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3^,27 pour le volume absolu de l’air contenu dans les poumons à 35°, 5.
Renouvellement de l’air dans les poumons. — Le volume d’air pur qui pénètre dans les bronches par Tins-
piration est en partie rejeté par l’expiration qui suit, avec de l’air vicié contenant moins d’oxygène et plus d’acide carbonique; l’autre partie reste et distribue de l’oxygène dans les poumons. Pour étudier cette division essentielle de l’air pur, il faut séparer dans les produits de l’expiration l’air pur provenant de l’inspiration précédente, de l’air vicié, et c’est avec l’hydrogène que cette séparation devient facile; ce gaz remplace l’air atmosphérique.
On introduit dans la cloche à robinet un demi-litre d’hydrogène pur; après une expiration ordinaire, on fait inspirer le gaz, et l’on reçoit un volume expiré égal. Or, ce gaz expiré contient, l’analyse eudiométrique le montre, 34 volumes d’hydrogène sur 100 volumes; ainsi 170 centimètres cubes d’hydrogène ont été rejetés par l’expiration mélangés à l’air vicié, et 330 centimètres cubes d’hydrogène sont restés dans les poumons.
Appliquons ces résultats à la respiration dans l’air. Lorsque l’on fait une inspiration d’un demi-litre d’air, 170 centimètres cubes sont rejetés par une expiration égale, mélangés à 330 centimètres cubes d’air vicié, et 330 centimètres cubes d’air pur sont distribués dans les poumons. Un tiers environ de l’air inspiré est rendu à l’atmosphère, deux tiers pénètrent et renouvellent par leur mélange les gaz altérés au contact de la muqueuse pulmonaire. (On a démontré que l’air se conduit exactement comme l’hydrogène.)
Distribution de l’air dans les poumons. — Occupons-nous de cette distribution, qui joue un rôle essentiel dans le mécanisme de la respiration, puisque l’air
inspiré, qui contient 20,8 pour 100 d’oxygène et
en-
viron d’acide carbonique remplace un gaz vicié qui deviendrait rapidement improj)re à l’hématose.
Nous pouvons nous demander d’abord si, après une inspiration d’un demi-litre d’hydrogène, un effort d’expiration énergique capable de déplacer 2 litres de gaz chassera tout l’hydrogène inspiré.
DESCRIPTION DES POUMONS DE L’HOMME
L’expérience répond que jamais il n’est possil)le d’atteindre ce but; en effet, une inspiration d’un demi-litre d’hydrogène suivie d’une expiration de 1^975, rejette 334 centimètres cubes d’hydrogène seulement, et 166 centimètres cubes restent encore dans les poumons.
La comparaison de cette expérience et de la précédente va éclairer la question de la distribution de l’air. Le volume des poumons de l’homme soumis à ces recherches est 2', 93; c’est le volume d’air qui contient 330 centimètres cubes d’hydrogène, lorsqu’une inspiration d’un demi-litre de gaz est suivie d’une expiration égale. Supposons que l’hydrogène soit réparti uniformément dans le volume 2', 93, l’unité de volume du mé-
lange
aura reçu
= 0‘=‘^,113 de gaz. Dans le second
cas, l’expiration a rejeté dans l’air l‘,975 de gaz et 334 centimètres cubes d’hydrogène; le volume d’air qui est resté dans les poumons est l‘,455, et ce volume contient 166 cenlimètres cubes d’hydrogène; l’unité de volume du
'1 n MK!
mélangé aura reçu -r , ^ - =0‘^‘=,114.
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Ces nombres ainsi déterminés, 0,113, 0,114, sont identiques et permettent de conclure qu’après deux mouvements, l’un d’inspiration, l’autre d’expiration, égaux à un demi-litre, l’air introduit dans les poumons se trouve distribué d’une manière uniforme dans tout l’arbre aérien. J’ai donné à ces nombres qui donnent le mode et la mesure de la distribution de l’air dans les poumons le nom de coefficients de ventilation.
Il est évident, et l’expérience me l’a démontré, que si l’on augmente le volume de l’inspiration, on obtient un nombre plus élevé pour le coefficient de ventilation.
Pénétration des gaz ou des vapeurs dans les poumons. — Si l’on mélange avec l’air un gaz ou une vapeur (chloroforme ou éther), dès la première inspiration le gaz ou la vapeur est absorbé par le sang sur la sui’face très étendue qu’offrent les bronches et leurs terminaisons.
Ainsi nous expliquons par celte pénétration immédiate des gaz toxiques, comme l’hydrogène sulfuré, l’oxyde de carbone, le gaz d’éclairage, les accidents si subits qui ont été observés chez l’homme, dans certains cas d’empoisonnements.
Nous pouvons nous rendre compte aussi de l’utilité des vapeurs médicamenteuses qui peuvent êtres employées pour le traitement de plusieurs maladies des poumons. Dans certains cas de fièvres paludéennes graves, on s’est bien trouvé d’injections de sulfate de quinine, ou mieux actuellement de chlorhydrosulfate de quinine, par une ponction faite à la trachée avec la canule très fine d’une seringue de Pravaz; le liquide médicamenteux est rapidement absorbé et peut arrêter un accès pernicieux qui pourrait être mortel (docteur Jousset de Bellesme).
Applications. — Deux médecins qui ont travaillé dans mon laboratoire, sous ma direction, M. le docteur Oriou, médecin-major à Guingamp, et M. le docteur A. Charlier, de Paris, ont appliqué chez l’homme mon procédé démesuré de la capacité pulmonaire et sont arrivés à établir un procédé de diagnostic précoce de la tuberculose. Le docteur Oriou a pu faire renvo}^er dans leurs foyers de jeunes soldats qui présentaient'des chiffres faibles de la capacité pulmonaire et des volumes d’air mesurés par le spiromètre d’Hutchinson et qui étaient menacés de tuberculose.
Le docteur Charlier a fait un bon nombre de mensurations sur des sujets sains et sur des sujets tuberculeux, et dans un travail qu’il a lu au Congrès international de la tuberculose, octobre 1905, présidé avec autant d’autorité que de bienveillance par le savant académicien et maître le docteur Hérard, il indique que le rapport de la capacité pulmonaire à la taille est constant et égal à 16,43, aussi bien pour les hommes que pour les femmes bien portants. Cela revient à dire qu’à chaque centiinèlre de taille corresj)ondent 16 centimètres cubes de capacité pulmonaire, ce qui permet de comparer entre eux des individus de diffé rentes statures.