‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 63 sur 96 · OIGNON · texte numérisé non relu

OIGNON

Oignon commun, oignon blanc (famille des Liliacées).

Tout le monde connaît cette plante alimentaire; ses vertus pour la santé ne sont pas moins remarquables.

Lieux. Elle se cultive de même que l’ail dans les jardins potagers. • J-

Propriétés, usages. L’oignon cru est excitant et diurétique ; mangé avec réserve, il stimule les fonctions digestives ; il ne convient pas comme aliment aux tempéraments sanguins et bilieux. L’oignon cuit est adou-

cissant et béchique; on en prépare des tisanes pectora les et un sirop quo l’on donne dans les rhumes, les catarrhes et autres inflammations de poitrine. On se sert de la décoction aqueuse (dans l’eau) associée au sucre, au miel, au lait, à l’eau de veau, dans les toux rebelles, l’asthme, la phthisie. À l’extérieur, l’oignon s’emploie de plusieurs manières : écrasé avec un peu de sel, et appliqué sur les brûlures récentes on apaise la douleur et on empêche qu’il ne s’y forme des cloques (Fernel). On peut ensuite faire cuire un second oignon sous la cendre, le pétrir en forme d’onguent, et l’appliquer sous forme de cataplasme, sur la partie brûlée ; on se sert aussi de ce cataplasme contre les flegmons, les furoncles, les panaris. Le cœur d’un petit oignon blanc, cuit sous la cendre, et appliqué chaud sur une dent cariée, apaise assez souvent la douleur. Dans la migraine, on applique avec succès, sur la tête, deux oignons pilés et imbibés d’esprit de vin. L’oignon pilé et mêlé dans du beurre frais apaise la douleur des hémorroïdes. Le jus d’oignons dont on a imbibé du"coton, mis dans l’oreille, en dissipe le bruissement (Ghomel). Injecté dans le canal auditif, il a été recommandé contre la surdité. Dans la colique néphrétique ou gravelle, on fait prendre au malade un quart de litre de vin blanc dans lequel on fait infuser, pendant une heure, un oignon coupé par morceaux. L’oignon mangé cuit ou cru est hon contre le rhumatisme des reins. Le vin rouge dans lequel on a fait infuser un oignon coupé par morceaux et qu on a exposé à l’air, pendant deux (ours, pris le matin à jeun, est un excellent vermifuge (Gazin).

Cataplasme contre la rétention d’urine. Prenez : trois oignons blancs, trois jaunes d’œufs ; faites cuire

le tout en consistance de cataplasme; mettez ensuite entre deux linges, et appliquez-le chaudement sur la région de la vessie. Ce remède se réitère au bout de trois heures, s’il ne réussit pas la première fois.

Remède contre la dyssenterie. Faites bien cuire sous la cendre des oignons épluchés, et faites-les un peu mijoter dans une demi-livre d’huile d’olive pour les grandes personnes, et dans un quart de livre pour les enfants. Avalez le tout sans sel, ni poivre, ni vinaigre, et si la dyssenterie ne disparaît pas la première fois, on réitère le remède.

ORAXGER

(Famille des Aurantiacées.)

Lieux. Cet arbre, originaire de la Chine, est naturalisé dans le midi de la France.

Récolte. Les feuilles doivent être récoltées vertes et en bonne végétation.

Propriétés, usages. On emploie les feuilles et les fleurs d’oranger, en infusion, dans la débilité des organes digestifs marquée par l’inappétence (manque d’appétit), les flatuosités ou vents, la lenteur des digestions. On en fait usage dans les maladies nerveuses et convulsives, les toux -spasmodiques (nerveuses), les palpitations, l’oppressiorr. Les fruits sont stomachiques. L’infusion des feuilles ou des fleurs d’oranger bue avant le repas et mêlée avec du vin, combat les accidents produits par la débilité de l’estomac. Après le repas, elle facilite la digestion, calme les maux de tête. Enfin elle constitue une tisane très-convenable dans la période algide (froid) des fièvres intermittentes, la dys-

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scnfcrio, le cholôra. Mais on ne doit pas oublier que cette boisson, comme 1 eau de fleurs d’oranger, est un peu excitante et échaufTante, et qu’elle ne convient pas lorsque les voies digestives sont le siège d’une irritation inflammatoire (Bossu).

PIUÎrARATIONS, DOSES.

Infusion (fleurs), 3 à 15 grammes par litre d’eau.

Infusion (feuilles), 5 à 15 grammes par litre d’eau.

Le suc de l’orange est tempérant, rafraîchissant et délayant.

Sirop de fleurs d oranger. Prenez : fleurs d’oranger nouvellement cueillies, une demi-livre ; versez dessus un litre d eau bouillante et laissez infuser pendant vingt-quatre heures; faites bouillir légèrement, passez et jetez ces fleurs; mettez autant de fleurs nouvelles dans la même infusion, ce que vous réitérerez jusqu’à trois fois ; vous passerez la liqueur et vous la ferez cuire en sirop avec une livre de sucre blanc.

Ce sirop sert à édulcorer (adoucir) les tisanes et les potions calmantes.

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