‹ La santé, ou la médecine populaireChapitre 77 sur 96 · RÉGLISSE · texte numérisé non relu

RÉGLISSE

Dois doux (famille des Légumineuses.)

Description. Tige dressée, de la hauteur d’un mètre ; feuilles d’un vert luisant^ fleurs violettes, dispooôes en grappes.

Lieux. Cet arbrisseau croît généralement en Bourgogne et dans les départements du midi de la France. II fleurit en juillet et août.

Récolte. La racine de réglisse se récolte au printemps ou à l’automne, mais pas avant la troisième année. On la fait sécher au soleil ou au grenier.

Propriétés, usages. La racine de réglisse a des propriétés ralraîcb issan tes pectorales, adoucissantes et diurétiques. On l’emploie vulgairement dans les rhumes, les maladies inflammatoires, la néphrite (ou inflammation des reins), la strangurie (ou envie fréquente et involontaire d’uriner). On s’en sert contre les aphtlies DU petits ulcères de la bouche, l’angine, la diarrhée, la toux. On s’en sert également pour faciliter l’expectoration et humecter la poitrine et les poumons. L’infusion des racines de réglisse est une boisson populaire en usage pendant les chaleurs de l’été.

préparations, doses.

Infusion a froid (racines), 10 à 20 grammes par

litre d'eau. Il est utile d’enlever l’écorce qui donnerait de l’amertume. 11 faut au moins six heures de macération dans l’eau froide.

Infusion A chaud (racine), même quantité. La tisane a une saveur plus forte qui devient âcre si on la fait bouillir trop longtemps.

Extrait de réglisse. Suc ou jus de réglisse, jus noir; il s’emploie dans le catarrhe, calme la toux et facilite l’expectoration.

Pâte de réglisse. Elle se fait avec l’infusion de cette plante, la gomme arabique et le sucre; on s'en sert dans les mêmes cas que l’extrait.

Sirop pour le rhuue et la fluxion de poitrine. Prenez : 64 grammes (2 onces) de réglisse, quatre racines de guimauve, une pincée de fleurs de coquelicot et quatre ou cinq figues grasses; faites bouillir le tout dans environ un litre d’eau jusqu’à réduction de moitié; passez la liqueur avec expression; ajoutez 70 grammes de sucre candi concassé, remuez et faites bouillir quelques instants. On prend une cuillerée de ce sirop de demi -heure en demi-heure.

RELOUÉE.

Herbe à cent nœuds, cèntinode, traînasse, langue de passereau sanguinaire (famille des Polygonées).

Description. Tiges déliées, ayant beaucoup de nœuds, rampantes et couchées sur la terre; feuilles vertes, pointues, attachées à des queues fort courtes; fleurs blanchâtres et rougeâtres.

Lieux. Cette fleur se trouve partout, dans les

clinmps, dans les lieux incultes, le long des chemins.

PnopuiiÎTÉs, USAGES. La rcnouôe est un astringent doux, dont l’usage interne en décoction a 6tô recommandé dans les diarrhées et les dyssenterics. M. Levrat Perron cite trois cas de diarrhées qui, après avoir résisté à l’eau de riz, aux fécules et au laudanum, cédèrent à une forte décoction de renouée sucrée. Les anciens employaient cette plante dans le crachement et vomissement de sang. On cite une hémorrhagie du nez, rebelle aux plus forts remèdes, guérie avec de la renouée bouillie dans l’eau et appliquée sous les aisselles.

ItnUBARBE.

Rhubarbe officinale (famille des Polygonées).

Description. Tige droite, feuilles très-amples; fleurs d’un blanc jaunûtre.

Lieux. On cultive dans les jardins cette belle plante originaire de Chine, où elle croît spontanément le long des murailles.

Propriétés, usages. La rhubarbe est à la fois tonique et purgative : comme tonique, on l’emploie spécialement pour exciter le ton de l’estomac et favoriser la digestion; comme purgatif, elle peut convenir dans certains embarras intestinaux; elle a été préconisée contre la dyssenterie et la diarrhée {Flore médicale). La racine employée en décoction, provoque la sécrétion (séparation) de la bile; on la conseille aux personnes affectées d’hémorruïdes, aux femmes, aux enfants, en général aux personnes impressionnables (Hoeffer).

Le docteur Roques fait observer que, comme remède

stomachique, la rhubarbe ne convient point dans les maladies qui affectent les organes digestifs, aux personnes qui sont tourmentées par une chaleur vive et habiluclle des entrailles; mais cette plante agira d’une manière admirable si le canal alimentaire est frappé d atonie (faiblesse), si l’on éprouve des langueurs d’estomac, des flatuosités (vents), de l’inappétence (manque d’appétit). ^

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (racine), 15 à 30 grammes par litre d’eau.

