CHAPITRE PREMIER Description des poumons de l’homme
La cage thoracique renferme le poumon droit et le poumon gauche, le cœur et les gros vaisseaux; elle est limitée en arrière par les vertèbres dorsales de la colonne vertébrale, sur les côtés par des arcs osseux au nombre de douze (les côtes), qui s’articulent avec les vertèbres et avec le sternum en avant; les os sont recouverts de périoste, membrane enveloppante très adhérente; les côtes sont réunies par des libres musculaires muscles intercostaux, fig. 27).
Le thorax est séparé de l’abdomen par un muscle transversal, le diaphragme, qui s’insère aux vertèbres lombaires par des piliers charnus, et aux dernières côtes par des digitations musculaires (fig. 27 et fig. 28).
Le diaphragme est une cloison mobile; à l’état de repos, il présente une convexité supérieure; lorsqu’il se contracte par l’excitation des nerfs phréniques qui viennent du centre moteur des mouvements respiratoires (nœud vital de Flourens), situé dans la moelle épinière au niveau de l’intervalle qui sépare l’occipital (os du crâne ) de l’atlas (première vertèbre) , la cloison tend à devenir plane ou moins convexe, et le diamètre vertical de la poitrine s’agrandit; les poumons, recouverts de la plèvi-e, membrane séreuse, qui est appliquée contre' la plèvre pariétale, se dilatent et se remplissent d’air ins-
ig. 27. — Cage thoracique : poumons et cœur de l’Iiomme, séparés par le diaphragme du foie, de l’estomac, de riulesliu grêle et du gros iiitestia.
pire soit par les fosses nasales, qui sont les véritables voies aériennes, soit par la bouche lorsqu’elle est ouverte.
Aussitôt que le diaphragme cesse de se contracter, son centre aponévrotique et ses fibres musculaires se relèvent : ils sont poussés par la contraction des muscles
Fig. 28. — Face inférieure et piliers du diaphragme.
des parois abdominales et attirés par l’élasticité des poumons, qui tendent toujours à occuper un plus petit volume. On le démontre en incisant de chaque côté le thorax d’un animal mammifère après la mort; en opérant avec précaution pour ne point blesser les poumons, on voit ces organes diminuer beaucoup de volume et se loger le long de la colonne vertébrale ; l’air extérieur, pénétrant par les incisions faites, remplit la cavité thoracique.
Ce sont les deux mouvements de la respiration, que
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l’on a comparés avec raison au jeu d’un soufflet qui n’aurait pas de soupape : Vinspiration, qui introduit dans les poumons un volume déterminé d’air, et l’expiration, qui rejette au dehors de l’air vicié provenant des poumons, volume à peu près égal au premier.
Pour mettre en évidence ces deux mouvements, on peut fermer l’entrée des fosses nasales avec les doigts et introduire dans la bouche un embout de bois ayant la forme de l’orifice buccal, uni par un tube avec un robinet à trois voies fixé dans la tubulure d’une cloche graduée contenant un litre d’air (fig. 31); on respire dans cette cloche, et on voit monter et descendre le liquide inté-
rieur; le volume de l’inspiralion et celui de l’expiration est égal à un demi -litre environ chez l’homme adulte.
Les muscles nombreux qui s’attachent au thorax permettent dans certains cas, sous l’influence de notre vojonté, d’agrandir et de diminuer le volume d’air contenu
Fig. 30. — Tracliée et brouchus (arbre uéiieu).
dans les poumons, dans les liiniles étendues que l’on peut mesurer avec le spiromètre d’Hutchinson : c’est une cloche métallique graduée qui flotte dans une cuve cylindrique; des tubes convenablement disposés et assez larges permettent d’y recueillir l’air expiré; en faisant une insj)iration aussi profonde que })ossible, on peut rejeter dans la cloche du spiromètre d’Hutchinson ou de Galante 2 à 3 litres d’air expiré, volume qui a été désigné sous le nom de capacité inspiratrice extrême : ce
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nombre croît avec la taille chez des hommes bien conformés; il diminue par suite de lésions pulmonaires, particulièrement au début de la tuberculose.
