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AIR PUR

PAR 5 ®/o

ACIDE CARBONIQUE

Acide carlio nique

Oxygène

AzüLc

L’ACIDE CARBONIQUE

On voit donc que dans le sang l’acide carbonique est à peine augmenté de seulement; l’oxygène a dimi-

nué fort peu, de

Quand donc un animal respire un mélange d'air et d’acide carbonique à 5 pour 100, le centre des mouvements respiratoires (nœud vital de Flourens) est plus fortement excité, et il s’établit une lutte de l’organisme contre cet accroissement de gaz carbonique, dont l’heureux résultat est la constance de la composition des gaz du sang.

L’expérimentation seule pouvait me permettre la découverte de cette vérité.

Application à l’hygiène. — Il arrive très souvent que les hommes sont victimes d’un em])oisonnement produit par une grande proportion d’acide carbonique qui se dégage dans les cuves de fermentation du moût de raisin, dans des cavités du sol, ou dans des galeries de mines, ou dans des puits ou des fosses; parfois ce n’est pas l’acide carbonique qui tue, mais l’oxygène qui manque et qui a pu être absorbé par des matières organiques ou par des végétaux vivant dans l’obscurité.

Tout le monde sait qu’il existe à Pouzzoles, près de Naples, une grotte célèbre appelée la grotte du Chien, dans laquelle se produit un dégagement continu d’acide carbonique qui se déverse à l’entrée un peu surélevée de la grotte; l’homme qui pénètre dans cette grotte respire de l’air ])ur au-dessus de la couche d’acide carbonique, mais un chien introduit de force dans ce gaz tombe aussitôt sur le sol, s’agite, et il mourrait par arrêt des mouvements respiratoires, si on ne le portait rapidement au dehors. Le même chien sert, paraît-il, indéfiniment à la répétition de cette expérience intéressante, que l’on fait également à Royat.

Dans mes cours, je la reproduis de la manière suivante : dans un grand bocal cylindrique de verre d’une contenance de 50 litres environ, je fais dégager de l’acide carbonique provenant d’un récipient à acide liquide que nous employons constamment. Le gaz arrive au fond du

bocal et déplace l’aie ; un petit ballon de caoutchouc gonflé à l’hydrogène, lesté convenablement, indique la surface de séparation de l’air et de l’acide carbonique. On fait pénétrer dans ce gaz un filet renfermant un cobaye ou cochon d’Inde; en moins de 15 secondes, l’animal tombe sur le flanc : les mouvements respiratoires sont ralentis et s’arrêtent. On retire l’animal, et dans l’air pur, grâce, à quelques mouvements de respiration artificielle sur le thorax, le cobaye revient à la vie.

Il est arrivé à Glamart, il y a plusieurs années, une série d’accidents qui se renouvellent souvent : un ouvrier puisatier descend dans un puits, pousse un cri et tombe au fond; un second ouvrier, un troisième et un quatrième descendent à leur tour : les cadavres s’accumulent : dans notre pays, on trouve toujours des hommes de cœur et de courage qui exposent leur vie pour sauver celle de leurs semblables.

Par un procédé que j’ai indiqué il y a bien longtemps à l’Académie des sciences, on pourrait toujours éviter le retour de pareilles catastrophes : c’est par l’emploi d’un animal de sûreté; avant de permettre à un ouvrier de descendre dans un puits, ou dans une fosse, ou dans une galerie de mine dont on craint que l’air soit irrespirable par privation d’oxygène, à la suite d’une explosion de grisou, ])ar exemple, il faudrait faire descendre une cage contenant un petit mammifère, rat, cobaye, ou un oiseau, un pigeon ou un moineau; on laisse la cage une heure dans l’air confiné, et si, quand on la retire, l’animal est vivant, l’ouvrier peut descendre et travailler. Il serait même prudent de laisser un animal à demeure quand on quitte le chantier, car il peut se faire que des gaz irrespirables se dégagent pendant l’absence des ouvriers.

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