DU SOMMEIL ET DE LA VEILLE
Le sommeil est la cessation des fonctions et des mouvements volontaires, propre à réparer les pertes causées par l’exercice.
Le sommeil est aussi indispensable à l’homme que l’air et la nourriture, et rien n’abat et n’épuise aussi promptement les forces du corps que la privation. A.près un repos convenable, le corps devient dispos et plus vigoureux et l’esprit plus libre et plus capable d’application. Un sommeil doux, tranquille, proportionné à l’âge, au tempérament, à la saison et pris à des heures convenables, entretient la souplesse des membres, excite la transpiration, répare les forces, perdues pendant la journée.
Le sommeil trop prolongé a pour effet : d’affaiblir le corps, de le faire engraisser, de le rendre lourd et paresseux, d’abrutir l’intelligence en lui faisant perdre son activité naturelle.
La privation du sommeil trouble la digestion, dispose aux maladies du cerveau, aigrit le caractère et augmente la sensibilité des nerfs, affaiblit le corps et le rend susceptible de contracter facilement des maladies.
En général, l’heure la plus convenable pour se coucher est vers les dix heures : on se trouve, par ce moyen, en état de se lever entre cinq et six heures du matin. Quelles délices, dans la belle saison, de jouir des prémices d’un beau jour et de goûter la fraîcheur d’une brillante matinée 1
La tranquillité de l’âme est encore nécessaire pour goûter les douceurs d’un sommeil salutaire. Les grandes passions, telles que l’ambition, l’intérêt et l’amour
surtout, quand la jalousie marche à la suite, troublent toutes nos iacultés intérieures, agitent nos sens, et tiennent tout notre être dans une espèce de mouvement convulsif incompatible avec un sommeil bienfaisant.
Si l’on veut avoir un sommeil doux et tranquille, il ne faut pas beaucoup manger le soir : l’estomac chargé d’aliments digère difficilement; on s’agite dans le ift, on se remue et 1 on se fatigue. En vain appelle-t-on le sommeil ; et s’il vient s’emparer des sens agités, il est accompagné de rêves pénibles.
La longueur du sommeil dépend du tempérament, de 1 âge et de la saison. Six à sept heures de sommeil suffisent pour tes gens d’un âge fait, sept à huit sont nécessaires aux jeunes gens; il en faut neuf aux enfants, aux femmes, et aux personnes d’une faible complexion.
Les vieillards qui dorment six heures doivent être contents et jouissent d’une bonne santé.
La meilleure façon de se coucher est de se placer sur le côté droit et d’avoir le corps étendu ; dans cette situation, toutes les parties solides sont dans une position favorable.
Les personnes replètes, pituiteuses et sujettes aux étouffements et à l’asthme, ne doivent jamais se coucher sur le dos ; dans cette position la respiration est gênée et la pituite incommode beaucoup. j
Les personnes qui sont menacées de graviers, ou qui 1
ont des douleurs de reins, doivent se coucher presque |
sur le ventre.
Il est bon d’avoir la tête plus haute que le reste du corps; on respire plus aisément et la circulation du sang est plus louable.
il est nécessaire d’être assez couvert dans le lit, afin
de se procurer une transpiration favorable; c’est s’exposer à des rhumatismes cruels que d’être découvert dans le lit, môme en été ; il ne faut pas cependant se couvrir au point de suer. La transpiration modérée est salutaire; la sueur forcée affaiblit et énerve. Un lit trop m-ollet n’est pas sain, surtout en été.