Mesure du volume d’air contenu dans les poumons, procédé du docteur Gréhant*. — Les recherches de Régnault et Reiset établissent que le gaz hydrogène est peu absorbé par les poumons et qu’un animal doit respirer pendant plusieurs heures un mélange d’oxygène et d’hydrogène pour que celui-ci diminue d’une manière sensible. Ainsi l’hydrogène se conduit dans la respiration comme l’azote, et si on l’introduit artificiellement par une inspiration, il est facile de le reconnaître et de le doser dans les produits de l’expiration. On fait passer, dans une cloche G (fig. 31), graduée de 2 à 3 litres, munie d’un robinet à trois voies larges R et pleine d’eau sur la cuve, un demilitre d’hydrogène pur préparé par électrolyse de l’eau; la personne soumise à l’expérience ferme les fosses nasales en appuyant sur les narines, introduit dans la bouche un tube de verre fixé au robi- — Cloche tu-
. ^ 1* 1 1 bulée de verrepour-
net, et applique les levres sur un embout de bois E.
Dans la première position du robinet, l’inspiration et l’expiration se font dans l’air à travers deux soupapes hydrauliques (fig. 32). Juste à la fin d’une inspiration, on tourne le robinet d’un quart de cercle, de manière à établir une communication entre la bouche et l’intérieur de la cloche; après la cinquième ou la sixième expiration, on ferme le robinet. (Pendant l’expérience ou après , il faut se garder d’approcher la
1. J’emprunte cet exposé de mes premières recherches physiologiques à mon Manuel de Physique mcdtca/e ; Grenner-LJaillièrc, 1869.
vue d’un robinet a 3 voies permettant de mesurer les volumes d’une inspiration et d’une expiration et le volume d’air contenu dans les poumons.
bouche d’un corps allumé ou d’une étincelle électrique, car les poumons contiennent un mélange détonant.)
Chez un homme fortement constitué, âgé de vingtneuf ans, cette expérience faite montra, ]>ar l’analyse eudiométrique, que le gaz recueilli après la cinquième expiration contient 14cc,6 d’hydrogène pour 100. On dit alors : si d’hydrogène sont contenus dans 100 cen-
timètres cubes du mélange, un seul centimètre cube d’h} -
drogène sera contenu dans et 500 centimètres cubes
d’hydrogène qui furent inspirés seront renfermés dans
un volume 500 fois plus grand ou
Ainsi l’air qui remplit les poumons, après une inspiration égale à un demi-litre, occupe un volume de 3‘, 43; si l’expiration est aussi égale à un demi-litre, le volume de l’air qui reste dans les poumons, après ce second mouvement, est égal à 21,93.
Homogénéité du mélange. — L’exactitude de mon procédé repose sur cette hypothèse que l’hydrogène, après cinq expirations faites dans la cloche, est distribué uniformément dans les poumons et dans cette cloche; j’ai reconnu que cela est vrai et que le mélange des gaz est parfaitement homogène. Il a suffi de répéter l’expérience précédente sur la même personne à de longs intervalles de temps; mais dans une première mesure, le gaz de la deuxième expiration fut recueilli et analysé; dans une seconde mesure, le gaz de la troisième expiration, et ainsi de suite; à partir de la quatrième expiration, on trouve pour le gaz contenu dans la cloche la même composition en hydrogène.
Volume absolu des poumons. — La mesure réelle du volume d’air contenu dans les poumons après l’expiration ne se fait exactement que si l’eau de la cuve et l’atmosphère sont à la même température que les gaz renfermés dans les poumons, c’est-à-dire à 35°, 5 environ; l’eau de la cuve étant plus froide, à 15°, par exemple, un
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calcul très simple montre qu’il faut multiplier le volume 2,93 trouvé à 15° par le coefficient 1,116, ce qui donne
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