniques sont nécessaires.

Le docteur Furnari prétend que c’est un médicament que 1 on peut employer avec le plus grand succès contre les aflcctions rhumatismales ; il le donne en infusion ou en extrait.

Foiestus 1 administrait, en décoction, ou bien en donnait le suc exprimé ( ou jus de la plante ) mêlé avec du vin, du sucre et du miel, dans la jaunisse.

Vauters a employé la décoction d’une poignée de marrube dans un litre d’eau réduit à moitié par l’ébullition, dans les fièvres quotidiennes, les fièvres intermittentes et les fièvres tierces, lorsque les voies digestives étaient sans inflammation ni irritation.

Cazin rapporte que cette plante infusée dans le vin ou dans la bière, lui a été très-utile dans la gastralgie et dans les leucorrhées (fleurs blanches) atoniques. Je joins, dit cet auteur, souvent à cette infusion, les sommités- d’absinthe, la racine d’aunée et celle d’angélique.

A 1 extérieur on peut employer l’infusion do marrube dans les ulcères, la gangrène ( Bossu ).

rnÉPARATIONS, DOSES.

Infusion (sommités et feuilles), 13 k 30 grammes par litre d’eau.

Vin de marrube. On prend environ 40 grammes do mari'ubc récolté en pleine fleur et bien séché; on le met dans un litre de vin blanc ordinaire et on le laisse infuser à froid pendant deux jours, puis on le passe à travers un linge et on le met en bouteille. Il se conserve dans un lieu frais. On prend ce vin par verre ou par demi-verre le matin à jeun et le soir en se couchant. Si l’on est altéré on peut le couper avec de l’eau de Seltz. Borel dit que le vin de marrube est un remède admirable pour fortifier l’estomac, pour provoquer les règles chez lesjeunes filles, pour guérir la cachexie, les pâles couleurs et donner de l’appétit.

BIAUIE.

Grande mauve, mauve sauvage (famille des Malvacées).

Description. Tige haute et droite; feuilles rondes ou échancrées, fleurs de couleur de chair ou purpurines.

Lieux. Celte plante est excessivement commune dans les lieux incultes, le long des chemins, au milieu des décombres, dans les cimetières.

Récolte. Les feuilles sont cueillies au mois de juin ou de juillet pour être conservées. Les fleurs se récoltent pendant tout l’été.

Propriétés, usages. La mauve est émolliente, adoucissante et pectorale; elle est d’un usage ordinaire tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L'infusion des fleur.s.

adoucie avec du sucre ou du miel, constitue une boisson extrêmement utile dans toutes les maladies inflammatoires aiguës; on s’en sert avec avantage dans les inflammations du poumon, des reins, de la vessie, dans la pleurésie, les catarrhes pulmonaires, l’angine, la gastrite, la diarrhée, la dysscnterie. On l’emploie avec succès dans la petite vérole, la rougeole. On s’en sert en lavement pour combattre la constipation et pour calmer les coliques. On en prépare des gargarismes adoucissants extrêmement avantageux dans les aphthes ( petits ulcères de la bouche). On l’applique en collyre sur les yeux atteints d’inflammation. On l’injecte dans le canal auditif pour calmer les vives douleurs dont l’oreille est souvent le siège. Enfin la décoction des racines et des feuilles de cette plante salutaire est appliquée chaque jour avec avantage, soit en fomentation, soit en cataplasme, sur les tumeurs inflammatoires, telles que les furoncles, les panaris, et même sur les plaies et ulcères compliqués dedouleurs et d’inflammation, pour calmer la douleur, dissiper l’engorgement, et favoriser la résolution.

M. L. Dupuis emploie la décoction des fleurs de mauve et de sureau contre les hernies, dans ce cas on applique sur la tumeur des flanelles trempées dans cette décoction tiède.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion, légère (fleurs), 10 à 15 grammes par litre d’eau.

Décoction (fleurs, feuilles ou racine), pour cataplasmes, lotions, lavements, gargarismes, collyres.

Tisane contre le rhume de cerve.\u. Fleurs de mauve, de violette, de bouillon-blanc, 8 grammes, que

vous ferez infuser dans un litre d’eau. On prendra par jour plusieurs tasses de cette tisane.

Lavement émollient et rafraîchissant. Feuilles de mauve, de pariétaire, de sureau, de bette, de violette, de chaque une demi-poignée, faites bouillir dans un litre d’eau jusqu’à réduction de moitié, passez et ajoutez 64 grammes de miel.

Lavement calmant. Fleurs de mauve 4 pincées, 2 tètes de pavot blanc cassées, une pincée de poirée, faites bcuillirpendant quelques minutes dans suffisante quantité d’eau pour un lavement.

Lavement contre les vers ascarides des enfants. Feuilles de mauve et de violette dechacuneune poignée, choux deux petites poignées, faites bouillir dans deux litres de lait, ajoutez ensuite : fleurs de camomille, de petite centaurée, de chaque une demi-poignée,' graine de coriandre, de fenouil, de chaque 8 grammes, passez le tout.

MELILOT.

Trèfle de cheval (famille des Légumineuses).

Description. Tiges droites et rameuses , feuilles alternes et dentelées, fleurs jaunes très-petites et disposées en grappes.

Lieux. Cette plante est très-commune dans les prés; elle croît le long des haies, des chemins où elle fleurit pendant tout l’été.

Récolte. Elle se fait au mois dejuin ou de juillet. Les fleurs acquièrent en séchant, uneodeur assez agréable.

Propriétés, usages. Le mélilot est émollient et résolutif; il convientdans les inflammations des yeux, soit

— ICO —

'en employant son infusion ou bien son eau distillée. Les anciens ont vanté son elïicacitè contre les vents, le lînimatisme, la dyssenterie, la dysurie (émission difficile de l’urine), la néphrite (mOammation des reins). On a préconisé le succès de son infusion contre les douleurs de l’utérus (matrice) et l’inflammation de cet organe?.

Tournefort pense que la tisane faite avec des fleurs de mélilot et de camomille convient dans les inflammations du bas-ventre, dans la colique, la rétention d’urine.

Suivant Fernel l’infusion des fleurs de mélilot appliquée en cataplasme, adoucit et résout les agglomérations du sang dans les douleurs locales

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion, Id à 30 grammes par litre d’eau.

Décoction pour fomentations. Faites bouillir quelques poignées de mélilot et de camomille dans suflisante quantité d’eau; trempez, dans cette décoction, un morceau de drap ou de flanelle de la longueur du basventre et après l’avoir exprimé légèrement, appliquez -le dessus le plus chaud possible, renouvelez. cette fomentation de deux heures en deux heures et couvrez le ventre de linges chauds. Ghomel dit que ce remède lui a souvent réussi dans la colique venteuse et dans la tension douloureusedu bas-ventre menacé d’inflammation. Simon Pauli employait, dans la pleurésie, la fomentation suivante : sommités de mélilot, de pariétaire, de chacunedeux poignées, feuilles de bétoine une poignée, de guimauve une demi-poignée, fleurs de camomille une demi - poignée. Faire bouillir le tout dans suffisante quantité d’eau, pour en faire de fréquentes fomentations sur le côté.

Page 1