PAQUERETTE
Petite marguerite (famille des Synanthérées).
Lieux. La petite marguerite se trouve dans la belle saison dans les prés, sur les pelouses, etc.
Propriétés, usages. Cette plante est un excellent vulnéraire : elle est mise en usage intérieurement en décoction, et appliquée extérieurement en cataplasme pour résoudre le sang coagulé à la suite de chutes. Le vin blanc dans lequel on fait macérer (infuser à froid) la petite marguerite fraîche, ësl employé pour dissiper les douleurs de tête, suite de chutes, de coups, de commotions au cerveau. Les marguerites pilées avec l’armoise et appliquées en cataplasme font fondre les tumeurs scrofuleuses.
Pour les plaies reçues à la poitrine, il est bon d’avaler aussitôt du jus de marguerites pilées.
Pour guérir les loupes, on les bassine soir et matin avec la décoction de marguerites sauvages faite dans du vin blanc, et l’on applique dessus, l’herbe le plus cliaudeüient qu’on le peut souffrir.
PARIÉTATRE.
Perce-muraille, casse-pierré, herbe de muraille, herbe de Notre- Dame (famille des ürticées).
DescUiption. Tige rameuse, rougeâtre et légèrement velue, feuilles rudes et d’un vert foncé, fleurs petites, verdâtres, et réunies dans les aisselles des feuilles.
Lieux. Cette plante croît entre les pierres des murailles, dans les décombres, le long des haies, elle fleurit pendant une partie de l’été.
Récolte. Elle se fait un peu avant la floraison. La plante doit être séchée promptement si on veut la conserver.
Propriétés, usages. La pariétaire est d’un emploi fréquent et populaire: on l’administre en infusion, pour augmenter la sécrétion de l’urine et guérir par là l’hydropisie. On s’en sert comme émolliente et diurétique ilans la gravelle, la colique néphrétique, la rétention a urine (Bossu). Les vieillards qui urinent avec difficulté, sont presque toujours soulagés en faisant usage e cette infusion. La décoction est employée en lavement contre la constipation. On prépare avec la plante entière fies cataplasmes émollients qu'on peut appliquer sur le bas ventre dans les obstructions.
PHÉPARATIONS, DOSES.
Infusion, 15 à 30 grammes par litre d’eau.
Décoction, môme quantité pour lavements.
Cataplasme contre la rétention d’urine. Prenez de la pariétaire, vous la hachez, et vous ajoutez du beurre frais en suffisante quantité pour la faire cuire. Appliquez ce cataplasme sur le nombril. Il est bon de le faire un peu épais. S’il n’a pas d’effets au bout de deux heures on en remettra un deuxième.
Fomentation contre le squirre (tumeur dure sans douleur). Feuilles de pariétaire, de mauve, de violette, de laitue et d’oseille, de chacune une poignée ; racine de patience, 150 grammes ; fleurs de camomille et de mélilot, de chacune une pincée; graine de lin, 32 grammes : faites bouillir le tout dans un litre d’eau de fontaine, ajoutez ensuite un petit verre de vinaigre.
Lavement contre la colique néphrétique. Feuilles de pariétaire et de bouillon blanc une demi-poignée, racine de guimauve et oignons de lis de chaque 32 grammes, graine de lin et deux figues grasses; faites bouillir le tout dans environ deux litres d’eau, passez, pour trois lavements.
PATÏEA'CE.
Patience commune, patience officinale, parelle des maiais, oseille aquatique (famille des Polygonées).
Description. Tige rameuse et jaunâtre, feuilles tièsgrandes et allongées, fleurs petites et verdâtres.
Lieux. Celte plante habite ordinairement les prairies, les lieux humides, le long des ruisseaux, dans les
terrains incultes. La racine est presque la seule partie usitée de cette plante.
Récolte. On peut en toute saison récolter la racine de patience. Il est préférable de l’employer fraîche que sèche. Mais si l’on veut la conserver, il faut l’arracher à l’automne. On coupe la racine par rouelles et on la fend pour la faire sécher.
Propriétés, usages. La patience est réputée tonique, astringente, stomachique, dépura tive et antiscorhu tique. On administre la décoction de sa racine dans la débilité des voies digestives, la jaunisse, les pâles couleurs; elle convient aux tempéraments glaireux, elle détache les glaires de l’estomac et les fait évacuer par les urines et les sueurs. C’est comme dépurative que la patience a été le plus vantée; elle peut être utilement employée dans les maladies dartreuses, la teigne, la lèpre, la gale, les engorgements des viscères de l’abdomen. Buchan constate les bons effets de la décoction de patience dans le traitement du scorbut.
Les gens de la campagne mettent de la racine de patience dans presque toutes les tisanes, ils la regardent comme propre à purifier le sang.
PRÉPARATIONS, DOSES
Décoction (racine), 25 à 50 gr. par litre d'eau.
Tisane contre la jaunisse et les maladies de la PEAU. Faites bouillir dans un litre et demi d’eau 24 gr. de racine de patience coupée par morceaux; faites infuser dans cette décoction une demi-poignée de chicorée sauvage et 2 grammes de sulfate de soude. La dose est de 3 ou 4 verres tièdes par jour entre les repas.
Onguent pour la gale. Racines de patience bouillies dans du vinaigre jusqu’à ce qu’elles soient molles; écra-
sez-les et passez par un tamis pour en avoir IG gr. de pulpe, mêlez le tout dans 16 gr. de graisse de porc et 16 gr. de soufre pulvérisé.