‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 62 sur 96 · NOYER · texte numérisé non relu

NOYER

(Famille des Juglaiidées.)

Lieux. Cet arbre, grand et beau, connu de tout le monde, croît dans les terres grasses, aux champs et dans les jardins.

Récolte. Elle se fait pour les feuilles pendant la belle saison ; pour les fleurs ou chatons, au printemps.

Propriétés, usages. Le noyer est considéré comme

astringent, tonique, sudorifique, anliscrofuleux, vermifuge et adoucissant.

M. Négrier d’Angers dit avoir guéri, par l’usage de la décoction des feuilles de noyer, plusieurs maladies scrofuleuses, des ulcères, des plaies fistiileuses, des ophthalmies scrofuleuses.

Le docteur Souberbielle employait contre la jaunisse deux à quatre grammes de feuilles de noyer séchées au four et pulvérisées, et infusées du soir au matin dans un verre ou deux de vin blanc.

Salenander assure avoir constamment réussi à arrê- I ter les hémorrhagies utérines, en administrant pendant plusieurs jours, le matin à jeun, quatre grammes de fleurs de noyer bien mûres en poudre, mêlés avec sufi fisanle quantité de vin chaud.

C’est surtout à l’extérieur que leur usage a été le plus vanté. M. Dubois de ïournay dit avoir fait usage, dans différents cas de teigne, de cataplasmes de feuilles de noyer cuites et de leur décoction employées en lotions. On se sert de cette décoction pour modifier les ulcères atoniques, indolents et blafards; pour faire des injections dans le vagin contre les ulcérations du col de la matrice, les flueurs blanches. Les bourgeons et les I feuilles de noyer ont la propriété de faire pousser les cheveux dont la chute a été occasionnée par diverses maladies. Dans ce cas, il faut lotionner la tête avec l’eau dans laquelle on a fait bouillir une poignée de ces leuilles. La pommade suivante peut remplacer avec avantage les lotions : on fait cuire dans de la graisse de porc, une certaine quantité de jeunes bourgeons de noyer, c’est-à-dire les boutons qui ne sont pas encore développés en feuilles. On passe ensuite la graisse fondue à travers un linge et on la met en pot.

L’huile de noix est très-adoucissante et résolutive. On administre, avec succès, des lavements de cette huile dans les grandes douleurs néphrétiques (par les graviers de reins), les coliques venteuses.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (feuilles sèches ou fraîches), 10 grammes par litre d’eau pour tisane dans les scrofules.

Décoction (feuilles), 40 grammes par litre d’eau pour lotions, injections et collyres.

Brou de noix. Prenez : eau-de-vie, 8 pintes ; noix vertes nouvellement nouées, 150; écrasez les noix et faites-les infuser pendant un mois dans 1 eau-de-vie ; ajoutez alors 4 livres de sucre, et trois semaines après ; muscade, un gros; girofle, un gros; huit jours après passez et filtrez.

Ce ratafia est un des meilleurs stomachiques dont on puisse conseiller l’usage en cas de faiblesse chronique et de gastralgie (crampes d’estomac).

Page 1