‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 57 sur 96 · MERCURI.4LE · texte numérisé non relu

MERCURI.4LE

Mercuriale officinale ou annuelle, foirole, foirande, ortie bâtarde, cagarelîe (famille des Eiiphorbiacées.)

Description. Tige droite et rameuse ; feuilles pointues et dentées ; fleurs verdâtres.

Lieux. On rencontre cette plante le long des chemins, des murs et des haies: elle est commune dans les jardins négligés, les décombres. Lorsqu’on la froisse entre les doigts, elle répand une odeur fade ; sa saveur est salée et désagréable.

Récolte. Il faut cueillir la mercuriale avant la floraison ; elle perd, en séchant , ses propriétés médicinales.

Propriétés, usages. La mercuriale fait partie des plantes émollientes et relâchantes: elle est connue surtout par son action laxative (qui purge) depuis les temps les plus reculés (Bossu). Galien l’employait comme purgatif. Dubois de Rochefort l’indique comme un bon diurétique (qui augmente l’urine). G. Bauhin l’employait en décoction contre la jaunisse. Hippocrate en exprimait le suc dans l’oreille contre la surdité.

PuèrAIlATIONS, DOSES.

Décoction (plante sans racine) , une poignée pour un litre d’eau. Comme tisane purgative, ou en lavement contre la constipation.

Cataplasme. On en fait des cataplasmes émollients qu’on applique sur le bas-ventre dans la constipatios, après les avoir arrosés d'huile d’olive.

MIEL DE MERCURIALE. Ou le prépare avec le jus de la plante fraîche, qu’on exprime dans du miel commun. Ce miel est fréquemment employé dans les lavements, comme purgatif, à la dose de 30 grammes. Ces lavements tiennent le ventre libre en contribuant à dégorger les seins chez les mères qui ne nourrissent point leurs enfants.

Sirop de longüe-vie, ou de mercuriale. Prenez : trois livres de miel blanc, une livre de jus de feuilles de mercuriale, CO grammes de jus de bourrache; mêlez le tout dans une bassine sur le feu et passez sans faire bouillir; ajoutez ensuite un quart de litre de vin blanc danslequel on afaitinfuser, pendant vingt-quatre heures,. 8 grammes de racine de gentiane coupée menue; mettez ce mélange sur le feu et remuez le . tout; passez sans faire bouillir; puis faites cuire ce que vous aurez passé en consistance de sirop. La dose est d’une cuillerée à jeun qu’on délayera dans un verre d’eau tiède. Ce sirop est purgatif et tonique: il fortifie les organes en même temps qu’il tient le ventre libre. Les vieillards constipés et asthmatiques s’en trouvent très-bien.

Cazin dit avoir connu un goutteux qui se soulageait par l’usage de ce sirop.

MILLËFEUILLË.

Herbe aux coupures, herbe aux charpentiers, sourcils de Vénus (famille des Synanlhérées.)

Description. Tige droite, feuilles longues et étroites, fleurs blanches ou d’un rose lilas.:

Lieux. Cette plante abonde dans les champs, dans les lieux incultes, sur le bord des chemins.

Récolte. Elle se fait pendant toute la belle saison.

Propriétés, USAGES. La millefeuille est manifestement tonique. Sous ce rapport, son infusion est utile dans certaines affections nerveuses, accompagnées de l’inertie de l’estomac et de l’intestin, ou d’une débilité générale, comme cela a lieu dans l’hypocondrie et autres névroses, chez les sujets lymphatiques soumis à un mauvais régime, à une vie sédentaire (FL médicale).

Le docteur Richard la considère comme un puissant calmant du système nerveux, et dit qu’il a eu à se louer de 1 infusion et de la décoction de millefeuille, employées en -boissons et lavements, dans les cas de dyssenteries épidémiques.

Les feuilles légèrement pilées et mises dans le trou do I oreille, calment souvent la douleur de dents; c’est un remède éprouvé par des praticiens dignes de foi (Ghomel).

PRÉPARATIONS. DOSES

Infusion (sommités fleuries), 15 à 30 grammes par litre d'eau.

Décoction contreles contusions internes causées par nr^ CHUTES, DES COUPS ou AUTRE ACCIDENT. Faites bouillir, pendant une demi-heure, dans environ deux litres

d’eau, des feuilles de plantain, de lierre terrestre de millefeuille, de chacune 4 grammes; passez par un linge avec une légère expression; ajoutez 10 grammes de sucre. On en donnera à boire une tasse tiède, quatre fois par jour, et on continuera quelque temps.

MILl EPERTUIS.

Herbe de Saint-Jean, herbe aux piqûres, chasse-diable (famille des

Hypériciiides.)

Description. Tige droite, très-rameuse, garnie de petites feuilles ovales, remarquables par des points transparents, qui les font paraître comme criblées de trous.

Lieux. Rien n’est plus commun que cette plante; on la trouve partout, dans les lieux incultes, au milieu des haies, dans les bois, au bord des prairies où elle fleurit en juillet et août.

Récolte. La récolte doit être faite à l’époque de la floraison. Il faut choisir les sommités qui n’ont pa»les fleurs complètement ouvertes

Propriétés, usages. Le millepertuis a été jadis fort recommandé pour ses vertus médicinales ; il jouissait d’une grande réputation dans le traitement des plaies. Les modernes l’ont, pour ainsi dire, abandonné.

Cazin dit avoir employé, avec avantage, l’infusion des sommités de millepertuis, dans les catarrhes pulmonaires chroniques, dans les leucorrhées sans irritation utérine très-prononcée, dans l’asthme viscérale chronique, et même dans la phthisie avec expectoration purulente. J’ai souvent mêlé, ajoute cet auteur, le millepertuis à la racine d’aunée et au lierre terrestre, dans les affections chronianes de poitrine.

Le millepertuis peut encore ôtrc utile dans le catarrhe de la vessie, du vagin et de Turètrc (Bossu).

PnÉPARATIONS, DOSES.

Infusion (sommités fleuries), 15 à 30 grammes par litre d’eau.

Les feuilles et les fleurs, macérées dans l’huile d’u. live, passaient jadis pour un excellent vulnéraire, très^propre à favoriser la cicatrisation des plaies simples et des ulcères. Haller dit que ce suc, tiré de l’herbe broyée et infusée dans le vin, lui paraît mériter la préférence comme vulnéraire cicatrisant.

Injection pour le mal d’oreilles. Infusion de millepertuis, à laquelle vous ajoutez 64 grammes (2 onces) de teinture de baume du Pérou; vous ajoutez ensuite 12 gouttes de teinture de musc; vous injectez, matin et soir, dans l’oreille malade, au moyen d’une petite seringue.

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