MORELLE
Morelle noire ou commune, morelle, crève-chien, raisin de loup (famille dos Solanées).
Description. Tige de la hauteur d’un pied, rameuse, couverte d’une espèce de duvet; feuilles ovales, pointues ; fleurs blanches réunies en petits bouquets garnissant les divers rameaux de la plante.
Lieux. Cette plante se trouve partout; elle est commune dans les décombres, au pied des vieux murs, le long des chemins ; elle fleurit pendant tout l’été.
Propriétés, usages. La morelle n’est plus employée qu’<à l’extérieur. On applique les feuilles récemment pilées sur les ulcères douloureux, le cancer, les fissures
du mamelon, les hémorroïdes. On s’en sert aussi en décoction et en cataplasme sur les contusions, les tumeurs inflammatoires, les clous, les phlegmons, les panaris, les brûlures, les dartres vives et rongeantes, les chancres vénériens, les érysipôles et dans toutes les inflammations de la peau. On s’ en sert encore en injection dans les fleurs blanches.
MOUTARDE BLAlVCnE.
(Famille des Crucifères.)
La moutarde blanche est très-commune dans les lieux cultivés; ses graines sont plus grosses que celles de la moutarde noire.
Propriétés, usages. Les graines de moutarde blanche font éprouver un sentiment de chaleur dans l’estomac; elles augmentent l’action de cet organe, excitent l’appétit et facilitent la digestion ; elles agissent quelquefois sur le cœur et accélèrent la circulation; d’autres fois elles stimulent les reins et provoquent la sécrétion des urines ; dans certains cas, leur effet se fait sentir au sys- Icme cutané, et la transpiration augmente lorsqu’on en fait usage pendant un certain temps. Leur action stimulante agit sur toute l’économie. Cette manière d’agir des semences de moutarde les rend évidemment utiles dans les maladies accompagnées de débilité, et dans tous les cas où la médication tonique est nécessaire. On en fait usage dans l’hypocondrie, les pâles couleurs, la constipation. Les graines de moutarde blanche sont purgatives; leur propriété dépurative a été contestée par plusieurs auteurs; cependant on assure que des dartres,
des rhumatismes ont ôté favorablement modifiés par leur usage longtemps continué.
Graine. Une ou deux cuillerées, le soir, comme purgatif. Une cuillerée, avant le repas, comme stomachique.
bioütarhe ivoire.
(Famille des Crucifères.)
Description. Tige rameuse; feuilles grandes en forme de lance; fleurs jaunes.
Lieux. On rencontre cette plante dans les terrains arides, pierreux, particulièrement dans le nord de la France. On la cultive pour l’usage culinaire et de la médecine.
Récolte. Toute la graine de moutarde, que l’on trouve dans le commerce est due à la culture. La meilleure est celle qui est . piquante, chaude et amère au goût, pesante et noire.
Propriétés, usages. La semence de moutarde noire est tonique, excitante et antiscorbutique. A petite dose, elle convient dans l’anorexie (manque d’appétit), l’h}'pocondrie, les pâles couleurs, la cachexie; à dose plus élevée, elle excite tous les organes, l’estomac, le poumon, les reins, et peut être utile dans les engorgements atoniques, les hydropisies, certains catarrhes chroniçues, la paralysiemt surtout les affections scorbutiques.
En graine prise entière, elle a été vantée dans qucL qnes dyspepsies avec constipation, les fièvres intermittentes (Cazin), Cet auteur dit l’avoir employée dans un cas de scorbut très-grave, chez un enfant de quatorze
ans, en administrant au malade 30 grammes de cette graine concassée dans un litre de bière qu’il fit prendre à la dose de 4 onces par jour. Ray rapporte que, pendant le siège de La Rochelle, la moutarde, pulvérisée et mêlée dans du vin blanc, sauva la vie à un grand nombre de malheureux atteints du scorbut. Bcrgiers l’employait contre les fièvres intermittentes et administrait la graine entière de cette plante à la dose de quatre cuillerées par jour, durant les intervalles qui séparent les accès de fièvre. Boerhaave donnait aussi la moutarde entière dans les fièvres quartes et quotidiennes de l’automne. Julia deFontenellea administré, comme purgatif, l’huile douce des semences de moutarde qui lui a paru remplacer très-bien l’huile de ricin, à la môme dose que cette dernière.
Les usages externes de la moutarde sont généralement connus. L’on fait, avec la farine de la semence délayée dans l’eau, des cataplasmes appelés synapit mes^ qui s’emploient tantôt pour produire une excitation générale, comme dans l’apoplexie, la paralysie, les fièvres typhoïdes ; tantôt pour opérer une dérivation, ou pour rappeler à l’extérieur une affection aiguë ou chronique, tels que la goutte, le rhumatisme, les dartres, l’érysipèle. On s’en sert dans quelques névralgies chroniques, la sciatique. On les promène sur la surface du corps pour réchauffer les malades atteints du choléra et pour soulager les asthmatiques dans les accès de suffocation.
PnÉPÀRATIONS, DOSES.
Graines (entières), 10 à 15 grammes comme excitant, stomachique; 4 à 5 cuillerées comme fébrifuge.
Graines (concassées), lo à 30 gr. comme purgatif.
Bain de pieds a la moutabde, 70 à 123 grammes; eau, quantité suffisante pour monter à mi-jambes. On délaye la moutarde dans l’eau tiède, et l’on en fait une bouillie bien claire. On couvre le vase et, après quelque temps de contact, on ajoute de l’eau chaude, de manière à amener le bain à une température supportable pour la peau. On emploie généralement ce bain, dans les cas de congestions sanguines, vers les parties supérieures du corps. Plus la peau est délicate, moins il faut de moutarde.