\ IN DE RHUBARBE. Prenez : rhubarbe concassée, O grammes; cannelle de Ceylan, 2 grammes; vin blanc, un litre; faites infuser à froid pendant huit jours; passez et ajoutez à la liqueur 40 grammes de sucre blanc, te vin est un doux et agréable stimulant qu’on donne par cuillerées aux jeunes filles affectées des pâles couleurs et qui sont faibles et languissantes; il ranime les jonctions digestives et utérines.

Sirop de rhubarbe. Rhubarbe coupée par morceaux, une emi-Iivre; tartre soluble, 12 grammes; versez dessus trois ou quatre litres d’eau bouillante; lais.sez infuser pendant 12 heures; après cela faites bouillir légèrement ; passez la décoction , ajoutez trois livres de sucre blanc, puis faites cuire en consistance de Sirop ,

Ce sirop, dit Lemery, a beaucoup de rapports, par '

e effets avec le sirop de chicorée, il purge la bile^ il '

e^t bon dans le cours de ventre. On le donne pour les V ers*

^^La dose est depuis 8 grammes jusqu’à 30 gram-

11031ARIJV.

Enccncicr, herbc-atix-couronnes (famille des Labiées).

Description. Rameaux garnis de nombreuses feuilles, dures, étroites et vertes en dessous, cotonneuses en dessus, roulées sur les bords ; fleurs disposées en grappes serrées à l’aisselle des feuilles.

Lieux. Le romarin habite les collines pierreuses de la Provence ; on le cultive dans les jardins et il se propage de boutures et de marcottes.

Récolte. On récolte les feuilles en tous temps, parce qu’elles sont toujours vertes; les fleurs et les sommités fleuries se cueillent un peu avant leur entier épanouissement.

Propriétés, usages. Le romarin est aromatique et stimulant. Son infusion fait éprouver un léger sentiment de chaleur à l’estomac et y exerce une action prompte et vive qui se transmet bientôt aux différents appareils de l’économie animale; elle augmente l’action du cœur et provoque la transpiration et la sueur. On ne doit pas en faire usage dans les maladies inflammatoires (Flore médicale). L’infusion de romarin stimule vivement la membrane digestive, provoque l’appétit, ranime les fonctions de l’estomac (Roques). On l’a vantée dans l’asthme, les catarrhes chroniques, les vomissements nerveux, les flueurs blanches; dans l’apoplexie, l’épilepsie (haut mal), les vertiges et autres affections de la tête et du système nerveux, dans les faiblesses générales et do la vue en particulier, les idées tristes et paresseuses, la migraine. On peut l’employer

avec avantage, comme stimulant, dans les dyspepsies (habitude de mauvaises digestions) indépendantes de toute inflammation; dans la jaunisse, les scrofules, les alTcctions nerveuses hystériques.

La décoction de cette plante est bonne contre la paralysie. On en prépare des bains fortifiants pour les enfants.

A l’extérieur le vin de romarin est un remède précieux pour limiter la gangrène, résoudre les humeurs froides et fortifier les jointures et les nerfs.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (fleurs), 1 ou 2 pincées par litre d’eau en tisane.

Infusion (feuilles), 10 à 20 gr. par litre d’eau en lotions, bains, fomentations sur les parties où la vie est affaiblie, frictions sur les parties paralysées.

Vin aromatique. Romarin, thym, sauge, tanaisie, de chacun une poignée; vin blanc deux litres; faites infuser à froid pendant quatre jours dans un vase bien clos, et filtrez.

Ce vin est à la fois tonique et stimulant, et propre à combattre la faiblesse générale, la paralysie, le rachitisme. On le prend par cuillerée, pur ou mêlé avec uno petite tasse d infusion amère; il est utile à l’extérieur, en fomentation, pour dissiper l’enflure qui vient aux plaies.

Remède souverain pour les maux de dents, leur

CONSERVATION ET POUR FORTIFIER LES GENCIVES. Prenez I

romarin, cochléaria, sauge, de chacun 60 gr. en herbe fraîche, hachée; mettez le tout dans une cruche avec un litre d’eau-de-vie de Cognac; bouchez bien cette cruche et laissez infuser pendant un mois; agitez ce

mélange de temps en temps, et passez. Quand on aura mal aux dents, il faut se laver la bouche avec cette liqueur pure et la garder le plus longtemps possible.

Bains aro.matiqües contre les rhumatismes articulaires DES MAINS, des PIEDS ET DES GENOUX. Prcnez; romarin, sauge, absinthe, fleurs de sureau, de chacun une bonne poignée que vous faites bouillir dans un petit chaudron pendant environ une demi-heure ; avant de l’enlever du feu jetez-y une poignée de sel de cuisine, et remuez un peu pour le faire parfaitement dissoudre; tirez du feu et laissez tiédir ; plongez alors la partie rhumatisée dans le chaudron ou autre vase plus commode. Avec un linge bassinez les parties voisines du membre affecté de rhumatisme en maintenant le bain toujours tiède. Le môme bain peut servir plusieurs fois.

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