CHAPITRE II
Nouvelles recherches sur l’air confiné.
Le problème que je me suis posé est celui-ci : étudier les variations que l’air présente dans sa composition en oxygène et en acide carbonique, quand on fait respirer un animal, un chien du poids de 15 kilos, dans un espace limité contenant d’abord de l’air pur. Pour réaliser mes expériences comparatives, j’ai choisi un cylindre de zinc ayant 2 mètres de long et 0“,80 de diamètre, dont la contenance est exactement un mètre cube : le cylindre, soutenu horizontalement par deux chantiers qui reposent sur le sol du laboratoire, contient un plancher de bois sur lequel on introduit un chien isolé à l’aide d’une cloi-
son à grillage, à l’un des bouts du cylindre représenté par la figure 33. On introduit une planche supportant un moteur hydraulique de Bourdon ayant exactement toutes les parties mécaniques d’une machine à vapeur horizontale, qui, à l’aide d’une chaîne de Vaucanson, met en mouvement de rotation rapide un petit ventilateur de Richard destiné à obtenir dans l’air confiné un mélange parfaitement homogène de l’air expiré par l’animal avec l’air ambiant; les deux tuyaux de caoutchouc entoilé qui amènent l’eau sous pression de 10 mètres, agissent sur le piston et conduisent au dehors l’eau après l’échappement, traversant deux tubulures que porte le couvercle servant à fermer hermétiquement l’ouverture du cylindre.
Une glace rectangulaire enchâssée dans la paroi supérieure du cylindre permet d’observer successivement l’animal éclairé par une lampe électrique et le bon fonctionnement du moteur. Par un robinet fixé vers la partie moyenne du cylindre on fait, dans les heures successives, des prises d’air que l’on conduit dans l’eau de haryte, pour doser l’acide carbonique et pour doser l’oxygène dans l’eudiomètre à eau.
Voici les résultats de mes analyses, que j’ai publiés dans le Bulletin du 6 mars 1900 de l’Académie de médecine.
L’air pur renfermant 3/10 000 d’acide carbonique, j’ai trouvé, au bout de :
2 11. 146/10 000 d’acide carbon, ou 48 fois plus que dans l’air pur.
Ainsi, au bout de huit heures, l’air confiné renfermait la forte proportion de 5,5 pour 100 d’acide carbonique.
Après celte première expérience, j’ai fait le lendemain une seconde expérience, en ajoutant à la suite du ventilateur unegrandc cartouche de Guglielminelli-Drager contenant 3 kilogrammes de soude eu paillettes, qui était