CHIMIE DE LA RESPIRATION
remplies de potasse, mises en mouvement par un moteur et qui sont destinées à l’absorption de l’acide carbonique dégagé par l’animal, aussi bien par les poumons que par la peau; deux autres tubes sont unis successivement à une série de ballons N, remplis d’oxygène pur déplacé peu à peu par une solution saturée de chlorure de calcium, qui absorbe moins d’oxygène que l’eau pure.
Fig. 37. — Appareil de Regoault et Reiset qui a servi à la mesure de l’oxygéne absorbé et de l’acide carbonique exhalé par un animal (chat).
Comme le font remarquer les professeurs Jolyet et Rer gnard, l’appareil de Régnault et Reiset prête à la critique : « En premier lieu, l’animal ne respire pas un air absolument dans les conditions physiologiques ordinaires. En effet, l’air de la cloche G, d’après les analyses des auteurs eux- mêmes, contenait en moyenne 2 pour 100 d’acide carbonique au lieu de 4 pour 10 000 au plus qu’en contient l’air ordinaire. L’animal respirait donc un air cinquante fois plus chargé d’acide carbonique que l’air normal; les conditions physiologiques dans lesquelles vivait l’animal étaient changées, et les résultats devaient
être faussés. De plus, les produits de la respiration cutanée venaient se mêler à ceux de la respiration pulmonaire. Enfin, l’air était tellement chargé d’humidité, que les parois de la cloche ruisselaient. »
Jolyet et Regnard ont installé des appareils spéciaux pour l’étude chimicjue des gaz de la respiration chez les animaux à respiration aérienne et chez les poissons à respiration aquatique. (Voirie Traité élémentaire de physiologie humaine des professeurs Viault et Jolyet.)
Fig. 38. — Appareil de Gréhant servant à faire inspirer un volume d’air mesuré, contenu dans le sac de caoutchouc A, et à recevoir dans le ballon vide B l’air expiré; R et R', robinets; S et S', soupapes hydrauliques; C, muselière de caoutchouc.
Procédé du professeur N. Gréhant. — Pour doser dans mon laboratoire l’acide carbonique exhalé et l’oxygène absorbé par les poumons de l’homme ou d’un animal en un temps court, en 2, en 5 ou en 10 minutes, j’opère de la manière suivante :
Deux sacs de caoutchouc, d’une contenance de 30 litres quand ils sont gonflés, sont fixés sur deux soupapes hydrauliques, servant l’une à l’inspiration, l’autre à l’expiration. Le premier sac a été rempli, à l’aide d’un gazomètre gradué, de 30 litres d’air pur; le second sac, qui recevra l’air expiré, a été vidé avec la trompe de Golaz; le tube en T intermédiaire entre les soupaj^es est uni par un tube de caouchouc avec un embout de bois introduit
CALORIFICATION. — CHALEUR ANIMALE
entre les lèvres d’un hoinine, les fosses nasales étant fermées |)ar la pression des doigts. On compte avec un chronomètre le nombre de minutes et de secondes qui est nécessaire pour que les 30 litres circulent dans les poumons et soient expirés dans le second sac; la durée de l’expérience est inscrite. On dose ensuite l’acide carbonique contenu dans un litre d’air expiré à l’aide d’un tube à baryte, et on multiplie le résultat trouvé par le nombre de litres et fractions de litre que la mesure du volume d’air laissé dans le ballon, faite à l’aide de l’aspirateur gradué, permet d’obtenir.
L’oxygène dans l’air expiré est dosé par l’eudioniètre.
Des expériences faites chez l’homme sain ou malade par ce procédé très simple seraient très utiles et donneraient au médecin des renseignements précieux sur le fonctionnement des poumons.
Pour expérimenter chez un animal, on emploie une muselière de caoutchouc qui est représentée dans la figure.