CHAPITRE IV Les bains
Utilité des bains. — Pour que les fonctions de la peau s’accomplissent régulièrement, il est nécessaire d’employer des moyens de propreté qui ont été en usage de tout temps. Les bains doivent être pris plus souvent pendant les chaleurs de l’été que pendant l’hiver; l’eau à la température de 33° est suffisante, mais il est indispensable, pour enlever les matières déposées par de petites glandes spéciales annexées aux follicules pileux, les glandes sébacées, d’employer du savon. Les Romains, qui étaient de grands amateurs des bains, employaient même, pour frictionner la peau et la mieux nettoyer, des instruments spéciaux appelés stingillum, dont l’usage a été abandonné.
On trouve dans Rome au siècle d’Auguste, ou voyage d’un Gaulois à Rome à l’époque du règne d’Auguste, un livre très instructif publié par Ch. Dezobry, une lettre relative aux bains privés et aux bains publics, dont je ne
puis donner qu’un extrait : « Il est un genre de luxe queje vois croître et se développer tous les jours : c’est celui des ])ains. Le bain est non seulement une jouissance, mais un besoin dans ce pays où il fait si chaud que le corps se trouve dans une transpiration pour ainsi dire, continuelle. Aussi, riches et pauvres, grands et petits,, tous se baignent, et se baignent chaque jour. Il y a environ dix ans. Agrippa, gendre et ministre de l’empereur, faisant exécuter une foule de travaux et de monuments pour l’agrément et l’utilité du peuple, établit entre autres cent soixante-dix bains publics, où pendant une année le peuple fut admis gratuitement. Maintenant, excepté les enfants, qui jouissent encore de leurs entrées franches, tout le monde paye à la porte la rétribution d’un quadrant, petite monnaie d’airain (0 fr. 20). Pour cette modique somme, on peut prendre bain froid, bain tiède, bain chaud et bain de vapeur. »
Combien avons-nous à faire en France pour établir des bains ou des appareils à douches descendantes dans toutes les communes de notre pays ! Il y a malheureusement encore beaucoup de localités où l’on ne trouve pas une baignoire, et où il faut faire un voyage pour aller prendre un bain de propreté. Il serait cependant bien facile, dans tous les pays où l’on trouve un ferblantier, de faire établir par la municipalité un petit établissement de baignoires qui pourraient rendre de bien grands services à la population, aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Les bains médicamenteux sont indispensaldes dans certaines affections de la peau dont je ne puis faire ici l’énumération.
Un de mes regrettés camarades de lycée. Napoléon Ney, petit-fds de l’illustre maréchal Ney, raconte, dans le voyage qu’il fit à l’inauguration du chemin de fer transcaucasique, que, pendant un séjour en Perse, après des journées de voyage à cheval qui l’avaient beaucoup fatigué, un bain persan accompagné de massages des muscles lui enleva toute espèce de sensation de fatigue. Il