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CHIMIE DE LA RESPIRATION

mètre de glace; il trouva que la chaleur produite par la combustion du charbon contenu dans l’acide carbonique exhalé est égale aux 96 centièmes de celle que l’animal perd dans le même temps. Lavoisier avait dit que l’oxygène contenu dans l’air était converti en acide carbonique dans le poumon, ou bien qu’il se faisait dans cet organe un simple échange ; l’oxygène était absorbé, et l’acide carbonique était exhalé par le poumon en volume presque égal.

Lagrange émit l’hypothèse que les phénomènes ont leur siège dans les tissus, dans les capillaires, et que dans le poumon a lieu seulement l’échange des gaz indiqué par Lavoisier. Spallanzani, célèbre physiologiste italien, confirma cette hypothèse par l’expérience suivante : il enferma des limaçons dans un tube de verre ne contenant pas d’oxygène, mais des gaz inertes, de l’azote ou de l’hydrogène, et il reconnut au bout d’un certain temps que ces animaux avaient exhalé de l’acide carbonique. William Edwards répéta l’expérience en introduisant une grenouille dans une cloche pleine d’hydrogène retournée sur le mercure. Les poumons avaient été privés de gaz par la compression faite avec les doigts sous le mercure; l’animal fit longtemps des mouvements respiratoires, et on put reconnaître par l’analyse qu’un volume d’acide carbonique plus grand que celui du corps avait été exhalé.

Enfin, on peut démontrer directement le siège des combustions chez les animaux supérieurs. On extrait les gaz du sang de la veine fémorale, puis du sang de l’artère fémorale. L’analyse des gaz montre que le sang veineux contient plus d’acide carbonique et moins d’oxygène que le sang artériel. Il est bien évident que cette consommation d’oxygène et cette production d’acide carbonique ont lieu entre l’artère et la veine dans l’étendue des capillaires situés entre les deux troncs.

La comparaison entre la composition des gaz du sang veineux pris dans le ventricule droit, et des gaz du

sang artériel pris dans le ventricule gauche, est aussi très instructive, parce qu’elle nous montre des différences qui ont été signalées par Schoffer et Setschenow élèves de Ludwig; voici un tableau résumé des résul- . tats qu’ils ont obtenus; 100 volumes de sang ont donné en volumes de gaz ramenés à 0°, et sous la pression de 76 centimètres de mercure :

Sang artériel

Sang veineux .

Sang de l’asphyxie . . . .

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